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Rona: coup de marteau sur le Québec

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RONA passe entre les mains de la société américaine Lowe’s.

Que le Québec perde cet autre fleuron aux mains des étrangers n’inquiète aucunement le gouvernement Couillard et sa nouvelle ministre de l’Économie, Dominique Anglade.

Les arguments de la ministre? Un, la transaction «a été souhaitée par les dirigeants» de Lowe’s et de RONA. Deux, Lowe’s a promis de maintenir les emplois et le siège social à Boucherville. Trois, elle croit que les fournisseurs québécois vont profiter de la transaction pour exporter et profiter des marchés étrangers.

Quel optimisme!

Que les dirigeants de RONA appuient la transaction qui va les rendre instantanément deux fois plus riches avec leurs actions, options et droits de souscription de RONA... Je ne vois pas en quoi c’est rassurant pour le Québec. Réaliser un bon coup d’argent personnel pèse toujours lourdement dans la balance quand une entreprise fait l’objet d’une offre publique d’achat (OPA).

Tenir ses promesses?

Concernant la promesse de Lowe’s de maintenir les emplois, cela tiendra la route tant et aussi longtemps que RONA restera rentable. Le jour où l’entreprise connaîtra des difficultés financières, c’est la haute direction de Lowe’s, depuis son siège social en Caroline du Nord, qui décidera de couper ou non dans le personnel.

Quand une entreprise passe dans le giron d’une société étrangère, les décisions se prennent au siège social de la compagnie... et non au siège administratif des succursales.

Quant aux fournisseurs québécois, je les inviterais à rester calmement prudents devant l’enthousiasme de la ministre Anglade. Est-ce que Lowe’s va s’engager à aider concrètement les fournisseurs québécois à exporter davantage? Voyons donc!

Pas rêver en couleur

Il ne faut pas rêver en couleur. Si jamais les fournisseurs de RONA exportent plus, ce sera grâce à leurs prix compétitifs et non à Lowe’s. Qu’ils se le tiennent pour dit.

D’autre part, faut-il se réjouir de la décision de la Caisse de dépôt et placement du Québec, le principal actionnaire de RONA, de déposer son bloc d’actions dans le cadre de cette OPA?

Non! Quand c’en est rendu que les hauts dirigeants du bas de laine des Québécois donnent, sans la moindre réticence, leur aval à la mainmise des Américains sur un tel joyau québécois, il serait temps de leur rappeler qu’ils gèrent l’argent des Québécois dans l’intérêt du Québec et non des étrangers.

Et dire que le gouvernement Couillard les appuie haut la main dans cette transaction.

Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau et le chef caquiste François Legault ont vertement dénoncé la décision du gouvernement Couillard de ne pas bloquer la vente de RONA à Lowe’s.

Une chance qu’on peut compter sur les partis d’opposition pour protéger le Québec contre l’envahisseur étranger.