/news/transports
Navigation

La face cachée d’Uber

À Montréal, la populaire application n’est pas payante pour ses chauffeurs et elle appauvrit l’industrie du taxi

Pendant une semaine, notre journaliste s’est glissé dans la peau d’un chauffeur UberX pour constater qu’il est difficile de gagner un revenu 
décent en travaillant à temps plein.
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse Pendant une semaine, notre journaliste s’est glissé dans la peau d’un chauffeur UberX pour constater qu’il est difficile de gagner un revenu décent en travaillant à temps plein.

Coup d'oeil sur cet article

Travailler à temps plein comme chauffeur UberX rapporte un salaire minable, révèle une expérience menée par Le Journal. Et pendant ce temps, les taxis que concurrence l'entreprise américaine n'ont jamais été aussi pauvres.

En une semaine comme chauffeur UberX à temps plein, notre journaliste n’a reçu que 4,60 $ de l’heure après avoir soustrait toutes ses dépenses, comme l’essence et l’usure du véhicule. Un tel revenu est bien en deçà du seuil de pauvreté.

L'application qui permet à tout automobiliste d’offrir des courses payantes est incontestablement populaire, avec 300 000 voyages chaque mois à Montréal. Ses bas prix, sa facilité d'utilisation et la propreté des véhicules ont séduit des millions d'usagers à travers le monde. 

Finalement, seule l’entreprise américaine, dont la valeur totale serait de 50 G$ et dont les revenus nets sont estimés à 2 G$, profiterait de son service, croit un expert.

«En ce moment, tout le monde est perdant de chaque côté [...] C’est un modèle d’affaires capitaliste assez classique où, en gros, celui qui en profite le plus, c’est Uber», analyse Olivier Germain, professeur de management et technologie à l’UQAM.

Industrie en crise

Plusieurs chauffeurs Uber ont confié au Journal apprécier leur travail, mais qu’il serait difficile de joindre les deux bouts en travaillant à temps plein pour Uber. 

Or, la croissance de cette entreprise se fait au détriment de l’industrie du taxi, dont les représentants disent que leurs revenus, déjà minimes, ont dégringolé de 30 % depuis un an.

«Le moral est bas à ce point parmi les chauffeurs de taxi, présentement, parce qu'on ne voit pas la lumière au bout du tunnel», dit Stanley Bastien, chauffeur et propriétaire.

Pour sa part, Uber affirme que ses chauffeurs gagnent en moyenne jusqu’à 20 $ de l’heure et que son service ne vise pas à détruire l’industrie du taxi, mais plutôt à offrir une alternative.

Pourtant, une ombre plane au-dessus de l’entreprise. Tant le maire Denis Coderre que le gouvernement provincial considèrent que son service est illégal, et elle est dans la ligne de mire de Revenu Québec, qui la soupçonne de ne pas payer ses taxes.

 

5 chauffeurs Uber parlent

Plusieurs chauffeurs UberX ont avoué que l’expérience est moins payante que les 17 à 20 $ promis avant dépenses, mais qu’ils sont tout de même séduits par l’aspect social du travail. Ils ont demandé de taire leur nom de famille par peur de représailles de la part de l’entreprise.

Travail de soir et de fin de semaine

Depuis maintenant quatre mois, Maxime travaille plus de 20 heures par semaine pour l’entreprise. Selon lui, il faut travailler des heures inhabituelles pour profiter du surge pricing (quand le prix explose) et d’un plus grand achalandage de clients.

«Si tu travailles un horaire normal de 40 heures par semaine, tu n’auras pas beaucoup d’argent. Il faut travailler le soir et la fin de semaine.

«Quand je travaille la fin de semaine, je commence à 18 h et j’arrête à 6 h du matin. Dans ces 12 heures, je fais en moyenne environ 200 $. Quand je fais le soir de 18 h à 23 h, je reviens à la maison avec 60 $.»

