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Réveillez-vous, les filles!

Pourquoi autant de filles tripent sur les brutes?

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S’il y a quelque chose que le procès de Jian Ghomeshi et l’histoire des ados fugueuses nous apprennent, c’est que même après un demi-siècle de féminisme, les femmes (enfin, une bonne partie des femmes, ne généralisons pas) manquent de confiance en elles.

Qu’est-ce qui pourrait expliquer, sinon, que tant de femmes et tant de jeunes filles soient attirées par des hommes qui les frappent, les insultent, les rabaissent, les exploitent et les humilient?

CHAPERON ROUGE ET LE LOUP

On n’en parle pas, mais c’est malheureusement la réalité.

Beaucoup de filles ont une mauvaise estime d’elles-mêmes.

Tu prends un gars qui est gros, moche et vieux, et fortes sont les chances que, malgré son apparence, le gars ait confiance en lui.

Tu prends une fille qui est super belle, super intelligente et super sexy, et fortes sont les chances que, malgré son apparence et ses talents, la fille n’ait pas confiance en elle.

Pourquoi?

Qu’est-ce qui fait que tant de filles sont mal dans leur peau et craquent dès qu’un beau parleur les complimente et leur promet cadeaux et voyages?

Denise Bombardier posait la question dans sa dernière chronique: «Pourquoi les très jeunes filles sont-elles si attirées par des voyous, ces bêtes testostéronées qui les soumettent à la loi de leur jungle?

«Ces filles vivent au Québec, une des sociétés les plus féministes, et, cependant, elles consentent à se victimiser.»

C’est LA question à cent mille dollars.

Pourquoi autant de filles tripent sur les bad boys? Les voyous? Les brutes?

C’est quoi, votre problème, les filles?

Les gars doux ne vous intéressent pas? Vous les trouvez plates?

BOULOT, MASO, DODO

Dans La Presse, avant-hier, la journaliste Katia Gagnon écrivait sur une jeune femme qui recrutait des futures prostituées dans un centre jeunesse.

«La jeune n’avait aucune empathie pour ses proies, de dire une intervenante sociale. Elle disait: si elles sont assez nouilles pour aller se prostituer... Recruter, ça lui donnait un statut.

«Elle trouvait des filles. Et elle avait le kick de fréquenter des bad boys, qu’elle trouvait pas mal plus intéressants que les petits gars de bonne famille qui étaient à son école.»

On évite le sujet, mais c’est ça, le cœur du problème.

Le masochisme de certaines filles. Ça vient d’où? Qu’est-ce qui cause ça?

Pourquoi même les filles les plus brillantes, les plus belles et les plus talentueuses manquent-elles de confiance en elles?

Pourquoi cherchent-elles le bonheur dans les bras de machos, de misogynes?

Elles se détestent?

UN MYSTÈRE

Ça m’est arrivé plusieurs fois dans ma vie.

Voir des gars doux et gentils boudés par les filles, qui leur préfèrent des caves.

Ces gars sensibles sont toujours «les meilleurs amis» des filles. Jamais leurs chums.

Quand c’est le temps de pleurer sur l’épaule d’un homme, ces filles choisissent un doux. Mais quand vient le temps de baiser (ou juste d’entretenir une liaison amoureuse), ces demoiselles tournent le dos aux bons gars et choisissent un bum.

C’est l’un des grands mystères de la vie.

Et tant qu’on ne résoudra pas cette énigme, il y aura des Jian Ghomeshi et des p’tits pimps.