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Amoureux du vélo même l'hiver

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Du Bixi au vélo d'hiver

En quelques années, Violaine Fortier est devenue une passionnée du vélo et dévore quotidiennement une douzaine de kilomètres, été comme hiver. Elle raconte comment elle est passée «naturellement» au vélo d'hiver.

Même si elle roule dans la neige depuis seulement quelques semaines, Violaine Fortier manie habilement son vélo sur la piste enneigée. Difficile de croire qu'il y a quelques années, elle avait trop peur de faire du vélo à Montréal, même en été.

Son histoire d'amour avec le vélo commence il y a cinq ans, quand elle a gagné un abonnement Bixi pour une saison.

«Puisque c'était gratuit, je me suis dit que je pourrais peut-être l'essayer au moins une fois.»

Puis, de fil en aiguille, elle s'est mise à rouler plus fréquemment, puis quotidiennement. L'année suivante, elle s'est acheté un vélo. Depuis, elle étire chaque saison un peu plus longtemps, avant l'arrivée de la neige. Cette année, elle a pu prolonger sa saison automnale jusqu'à Noël.

«C'est là que j'ai pris la décision de continuer. En fait, je ne voyais pas comment je pouvais arrêter!»

Violaine Fortier a commencé à faire du vélo d'hiver cette saison, quelques années après avoir reçu un abonnement Bixi.
Photo 24 heures, Marie Christine Trottier
Violaine Fortier a commencé à faire du vélo d'hiver cette saison, quelques années après avoir reçu un abonnement Bixi.

Plus facile qu'on ne le croit

Les techniques de conduite hivernales diffèrent de celles de l'été. Les cyclistes doivent adapter leur conduite lorsqu'il neige, qu'il vente ou que la chaussée est enneigée.

«Pour m'habituer, j'ai commencé à aller me pratiquer sur le Mont Royal, pour apprendre à freiner, tourner et déraper dans la neige», explique Violaine Fortier.

Et après quelques semaines, quel bilan fait-elle du cyclisme d'hiver?

«Jusqu'à présent, ça se passe bien. C'est sur qu'avec la neige, les voitures passent plus près, mais au besoin, je m'arrête et je les laisse passer. Par contre, je trouve qu'on n'a pas beaucoup d'espace. Ce serait bien d'avoir des pistes plus larges et déneigées plus souvent.»

Un sport énergisant

«J'ai toujours eu une petite dépression saisonnière quand novembre et décembre arrivaient, et cette année je n'en ai pas eu. Le vélo me donne l'énergie dont j'ai besoin», croit Violaine Fortier.

Adepte de sports de plein air, elle indique que rouler au grand air lui permet de garder la bonne humeur.

«En tout cas, c'est moins déprimant qu'au gym! Le vélo m'aide à gérer mon stress. C'est une activité physique pour moi. Je suis retournée aux études récemment, en plus de travailler à temps plein, donc je n'ai pas le temps de m'entraîner», d'expliquer la jeune maman. «En plus, mon petit garçon me dit que je suis la meilleure maman en vélo au monde!»

Livrer à vélo, été comme hiver

Se faire livrer un burger bien chaud ou un petit colis en quelques minutes, même dans une tempête de neige? C'est possible à Montréal. Deux compagnies font le pari de livrer rapidement nourriture et colis en vélo en plein hiver.

«C'est plus rapide et plus rentable de faire de la livraison à vélo, même l'hiver», croit Joffrey Fuzet, livreur chez Véli coursiers.

Il ajoute que les vélos peuvent se garer partout et ne gênent pas la circulation comme les gros camions de livraison, qui se stationnent en double file. Selon lui, son vélo lui permet de se faufiler partout, surtout lorsqu'il y a beaucoup de neige.

Lancé à Québec il y a cinq ans, Véli coursiers est arrivé à Montréal il y a quelques mois. Cette compagnie de courriers à vélo se spécialise dans le transports de colis entre commerçants et clients locaux, qui ont besoin de services de livraison économiques et écologiques à proximité.

Joffrey Fuzet livre des colis pour des petites entreprises montréalaises depuis quelques semaines. D'abord implantée à Québec, l'entreprise Véli coursiers est maintenant à Montréal.
Photo 24 heures, Marie Christine Trottier
Joffrey Fuzet livre des colis pour des petites entreprises montréalaises depuis quelques semaines. D'abord implantée à Québec, l'entreprise Véli coursiers est maintenant à Montréal.

Livrer plus rapidement

«Au centre-ville, c'est beaucoup plus rapide en hiver, parce que le stationnement est un enjeu. En plus, les voitures roulent plus lentement en hiver», observe Faris Dweik, livreur et coordonnateur chez Foodora.