Peu de demande pour le luxe

Jean, un retraité qui est propriétaire d’un VUS de luxe Ford Explorer, dit qu’il aime conduire pour le service de voitures haut de gamme UberSelect, mais que la demande est généralement très basse.

«Je travaille surtout le matin et on dirait que de moins en moins de gens cherchent des voitures de luxe. En plus, je ne vois jamais de surge pricing là-dessus, donc même si le service est plus coûteux, ça finit souvent par être moins payant.»

Harcelé par des taxis

Travaillant avec UberX depuis à peine un mois et demi, Franck dit qu’il a déjà été harcelé par des chauffeurs de taxi à deux reprises, mais que ça ne l’empêchera pas de continuer à travailler avec l’application.

«C’est arrivé quelquefois que, pendant que je prends un client, des chauffeurs sortent et commencent à prendre des photos de ma plaque d’immatriculation et de mes clients.

«Il y a même une fois où un taxi m’a suivi pendant plusieurs minutes après que j’ai déposé un client. J’étais tellement mal à l’aise que j’ai appelé la police. En général, les chauffeurs ne me font pas peur, mais c’est désagréable», raconte Franck.

Une nouvelle vie sociale

L’argent n’est pas du tout le seul élément qui motive un chauffeur à travailler avec Uber. Dans le cas de Duckenson, c’est plutôt le côté social du boulot qui l’attire.

«Chaque fois que je prends un nouveau client, il a une nouvelle histoire à me raconter et une nouvelle relation se forme. Sincèrement, je fais ça plutôt pour le côté social que pour l’argent, même si c’est un bon revenu supplémentaire», explique Duckenson.

Dépenses oubliées

Malgré l’importante usure imposée à sa voiture en parcourant des centaines de kilomètres par semaine, Martin avoue ne pas penser aux dépenses liées à ce travail.

«J’embarque sur UberX pour faire environ trois heures le soir. Je dirais que je fais entre 150 $ et 200 $ pour 15 heures de travail, mais je ne pense pas à mes dépenses, car tout ce qui compte vraiment pour moi est l’argent que je fais.»

 

Pas payant d’être chauffeur

 

Difficile de vivre correctement en étant chauffeur UberX. 

Le montant reçu par notre journaliste, après la part de 25 % que garde l’entreprise américaine, équivalait à 13 $/heure. Toutefois, ce salaire dégringole à 4,60 $ de l’heure quand on soustrait les coûts de l’essence, des assurances, de la dépréciation et de l’entretien de la voiture.

Dépenses et usure

Pour brosser un portrait qui soit le plus fidèle possible lors de cette expérience non scientifique, nous avons travaillé des quarts de matin, de jour, de soir et de nuit. 

Durant cette période, nous avons effectué 53 courses, en plus de recevoir 5 commandes qui ont été annulées par des clients.

«Des revenus de 17 $ à 20 $ de l’heure, c’est vraiment ce qu’on calcule en moyenne chez nos chauffeurs. C’est sûr qu’après les dépenses et l’usure, le montant net peut se rapprocher plus du salaire minimum. Mais si tout le monde faisait 4,60 $ de l’heure, je ne pense pas qu’on aurait un seul chauffeur», rétorque le directeur général d’Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette.

Celui-ci a tout de même souligné que la température clémente du début de l’hiver ainsi qu’une forte affluence de nouveaux chauffeurs avant Noël pourraient expliquer le faible revenu de notre journaliste.

 

Un salaire minable

  • 35 : nombre d’heures travaillées
  • 608 $: montant total généré par les courses

Quarts de travail

Lundi de 11 h à 19 h. Mardi de 11 h à 19 h. Mercredi de 6 h à 15 h. Jeudi de 16 h à minuit. Vendredi de 20 h à 4 h.

