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«Ce sera une mauvaise journée pour toi»: Robert Poëti raconte comment il a perdu son ministère

Robert Poëti et Philippe Couillard, en mai dernier, à Quebec.
SIMON CLARK /JOURNAL DE QUEBEC/A Robert Poëti et Philippe Couillard, en mai dernier, à Quebec.

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Alors qu'il expulsait le ministre des transports Robert Poëti de son conseil des ministres dans un moment de grande fébrilité, jeudi dernier, le premier ministre Philippe Couillard lui aurait dit combien c'était difficile pour lui de mettre son ministre à l'écart.

«C'est difficile pour moi. [...] Tu ne sais pas comment je me sens», aurait dit M. Couillard à Robert Poëti.

M. Poëti a raconté avec moult détails sa journée de jeudi où il a perdu son siège de ministre et sa limousine, contre toutes attentes, en entrevue au micro de Paul Arcand, au 98,5 FM.

Il avait été convenu qu'il rencontrerait le premier ministre dans un endroit secret vers 21h. C'est avec 10 minutes d'avance que la rencontre a eu lieu.

M. Couillard lui a d'abord indiqué que «ce sera une mauvaise journée pour toi», avant d'ajouter qu'il n'avait rien à lui reprocher sur le plan personnel ou professionnel.

Le premier ministre lui a expliqué qu'il était un «excellent ministre», mais qu'il y a «un timing, un contexte»: «Je veux plus de jeunes, plus de gens des régions et plus de femmes», lui aurait-il dit.

«Ça ne fonctionne plus pour toi et tu ne fais plus partie du conseil des ministres», lui a alors annoncé M. Couillard.

«Je suis bien accoté dans le divan, mais je reste un peu muet», a expliqué M. Poëti à Paul Arcand, décrivant son grand étonnement.

C'est à ce moment que M. Couillard lui aurait dit «c'est difficile pour moi, mais c'est ma prérogative. Je veux que tu saches, tu ne sais pas comment je me sens. Mais dans le fond, ça ne sert à rien que je t'explique comment je me sens, c'est inutile.».

Robert Poëti explique avoir tenté d'en savoir davantage.

—Est-ce que vous avez autre chose à me dire?, a demandé M. Poëti.

—Non, aurait simplement répondu M. Couillard.

Il a quitté après avoir serré la main à M. Couillard et à son chef de cabinet. La rencontre fut si rapide que l'ascenceur n'avait pas encore eu le temps de redescendre, a raconté M. Poëti.

«Tu te mets en position de Rodin deux minutes», a-t-il illustré en parlant de la suite, ajoutant avoir fait une auto-évaluation et s'être demandé: «Qu'est-ce que j'aurais pu faire de mieux?».

Au lendemain de son expulsion du conseil des ministres, quand quelqu'un lui demandait comment il allait, il répondait: «Ça va passer».

Avouant avoir été déçu et sous le choc, M. Poëti a dit avoir l'impression d'avoir «livré la marchandise», en ayant notamment contribué à hausser les amendes maximales de 100$ qui était imposées aux jeunes mineurs et avoir fait retirer le radar-photo sur l'autoroute 15 sud. «J'étais convaincu de pouvoir changer des choses», a-t-il indiqué.

Robert Poëti et a bien l'intention de demeurer député de Marguerite-Bourgeois et de faire bénéficier le caucus de son expérience.