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Confusion et confiance perdue

Max Pacioretty et ses coéquipiers du Canadien vivent une expérience à l’opposé de celle du début de ­saison. Ils sont vulnérables à la moindre occasion.
photo d’archives Max Pacioretty et ses coéquipiers du Canadien vivent une expérience à l’opposé de celle du début de ­saison. Ils sont vulnérables à la moindre occasion.

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Évidemment, on s’attendait à une baisse de régime. Après tout, le Canadien venait de perdre son meilleur joueur, le meilleur ­gardien de la Ligue nationale.

On savait qu’il y aurait des conséquences. Mais de là à perdre autant de matchs, de là à se retrouver dans une situation où les séries éliminatoires semblent pratiquement hors de portée, je suis persuadé que Michel Therrien et ses adjoints n’avaient jamais envisagé un tel scénario.

Évidemment, chacun y va de sa théorie pour expliquer la glissade du Tricolore qui, hier après-midi, a quand même obtenu une victoire de 5 à 1 contre les Oilers d’Edmonton et ce magnifique joueur qu’est Connor McDavid.

Il est difficile d’y aller d’une expertise sans quelques points d’interrogation. Tout d’abord, on n’a pas toutes les informations pertinentes. Que se passe-t-il dans le vestiaire?

Certes, la perte de Price a de lourdes conséquences. On le voit.

Mais ça ne doit pas être l’unique raison.

Il m’apparaît évident que cette équipe a perdu toute la confiance qui l’animait en début de saison. Comme groupe, les joueurs se produisent dans la confusion. Leur concentration n’est pas à point, ils n’ont pas l’esprit clair.

Une absence qui dérange

Ils regardent autour, ils voient que Price n’est toujours pas prêt à reprendre le collier. Les joueurs ne l’admettront pas, mais c’est évident que ça dérange.

Certains affirment que les leaders du groupe étaient pour prendre les choses en main. Qu’ils allaient surmonter les obstacles, du moins qu’ils allaient amenuiser les conséquences causées par l’absence de Price. À l’intérieur d’une équipe, il y a toujours une compétition. À ­Chicago, il y a une belle rivalité entre ­Patrick Kane et Jonathan Toews. Si un doit s’absenter, l’autre doit réagir. C’est une compétition saine et ça rapporte ­toujours des dividendes.

Y a-t-il cette compétition chez le ­Canadien?

Ça, je l’ignore.

Le calendrier

Mais une participation aux séries éliminatoires se complique de plus en plus. Il reste 29 matchs et le Canadien aura besoin de 92 ou 94 points. Par contre, il y a quelques équipes qui séparent le ­Tricolore de la huitième place et c’est ça le problème.

L’autre obstacle, c’est le calendrier.

J’ai toujours défendu la théorie de Ken Holland, le directeur général des Red Wings de Detroit. Il souhaite que la Ligue nationale dresse un calendrier où les équipes de la même division et de la même association s’affrontent du 1er mars jusqu’à la fin de la saison. Plus aucun match contre les équipes des deux divisions de l’autre association ne serait à ­l’affiche.

Ainsi, cela permettrait aux équipes qui accusent un certain retard d’entretenir des espoirs de rejoindre les formations de tête. Dans le contexte actuel, la tâche sera ardue pour le Canadien.

Comme ce sera difficile de conclure des transactions le 29 février 2016.

Les lourds contrats

À Chicago, les Blackhawks tentent de se libérer du contrat de Bryan Bickell, mais qui s’intéresse à un joueur qui gagne 4 millions $ par saison et qui ne produit pas?

À la lumière des résultats, Marc ­Bergevin est confronté à cette situation. Il possède de bons joueurs, mais présentement, leur confiance est à plat et les ­résultats sont décevants au plus haut point.

Les contrats de certains joueurs pour les deux prochaines années font fuir les directeurs généraux, d’autant plus qu’on plonge dans l’inconnu dès qu’on aborde le sujet du plafond salarial pour la ­prochaine saison.

Dans le dossier du Canadien, quand tu colles les victoires, tu ne penses jamais à la défaite même si tu commets des bévues ici et là. Même quand tu gagnes un match sans être la meilleure formation.

Actuellement, les joueurs du Canadien vivent une expérience à l’opposé de celle du début de saison. Ils sont vulnérables à la moindre occasion. Un mauvais but et on se dit, pas encore. On ne sait plus ­comment réagir.

Bravo à John Scott !

John Scott a connu le week-end de sa vie à l’occasion du match des étoiles et je suis heureux de la tournure des ­événements.

Heureux pour l’athlète et heureux pour les amateurs. Sa nomination avait fait tout un plat et avec raison. Sauf que les principaux acteurs impliqués dans le match des étoiles ont réagi de façon à récompenser le grand ailier.

On lui a fourni l’occasion de démontrer qu’il n’est pas uniquement un bagarreur, mais qu’il peut aussi réaliser de belles actions sur la ­surface de jeu.

Au moins, on peut dire que John Scott avec la complicité des autres joueurs choisis pour le match des étoiles ont su donner un spectacle intéressant, un spectacle où on a décelé chez les participants une belle complicité.

Le surdoué

Je sais qu’il n’a pas encore disputé 20 matchs dans la Ligue nationale, mais il est évident que Connor McDavid est dans une classe à part. Cinq points à ses deux matchs marquant son retour au jeu. C’est ­exceptionnel.

Et à chacune de ses présences sur la patinoire, les défenseurs ­adverses sont sur le qui-vive. Il possède des feintes magistrales, il manie la rondelle comme un magicien et il possède une vision hors de l’ordinaire. Son accélération est phénoménale.

Il ne pouvait arriver à Edmonton à un meilleur moment. L’équipe déménagera dans un nouvel amphithéâtre l’an prochain, il fera des Oilers une équipe aspirante aux séries éliminatoires.

Pourquoi pas cette ­année?