SALAIRE BRUT

456,08 $: revenu brut reçu par notre journaliste, après qu’Uber eut pris sa part (25 %)

456,08 $ / 35 heures = 13 $ l’heure: revenu horaire brut

SALAIRE NET

0,44 $ (dépenses par km pour une Toyota Corolla (CAA)) x 671 km (nombre total de km parcourus) = 295 $ (dépenses totales)

456 $ (revenu brut) - 295 $ (dépenses) = 161 $ (revenu net)

161 $ / 35 heures = 4,60 $ l’heure (revenu horaire)

 

Étapes pour devenir un chauffeur

UberX

Pendant une semaine, notre journaliste s’est glissé dans la peau d’un chauffeur UberX pour constater qu’il est difficile de gagner un revenu 
décent en travaillant à temps plein.
Photo Le Journal de Montréal, Christopher Nardi

1. Inscription sur le site web d’Uber. Nom, numéro de téléphone, courriel.

Pendant une semaine, notre journaliste s’est glissé dans la peau d’un chauffeur UberX pour constater qu’il est difficile de gagner un revenu 
décent en travaillant à temps plein.
Photo Le Journal de Montréal, Christopher Nardi

2. Téléchargement de quatre documents: la photo du permis de conduire, une preuve d’admissibilité au travail, le certificat d’immatriculation du véhicule et le certificat d’assurance automobile. Chaque document doit être fourni par photo et non pas en mains propres.

Pendant une semaine, notre journaliste s’est glissé dans la peau d’un chauffeur UberX pour constater qu’il est difficile de gagner un revenu 
décent en travaillant à temps plein.
Photo Le Journal de Montréal, Christopher Nardi

3. Après approbation de chaque document, il faut passer aux bureaux d’Uber pour se faire prendre en photo et suivre une brève formation d’une dizaine de minutes sur les meilleurs moments pour travailler, comment utiliser l’application et l’importance du service à la clientèle.

4. Vérification des antécédents judiciaires effectuée par Garda qui inclut une revue du dossier de conduite de la SAAQ pour des infractions routières graves.

5. Passer une vérification mécanique de base de son véhicule par un mécanicien. Coût : 20 $

Coût : 20 $

 

Taxi

1. Suivre une formation de 150 heures de base dans une des deux écoles sur l’île. Ce cours inclut 60 heures de formation sur le service à la clientèle, la loi sur les taxis et la gestion du métier en général, ainsi que 90 heures sur la toponymie de l’île de Montréal. Coût : 1200 $

2. Faire un examen théorique en trois parties du Bureau du taxi de Montréal (BTM) et obtenir une note de 75 % ou plus.

3. Demander un permis de conduire de classe 4C à la SAAQ. Pour ce faire, il faut avoir le droit de travailler au Canada, passer un test visuel, présenter un examen médical et avoir réussi l’examen du BTM. Coût : 10,90 $

4. Obtenir un rapport de vérification des antécédents judiciaires de la part de la police de Montréal. Coût : 105 $

5. Recevoir un permis de chauffeur de taxi de la part de la SAAQ

6. Pour les chauffeurs-propriétaires: se procurer un permis de propriétaire (180 000 $) et faire faire une inspection mécanique de la voiture de plus d’une centaine de points.

7. Pour les chauffeurs-locataires: louer la voiture d’un propriétaire. Coût: Environ 60 $ par jour.

Coût : Près de 1500 $ plus les frais d’achat ou de location de permis de propriétaire.

 

Les clients convaincus par uber

Malgré la controverse entourant les opérations d’Uber au Québec, les clients UberX rencontrés par notre journaliste sont tous séduits par le nouveau service et ne veulent plus rien savoir des taxis traditionnels.

Au total, 51 des 53 clients transportés par notre journaliste ont avoué qu’ils n’empruntaient plus ou à peine des taxis depuis qu’ils ont découvert l’application américaine.