L'entreprise propose à ses clients d'assurer la livraison à vélo de repas disponibles auprès de plus d'une trentaine de restaurants partenaires.

M. Dweik aime beaucoup le rythme des transports en hiver. En effet, en été, le centre-ville est beaucoup plus achalandé sur les trottoirs, les pistes cyclables et les intersections. «Mais j'aime les deux saisons! Chacune a ses avantages.»

Cette rapidité de livraison permet aux livreurs de Foodora de livrer des plats avant qu'ils ne refroidissent. Chaque vélo est équipé d'une sacoche cubique isolante, qui protège la nourriture des intempéries.

Faris Dweik travaillait en comptabilité avant de tout laisser tomber et devenir livreur à vélo. Il coordonne maintenant une équipe d'une trentaine de cyclistes pour livrer des commandes de restaurant à vélo, en plus de livrer à temps partiel.
Photo 24 heures, Marie Christine Trottier
Faris Dweik travaillait en comptabilité avant de tout laisser tomber et devenir livreur à vélo. Il coordonne maintenant une équipe d'une trentaine de cyclistes pour livrer des commandes de restaurant à vélo, en plus de livrer à temps partiel.

Bien s'équiper

Beau temps, mauvais temps, les livreurs à vélo doivent s'adapter quotidiennement aux conditions météorologiques. Même en demeurant actifs, ils courent le risque d'avoir des engelures par grand froid s'ils ne sont pas correctement habillés.

«Il faut s'assurer de porter plusieurs couches de vêtements, pour en enlever quand on a chaud ou en ajouter quand on a froid. La première couche doit éloigner la transpiration du corps. La laine, c'est l'idéal. Sous mes jeans, je porte une combinaison thermale et des chaussettes de compression qui facilitent la circulation du sang dans les jambes», explique M. Dweik.

Il faut également adapter les vélos et s'assurer de leur stabilité afin de ne pas abimer les colis à livrer.

«On doit aussi freiner d'avance, tourner plus lentement et bien tenir les barres du guidon.»

Avec leurs grosses boîtes encastrées, les vélo de Véli coursiers doivent être solides.

«Ça prend un vélo de bonne qualité, qui saura supporter le sel, le gel, la glace et l'eau, tous les résidus qu'il pourrait y avoir par terre», ajoute M. Fuzet.

Un conseiller en vélo d'hiver

Le conseiller Marc-André Gadoury passe la semaine au Congrès de cyclisme d'hiver de Minneapolis pour y présenter les réalités du vélo d'hiver à Montréal et du développement du réseau quatre saisons.

Roulant été comme hiver depuis toujours, le conseiller porteur des dossiers de vélo de l'administration Coderre croit que son expérience sur deux roues lui permettra de bien présenter les enjeux du cyclisme hivernal de Montréal.

«Comparé aux années antérieures, je trouve qu'il y a un gros changement au niveau des pistes cyclables. Ça nous permet de comparer la prévisibilité du réseau pour savoir si tel lien est déneigé ou s'il y a du sel.»

Marc-André Gadoury, le conseiller responsable des dossiers cyclistes, prêche par l'exemple en venant travailler à l'hôtel de ville en vélo, hiver comme été.
Photo 24 heures, Marie Christine Trottier
Marc-André Gadoury, le conseiller responsable des dossiers cyclistes, prêche par l'exemple en venant travailler à l'hôtel de ville en vélo, hiver comme été.

Plus de neige à Montréal

Selon lui, ce qui distingue Montréal des autres villes grandes villes nord-américaines, c'est la quantité de neige. «Nous, souvent, on reçoit de la grosse neige lourde et humide qui finit par geler après.»Améliorer le stationnement des vélo

Même si le nombre de kilomètres de pistes quatre saisons augmente à chaque année et qu'il observe un engouement grandissant pour le cyclisme d'hiver, M. Gadoury admet qu'il reste encore du travail pour faciliter la pratique du vélo sous zéro. Par exemple, il aimerait augmenter le nombre de stationnements de vélo l'hiver, puisque c'est souvent difficile pour un cycliste de trouver un endroit où son vélo ne se fera pas abimer par les déneigeuses de trottoirs.

Interpellé sur Facebook

Et pour les autres idées, il peut compter sur un groupe Facebook fréquenté par de nombreux cyclistes montréalais. Les membres de «Vélo d'hiver - Montréal» l'interpellent souvent pour lui poser des questions ou commenter l'état des pistes cyclables.

«J'aime ça, je suis au courant et ça me permet de suivre la situation. Ça me permet aussi d'expliquer aux gens comment ça fonctionne et aussi d'être réactif. On peut s'ajuster avec des actions administratives, notamment pour la signalisation lors de travaux ou pour ne pas envoyer la neige dans les pistes cyclables. C'est un outil important pour réaliser notre travail.»