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Marketing des femmes

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Cette semaine, Philippe Couillard a remanié son équipe ministérielle, pour relancer le gouvernement sur de nouvelles bases, a-t-il déclaré.

Pressé par son homologue à la Chambre des communes, Justin Trudeau, qui lui rappelait qu’en 2016 il est important d’avoir des femmes à son conseil, le premier ministre a ajouté quelques femmes supplémentaires au conseil des ministres.

Il en a d’ailleurs profité pour rappeler que ce travail avait été un arbitrage difficile. Toutefois, il a raté la cible, encore à l’extérieur de la zone pari­taire de 40 %. Bien près, mais pas tout à fait à 40 %.

Ces pauvres hommes exclus

Les regards se sont rapidement tournés vers les exclus, dont Robert Poëti fait partie. Et les mêmes questions niaiseuses ont été posées: a-t-il été exclu pour faire plus de place aux femmes? Les femmes nommées sont-elles aussi compétentes?

Il n’en fallait pas plus pour que la machine s’emballe. Plusieurs analys­tes ont attribué à l’objectif de l’égalité femmes-hommes la mise au rancard de l’ancien ministre. Quelle hypothèse ridicule!

Ridicule parce qu’elle suppose que les femmes nommées prennent automatiquement la place d’un homme. Dans les faits, elles occupent une place ministérielle et cette place n’a pas de sexe attitré, quoi qu’on en dise.

Les femmes ont le droit de se présenter aux suffrages depuis 75 ans. Il est grand temps qu’on en revienne de leur nomination à des postes ministériels. Et s’il faut mettre en doute leur compétence, il serait nécessaire, au nom de l’équité, qu’on fasse de même pour les hommes nommés.

Politique de façade

Je me réjouis que l’atteinte de l’équité femmes-hommes prenne autant de place dans le débat public au sein de nos gouvernements. Cependant, il ne faut pas se laisser berner par le nombre de femmes nommées et analyser les responsabilités qui leur sont confiées. Le diable est dans les détails, nous l’avons appris avec le cabinet Trudeau.