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Cueillir sa salade à l’épicerie

Une entreprise veut offrir des « légumes vivants » partout au Québec

Dès la mi-mars, les consommateurs pourront cueillir de la salade et des fines herbes sur les tablettes d’un supermarché.
Photo Stéphanie Gendron Dès la mi-mars, les consommateurs pourront cueillir de la salade et des fines herbes sur les tablettes d’un supermarché.

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SAINT-PACÔME | Une entreprise québécoise s’apprête à offrir aux consommateurs la possibilité de cueillir des légumes encore en croissance directement sur les étalages de fruits et légumes de l’épicerie.

Après avoir démontré la viabilité et la rentabilité de la croissance des légumes à feuillage vert et des fines herbes dans un espace clos et contrôlé à l’aide de lumières DEL, l’entreprise Inno-3B veut permettre à tous les Québécois de cueillir certains légumes directement à l’épicerie.

En mars, l’épicerie Métro Lebel de La Pocatière sera la première à offrir des étalages de végétaux toujours vivants à ses clients. «Il se perd beaucoup trop de nourriture dans les épiceries actuellement. En plus, les consommateurs achètent une salade qui a été cueillie parfois sept jours avant et qui a fait beaucoup de chemin», indique Martin Brault, de l’entreprise Inno-3B basée à Saint-Pacôme, dans le Bas-Saint-Laurent.

La phase d’observation mènera à une étape plus importante de commercialisation. Inno-3B prévoit bâtir une usine-pilote à La Pocatière au cours des prochains mois, pour l’approvisionnement d’une partie du Bas-Saint-Laurent.

«On parle d’un circuit court de distribution, soit d’environ 100 à 150 km.»

L’entreprise prévoit installer des usines dans plusieurs régions pour que tous les citoyens du Québec aient accès à de la salade fraîche, vivante et locale.

Martin Brault, Inno-3B
Photo Stéphanie Gendron
Martin Brault, Inno-3B

Les grands acteurs ciblés

Les grands acteurs du monde de l’alimentation sont dans la ligne de mire de l’entreprise. «L’intérêt est présent. Pour eux, c’est 30 % de profit de plus, puisqu’il n’y a plus de pertes», spécifie Martin Brault.

La preuve de concept devra démontrer qu’il y a des avantages pour tous, du producteur au consommateur.

«Le client ne devra pas payer plus cher que ce qu’il paie actuellement», précise M. Brault.

Pour l’épicier Simon Lebel, du Métro Lebel de La Pocatière, la fraîcheur des fruits et légumes est justement un défi constant. «Offrir une salade encore vivante à coût comparable, ça nous séduit. Je crois que nos clients vont réagir très positivement.»

Jusqu’au comptoir de cuisine

L’expérience se prolongera jusqu’au comptoir de cuisine. Le consommateur devra d’abord s’emparer du produit qui se trouve dans un dispositif de transport permettant de garder la racine encapsulée et exempte de terre et d’eau. Il pourra ensuite laisser sa laitue Boston ou son basilic sur le comptoir, puisque, grâce à la technologie développée, la conservation se poursuivra longtemps, une option intéressante, surtout dans le cas des fines herbes.

Vivante de l’usine à l’assiette

  • Les légumes à feuillage vert ou les fines herbes poussent dans des unités de production à environnement contrôlé.
  • La production se fait dans des locaux installés à moins de 150 kilomètres de l’épicerie.
  • Les produits sont transportés, toujours avec leurs racines et biens vivants, directement aux points de vente.
  • Un dispositif autonome est installé dans le rayon des fruits et légumes.
  • Le consommateur cueille les produits, avec leurs racines, avec un récipient gratuit, recyclable, sans plastique, exempt d’eau et de terre.
  • L’aliment est placé au réfrigérateur ou sur le comptoir de cuisine et sa conservation est prolongée.
  • Produits à ce jour : laitues Boston, roquette, romaine, frisée, kale et bok choy, en plus du persil, de la menthe, du basilic et de la coriandre.