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Constables spéciaux: après les pantalons de clowns, les t-shirts de shérifs

Constables spéciaux: après les pantalons de clowns, les t-shirts de shérifs
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

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En plus des pantalons de clowns, les forces de l’ordre des palais de justice de toute la province ont enfilé des t-shirts de shérif ce lundi pour accentuer leurs moyens de pression contre le gouvernement.

« C’est toujours plus sobre que les pantalons de camouflage rose », a soupiré un juge du palais de justice de Montréal, qui a refusé pendant presque une heure de siéger étant donné que les constables spéciaux ne portaient pas l’uniforme règlementaire.

Depuis de nombreux mois, les constables spéciaux portent des pantalons de camouflage comme moyen de pression. Leur convention collective est échue depuis mars 2015, et ils réclament une hausse salariale de 5000 $ par année.

« Même si on nous accorde cette hausse, on restera le corps d’agents de la paix le moins payé », avait à l’époque expliqué un représentant syndical, qui avait expliqué que les constables spéciaux gagnaient aux alentours de 50 000 $ par année.

Mais si le port des pantalons de camouflage, qui perdure depuis juin 2015, avait créé des remous – des salles avaient été paralysées pendant plusieurs heures et des constables spéciaux avaient dû remettre des pantalons règlementaires –, les t-shirts de shérifs ont suscité moins de réactions.

Constables spéciaux: après les pantalons de clowns, les t-shirts de shérifs
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

 

Mis à part quelques regards, la majorité des juges ont accepté de siéger. Dans un communiqué, le syndicat des constables spéciaux a d’ailleurs prévenu ses membres de ne pas « provoquer de confrontation » avec les juges.

Ce qui n’était pas le cas du juge Robert Marchi de la Cour du Québec, qui a d’abord demandé à un constable spécial de se changer. Après un peu moins d’une heure, le magistrat a toutefois changé d’avis.

« On m’a informé que le port (du t-shirt de shérif) n’était que pour aujourd’hui, a-t-il dit lorsqu’il a repris le banc. Je vais siéger quand même. J’entends vos revendications (syndicales), je ne prends pas position. Mais je tiens quand même à un certain décorum. »

Il a ensuite rappelé aux constables spéciaux qu’ils représentent l’ordre et la justice, pour ensuite entendre les causes de la journée, au palais de justice de Montréal.

En dehors de la salle d’audience, un constable spécial indiquait à un citoyen curieux que malgré l’accoutrement, tous les constables spéciaux continuaient à faire leur travail avec professionnalisme.

«Dans la mesure où l’exercice de ce moyen de pression entraînerait des retards injustifiés à la cour, des moyens pourraient être pris à l’endroit du syndicat et des employés pour faire respecter le décorum demandé par les juges», a commenté une porte-parole du Ministère de la Sécurité publique, ce lundi.