/news/society
Navigation

La présidente des cols bleus traite une juge de «crisse de folle»

Chantal Racette a déversé sa colère lors de la réunion à laquelle Le Journal a assisté

Lors de la réunion d’hier soir, Le Journal a pris cette photo sur laquelle on voit la présidente des cols bleus, Chantal Racette, debout au centre. La syndicaliste, aussi en mortaise, n’a pas mâché ses mots à l’encontre de la juge Danielle Grenier et de la Ville.
Photo Christopher Nardi Lors de la réunion d’hier soir, Le Journal a pris cette photo sur laquelle on voit la présidente des cols bleus, Chantal Racette, debout au centre. La syndicaliste, aussi en mortaise, n’a pas mâché ses mots à l’encontre de la juge Danielle Grenier et de la Ville.

Coup d'oeil sur cet article

La présidente des cols bleus de Montréal a traité une juge de «crisse de folle» devant plus de 300 personnes hier soir, en plus d’avouer qu’elle voulait «crisser un coup de batte dans le front» de son employeur.

Chantal Racette en a décidément gros sur le cœur contre l’honorable Danielle Grenier, de la Cour supérieure, qui a condamné en 2010 le syndicat et la Ville à verser 2 millions $ à 49 Montréalais qui sont tombés sur des trottoirs non salés, après une grève des cols bleus lors de l’hiver 2004.

Hier soir, en revenant sur ce dossier lors d’une assemblée syndicale, la présidente Racette a déversé son fiel sur la magistrate.

«Là, la juge qui était là, cette crisse de folle-là... On va le dire parce que c’est une crisse de folle, je vous le dis», a lancé au micro Mme Racette.

Ces propos de la présidente des cols bleus surviennent deux semaines après la publication d’une autre décision de la juge Grenier dans cette affaire de recours collectif.

Dans ce dernier jugement daté du 14 janvier dernier, la magistrate s’est montrée particulièrement critique envers le syndicat, estimant qu’il fait preuve d’«insouciance regrettable», et se conduit d’une façon «grave, délibérée et antisociale» envers les citoyens.

Le Journal assistait incognito à l’événement d’hier soir, pour connaître les réactions de Chantal Racette envers les commentaires de la juge. Nous avons enregistré ses paroles.

Plus tard, la présidente des cols bleus a clairement indiqué ce qu’elle pense de son employeur, au cours d’une tirade dénonçant le recours à la sous-traitance par la Ville de Montréal pour certaines tâches traditionnellement effectuées par les syndiqués.

Danielle Grenier, Juge
Photo d'archives
Danielle Grenier, Juge

«Coup de batte»

«C’est frustrant en cri***. Je te dis que c’est frustrant. Quand t’as un employeur véreux dans la face, là, qui dit “regarde, je vais le donner [le travail] au privé...” t’as le goût d’y crisser un coup de batte dans le front», a-t-elle lancé sous les acclamations de plusieurs participants.

Mme Racette n’a pas précisé si elle parlait du front du maire Denis Coderre ou de celui du directeur général Alain Marcoux.

Elle répondait à la question d’une membre qui a précisé qu’une de ses collègues se trouvait dans la salle avec son jeune garçon, n’ayant pu trouver de gardienne.

Les relations entre la Ville et les cols bleus sont particulièrement tendues depuis quelques mois. Le 8 décembre dernier, près de 2000 cols bleus ont débrayé illégalement pour assister à une assemblée au palais des congrès.

Quelques jours plus tard, Le Journal révélait que la Ville allait leur imposer des suspensions records d’une semaine chacun, sans solde.

Quant à la présidente et à trois autres officiers syndicaux, ils ont été suspendus pour deux mois.

Les cols bleus craignent le projet de loi 15 du gouvernement Couillard, qui donne plus de pouvoirs aux villes dans les négociations des conventions collectives.

Le contrat de travail des cols bleus est valide jusqu’au 31 décembre 2017.

Ce que Chantal Racette a dit durant la réunion

Chantal Racette
Photo d'archives
Chantal Racette

«Là, la juge qui était là, cette crisse de folle-là... On va le dire parce que c’est une crisse de folle, je vous le dis.»

«Quand t’as un employeur véreux dans la face, là, qui dit regarde, je vais le donner [le travail] au privé... t’as le goût d’y crisser un coup de batte dans le front.»

«Ils disent “elle est proche de Jean Lapierre” [l’ex-président des cols bleus reconnu pour son style bagarreur]. Je ne me suis jamais cachée de ça. Je ne me suis jamais cachée de ça et c’est grâce à lui que je suis là.»

«La Ville veut qu’il n’y ait plus d’employés auxiliaires et qu’on donne ça aux entreprises privées. La bataille qui s’en vient, c’est la bataille du siècle.»