«Chaque fois que j’embarque dans un taxi, j’ai l’impression de déranger le chauffeur. Je ne m’attends pas à du service avec des gants blancs ou à ce qu’on m’ouvre la porte et qu’on m’offre du champagne, mais au moins qu’il ait l’air un peu content de me voir. » - Anh Tuan

«Je me sens indéniablement plus en sécurité depuis que j’utilise UberX. Je sais que tout est suivi par GPS, j’ai la photo de mon chauffeur et je sais qu’il est facilement retraçable. Je n’ai aucune hésitation à m’asseoir sur la banquette avant dans un UberX, ce que je ne ferais jamais dans un taxi. » - Laure, étudiante universitaire

«Je viens de Washington, où plus personne ne prend des taxis et tout le monde utilise UberX. C’est tellement facile de se déplacer d’une ville à l’autre et de toujours savoir à quoi s’attendre en termes de service de transport. » - Niklas, en visite pendant quelques jours à Montréal

«J’ai dû prendre un taxi il y a près d’un mois, et même si j’avais confirmé avec le chauffeur avant de partir qu’il acceptait les cartes, il m’a dit que sa machine ne fonctionnait pas lorsqu’on est arrivés à destination. Il voulait même m’amener à une banque pour que je paye comptant. Depuis ce moment, je ne touche plus aux taxis. » - David

«Je travaille en service à la clientèle et la première chose de base qu’on nous apprend est de traiter le client comme un humain et non pas comme un numéro. Et pourtant, chaque fois que je prends un taxi, je ne suis qu’un client parmi d’autres et je déteste cette impression. » - Ghassane

«J’ai arrêté d’utiliser les taxis quand un chauffeur m’a demandé un supplément parce que j’avais quelques valises et que ça m’a coûté 70 $ pour me rendre du centre-ville à Côte-Saint-Luc. C’est souvent une expérience désagréable qui t’attend avec un taxi. » - Simran

«J’utilise UberX presque tous les jours et depuis plusieurs années, autant ici que dans d’autres villes. Je ne comprends pas pourquoi les taxis n’ont toujours pas adopté les technologies qui rendent Uber si pratique: le paiement automatique sans comptant, recevoir un reçu immédiatement par courriel et des applications faciles à utiliser. » - Leslie

 

Les taxis en arrachent

Tandis que plusieurs chauffeurs UberX se réjouissent de leur nouveau revenu d’appoint, les chauffeurs de taxi voient leur salaire dégrin-goler de 20 % à 30 % par année, tandis qu’ils doivent travailler jusqu’à 16 heures par jour pour vivre correctement. Le Journal a rencontré cinq chauffeurs de taxi qui racontent comment leur vie a changé depuis que l’entreprise américaine s’est installée au Québec il y a deux ans.

Kamal Sabbah

Pendant une semaine, notre journaliste s’est glissé dans la peau d’un chauffeur UberX pour constater qu’il est difficile de gagner un revenu 
décent en travaillant à temps plein.
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin

L’informaticien de carrière a quitté son emploi en 2010 pour s’acheter un permis de propriétaire de taxi à plus de 200 000 $ en espérant trouver un emploi qui lui permettrait d’avoir un horaire flexible pour passer plus de temps avec sa famille. Mais six ans plus tard, il dit qu’il craint de ne jamais pouvoir prendre sa retraite et doit travailler de plus en plus d’heures.

«Je l’ai payé 210 000 $, voiture incluse, car je voulais avoir plus de flexibilité dans mon horaire de travail comme père de famille. La valeur d’un permis n’avait jamais chuté avant, alors j’assurais ainsi ma retraite comme travailleur autonome. Depuis l’arrivée d’Uber en 2013, la valeur de mon permis chute sans cesse. Je ne vois plus de futur dans mon industrie et je songe à la quitter. J’ai commencé avec des journées de huit à dix heures, maintenant je dois faire jusqu’à 16 heures pour ramener 150 $ à la maison.»

Sirous Shahbazian

M. Shahbazian a vu ses revenus chuter de 20 % à 30 % depuis l’arrivée d’Uber à Montréal, et il doit faire beaucoup plus d’heures pour garder le même revenu.

