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Faire le meilleur avec le pire

Après avoir travaillé en anglais durant plusieurs années, Jason Bajada propose maintenant des chansons en français.
Photo Courtoisie Richmond Lam Après avoir travaillé en anglais durant plusieurs années, Jason Bajada propose maintenant des chansons en français.

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Pour Jason Bajada, 2015 a été «clairement la pire année de ma vie». L’auteur-compositeur a tiré des différentes épreuves personnelles qu’il a vécues un nouvel album, Volcano, aussi inspiré d’un voyage mémorable en Islande.

Après un premier effort francophone en 2013, Le résultat de mes bêtises, Jason­­ Bajada est de retour avec un deuxième opus dans la langue de Molière, Volcano.

«J’ai écrit cet album-là dans quatre chalets différents, indique-t-il. J’y ai passé entre cinq jours et deux mois. J’ai commencé mes chansons sur le mode guitare-voix, et on les a transformées en studio avec le band.»

Difficile de ne pas être impressionné devant la liste de musiciens qui ont collaboré à l’album réalisé par Samuel Joly. On y retrouve notamment François Lafontaine (Karkwa), Olivier Langevin (Galaxie), Jocelyn Tellier (Dumas), Camille Poliquin (Milk & Bone), Alexandre Lapointe (The Brooks), Marie-Pierre Arthur et Stéphanie Lapointe.

«C’est la première fois que je travaille avec Sam Joly, et il a fait appel à quelques personnes avec qui il a déjà collaboré, dont Marie-Pierre Arthur, François Lafontaine et Stéphanie Lapointe­­», explique Bajada.

Un long voyage personnel

Lorsqu’on lui demande où il a puisé l’inspiration pour ses nouvelles compositions en français, Jason Bajada nous mentionne être sorti d’un «long voyage personnel».

«2015 en général, c’est clairement la pire année de ma vie, dit-il. C’était une année hyper éprouvante, hyper dévastatrice, hyper révélatrice. C’est l’année où j’ai découvert ce qu’était l’anxiété. Avant ça, j’en entendais parler, comme tout le monde. Mais tant que tu ne le vis pas, tu n’as aucune idée. Ç’a l’air d’un monstre invisible, qui n’existe pas.»

Cette année éprouvante pour l’artiste a notamment été marquée par la fin d’une relation amoureuse et par le suicide d’un de ses meilleurs amis. «Il s’est enlevé la vie à cause de l’anxiété, mentionne le chanteur. C’était un gars hyper drôle et généreux. Tout le monde était amoureux de lui. C’était l’un de mes êtres humains préférés.»

C’est dans cet état d’esprit que Jason Bajada s’est mis à écrire des chansons. En écoutant Volcano, on ne retrouve pourtant pas un disque sombre, mais plutôt une œuvre mélodieuse, dynamique, voire lumineuse.

«Je ne sais pas si l’écriture m’a servi de thérapie. Mais il n’y a pas grand-chose qui me rend plus heureux que de créer une chanson et de la partager», dit-il.

Après avoir travaillé en anglais durant plusieurs années, Jason Bajada propose maintenant des chansons en français.
Photo Courtoisie

À l’intérieur d’un volcan

Quant au titre de l’album et la pochette, l’idée lui est venue au cours d’un voyage en Islande que le chanteur a fait sur un coup de tête.

«Quand j’étais au bout du rouleau, que je ne voyais plus clair et que l’album était fini, j’ai décidé de partir là-bas. Je me suis pris un billet à cinq jours d’avis. J’étais en mode survie. C’était un voyage que je devais faire avec cet ami qui s’est enlevé la vie.»

Durant ce voyage, il mentionne ne pas avoir senti une once de stress. «Le taux de bonheur est très élevé en Islande. Je n’ai pas entendu un klaxon durant tout le voyage.»

Tout près de Reykjavik, il a fait un tour à l’intérieur du volcan Thrihnukagigur. «C’est immense. C’est un volcan éteint depuis 1000 ans. Étrangement, c’est à l’intérieur de ce volcan que je me suis senti le plus serein de toute l’année. J’ai vu ça comme une métaphore de l’anxiété. Le calme avant la tempête. C’est là que j’ai su que mon album devait s’appeler Volcano


L’album Volcano, de Jason Bajada, sortira vendredi 12 février. Un spectacle­­-lancement aura lieu mercredi 10 février au Centre Phi.