/entertainment/tv
Navigation

Une télévision diversifiée contribue à combattre le racisme

Sugar Sammy apporte sa touche personnelle à la série Ces Gars-là.
Photo courtoisie Sugar Sammy apporte sa touche personnelle à la série Ces Gars-là.

Coup d'oeil sur cet article

Les séries télé dotées d’une distribution multiculturelle contribuent à enrayer le racisme, démontre une nouvelle étude, qui donne encore plus de poids au discours des critiques qui déplorent le manque de diversité au petit écran québécois.

D’après un rapport présenté devant la Society for Personality and Social Psychology, un groupe important de psychologues spécialisés en psychologie sociale, les personnes exposées aux séries mettant en vedette des minorités visibles démontreraient beaucoup plus de tolérance envers ces dernières.

L’auteur du rapport, Sohad Murrar, un étudiant en psychologie de l’Université du Wisconsin aux États-Unis, s’est servi d’une série télé canadienne pour prouver sa théorie: Little Mosque on the Prairie, une comédie de situation brossant le portrait d’une communauté musulmane installée en Saskatchewan. Diffusée de 2007 à 2012 à CBC, la série relatait le quotidien du clan, mettant en scène – avec humour – des occasions au cours desquelles ses membres étaient victimes de discrimination, comme au contrôle de sécurité à l’aéroport.

Greg’s Anatomy s’appuie sur une distribution diversifiée, dont James Pickens Jr. et Ellen Pompeo.
Photo Courtoisie
Greg’s Anatomy s’appuie sur une distribution diversifiée, dont James Pickens Jr. et Ellen Pompeo.

Changement d’attitude

Selon les conclusions du mémoire, les personnes du premier groupe, auxquelles on avait montré des épisodes de Little Mosque on the Prairie, portaient moins préjudice aux musulmans après le visionnement. Leur attitude avait changé. Elles étaient plus ouvertes que celles du deuxième groupe, auxquelles on avait servi une série au casting majoritairement blanc, Friends.

Fait à noter, cette réceptivité a perduré. Quatre à six semaines plus tard, les participants du premier groupe montraient encore plus d’ouverture aux musulmans que ceux du deuxième groupe.

En entrevue à CNN, Sohad Murrar a souligné que cette transformation était d’autant plus impressionnante que d’ordinaire, les musulmans sont dépeints comme étant violents et agressifs aux petit et grand écrans. «Nous croyons que nous pourrions observer un pareil phénomène en visant d’autres minorités culturelles», a déclaré Sohad Murrar.

Sitara Hewitt 
et Zaib Shaikh de la série Little Mosque on 
the Prairie.
Photo courtoisie
Sitara Hewitt et Zaib Shaikh de la série Little Mosque on the Prairie.

Un rôle «capital»

Les conclusions du rapport n’étonnent pas Jérôme Pruneau, anthropologue et directeur général de Diversité artistique Montréal. «Dès qu’on s’ouvre à l’autre, ça change tout, dit-il au Journal. C’est ce qu’il faut faire dans nos séries. L’arabe qui arrive dans L’auberge du chien noir n’a pas besoin d’être un terroriste; il peut être un directeur financier très sympathique.»

Selon M. Pruneau, la télévision joue un rôle «capital» dans la lutte au racisme ou à toute autre forme de discrimination. Aux États-Unis, il cite Shonda Rhimes, la créatrice de séries de fiction aux distributions diversifiées comme Grey’s Anatomy, Scandal et How to Get Away With Murder, comme un exemple à suivre. «Elle a tout compris : elle met des gais, des Noirs, des lesbiennes, des couples mixtes... et elle a les plus grosses cotes d’écoute, parce que tout le monde se reconnaît.»

Au Québec, Jérôme Pruneau salue le travail de Sugar Sammy qui, «en se moquant de tout le monde, rejoint tout le monde».