«Uber affecte certainement ma vie quotidienne. Je calcule que le service m’a pris entre 30 $ et 40 $ de revenus tous les jours. Il y a 10 ans, je finissais une journée de huit heures avec plus d’argent qu’aujourd’hui, même si les tarifs de taxi étaient environ 20 % moins chers.

Maintenant, pour recevoir le même revenu, je dois travailler 14 ou 15 heures dans une journée parce que j’attends de plus en plus longtemps entre les courses. Pour quelqu’un qui a 50 ans comme moi, c’est difficile sur le corps et sur le mental.»

Chauffeur depuis maintenant 25 ans, il remarque par contre que le déclin avait commencé quelques années avant l’arrivée d’Uber à Montréal.

Max-Louis Rosalberg

Pendant une semaine, notre journaliste s’est glissé dans la peau d’un chauffeur UberX pour constater qu’il est difficile de gagner un revenu 
décent en travaillant à temps plein.
Photo d'archives

Selon le président du Regroupement des propriétaires de taxi de Montréal (RPTM), l’arrivée d’Uber au Québec a non seulement affecté la valeur des permis de propriétaires, mais aussi leur capacité à trouver des chauffeurs qui veulent louer leurs voitures.

«Je n’ai pas pu prendre de congé du tout pendant le temps des Fêtes parce que c’était exceptionnellement calme, ce n’était pas du tout normal. C’est rendu que c’est juste le soir que ça marche quand on est chauffeur de taxi, mais à mon âge je ne veux pas travailler de soir, c’est trop intense. Alors, on accepte de faire moins d’argent. De plus, les gens qui veulent devenir chauffeurs de taxi se lancent maintenant avec Uber parce qu’ils n’ont pas à payer une location de taxi. Les propriétaires ont énormément de difficulté à se trouver des chauffeurs pour conduire leurs voitures, mais entre-temps ils continuent à payer quelques centaines de dollars en frais tous les mois.»

Stanley Bastien

Pendant une semaine, notre journaliste s’est glissé dans la peau d’un chauffeur UberX pour constater qu’il est difficile de gagner un revenu 
décent en travaillant à temps plein.
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

Cet homme, chauffeur de taxi depuis 18 ans, dit qu’il envisage depuis plusieurs mois de quitter l’industrie pour retrouver une stabilité d’emploi.

Toutefois, l’hypothèque qu’il a prise pour acheter son permis de propriétaire l’empêche de pouvoir se lancer dans les études pour se replacer ailleurs.

«Dans les faits, j’ai travaillé toutes ces années pour rien parce que la valeur du permis que j’ai acheté à 140 000 $ il y a une dizaine d’années est retombée à la même valeur, mais entre-temps j’ai payé beaucoup d’intérêts sur mes prêts. Le moral des chauffeurs est tellement bas en ce moment. Un chauffeur de taxi ne peut pas se retourner sur un 25 sous pour faire autre chose. Nous sommes des milliers de chauffeurs qui voudraient quitter le taxi, mais qui ne peuvent pas. On est condamnés à faire le métier parce qu’on ne peut pas se priver de revenu.»

François Jean

Ce chauffeur affirme qu’il rentre parfois à la maison avec à peine 70 $ en poche après avoir soustrait ses dépenses.

«Je ne crois pas que les gens comprennent l’anxiété qui vient lorsqu’on finit la journée avec moins de 100 $ dans les poches et on se dit qu’on a un loyer à payer en plus de nos frais de chauffeurs de taxi. J’ai dû sacrifier plusieurs activités personnelles comme des sorties ou du sport pour économiser et payer mes dépenses. Je calcule que j’ai 50 % moins de pick-up au centre-ville maintenant que j’en avais il y a quatre ou cinq ans. Pendant ce temps, on voit de plus en plus de voitures qui ramassent des gens avec leur téléphone entre les mains à tous les coins de rue. Je suis une personne très calme, mais ça me rend furieux de voir ça.»