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Le mystère d'Anticosti

GEN-PETROLE-ANTICOSTI
SARAH BERGERON-OUELLET/AGENCE QMI Superbe île d'Anticosti...

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Un épais brouillard politique entoure le dossier épineux des forages controversés sur l’île d’Anticosti.

Le premier ministre Couillard semble même s’amuser à en ajouter lui-même quelques couches supplémentaires.

En décembre, à la Conférence de Paris sur les changements climatiques, la COP 21, le premier ministre condamnait le projet d’un trait : «S'il vous plaît, arrêtez de dire que je suis le promoteur d'Anticosti, cela fait plusieurs fois que je dis que ce n'est pas mon projet, je suis tanné».

Tanné ? Il est en effet vrai que le premier ministre n'en était pas à sa première sortie hautement critique sur le sujet.

Lors de cette sortie que certains ont néanmoins baptisé son «épiphanie de Paris», M. Couillard jurait aussi qu’il aurait grandement préféré ne pas trouver ce projet sur son bureau de premier ministre après l’élection d’avril 2014.

Puis, d’ajouter : «Je n'ai aucun enthousiasme pour les hydrocarbures.  J'espère qu'il n'y a plus d'ambiguïté sur cette question-là. Je pense que (les compagnies pétrolières québécoises) doivent décoder que je n'ai pas d'enthousiasme pour développer les hydrocarbures au Québec. L'avenir du Québec ne repose pas sur les hydrocarbures. Absolument pas.»

Pour être clair, c’est clair.

***

 

Un premier os dans la soupe

Or, il y a un gros os dans la soupe : un contrat signé par le gouvernement Marois avec les compagnies Pétrolia, Corridor Resources et Maurel & Prom visant à «confirmer» le «potentiel» pétrolier et gazier de l'île d'Anticosti. Un contrat prévoyant jusqu’à 115 millions de dollars en fonds publics pour financer la phase exploratoire. S’en retirer coûterait donc possiblement une somme importante au trésor public.

Rappelons par ailleurs que plusieurs personnalités politiques à l’époque, tous partis confondus, rêvaient d’un Québec pétrolier et surtout, aux milliards de dollars qui, pensait-on, se déverseraient dans l’économie du Québec. L’«économie verte», elle, semblait les attirer passablement moins.

Pour mieux justifier sa condamnation du projet, M. Couillard accuse le PQ d’être l’unique responsable de ce gâchis en ayant négocié cette entente.

Lui, jure-t-il, n’en aurait jamais voulu. Qui plus est, insiste-t-il, Jean Charest n’en aurait pas voulu non plus. Le 5 février dernier, M. Couillard en disait ceci : «Je connais assez bien Jean Charest et sa passion pour l'environnement pour vous dire qu'il n'aurait jamais autorisé une chose de semblable

Vraiment ?

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Un deuxième os dans la soupe

Et voilà qu’un autre os tombe dans la soupe.

Plus tôt le même 5 février, le Journal rapportait ceci : «Contrairement aux prétentions de Philippe Couillard, c'est le gouvernement libéral de Jean Charest qui, le premier, a proposé une entente de partenariat avec des pétrolières pour l'exploration des hydrocarbures sur l'île d'Anticosti». 

Oups.

Autre extrait de l’article :

«Les négociations ont débuté bien avant, sous l'ère libérale. Dans une lettre d'intention confidentielle obtenue par notre Bureau parlementaire, le gouvernement Charest offre d'acquérir des actions de Pétrolia, Maurel & Prom et Corridor Ressources pour explorer le sous-sol d'Anticosti, un partenariat de 70 millions $. Datée du 29 août 2012, soit cinq jours avant l'élection du gouvernement péquiste de Pauline Marois, l'offre d'achat est signée des deux vice-présidents de Ressources Québec, filiale d'Investissement Québec.

À cette époque, ce n’est nul autre que Jacques Daoust, l'actuel ministre des Transports, qui était à la tête du bras financier du gouvernement. Ce dernier a refusé jeudi de commenter le positionnement de son chef dans le dossier. Philippe Couillard a réitéré pour sa part qu'un milieu naturel comme Anticosti, ça n'a pas de prix. Il réagissait ainsi aux révélations du Journal indiquant que le projet a déjà coûté 18 millions $ aux contribuables québécois jusqu'à maintenant. Pour le premier ministre, cet argent n'est pas perdu. «Il n'y a pas que les chiffres dans la vie, un milieu naturel comme Anticosti, c'est une richesse pour le Québec que je veux également qu'on transmette à nos enfants et à nos petits-enfants» (...) «On n’aurait jamais dû lancer l'investissement public, faire de l'exploration avec fracturation sans une évaluation environnementale complète».»

Et ce n’est pas terminé.

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Un troisième os tombe dans la soupe du gouvernement... et même un quatrième...

Le 10 février, le Journal rapporte maintenant ceci :

«Le cabinet de Jean Charest était directement impliqué dans les négociations avec des compagnies pétrolières pour l’exploration sur l’île d’Anticosti. Une rencontre au sommet s’est tenue le 20 juillet 2012, une dizaine de jours avant le déclenchement de la campagne électorale, qui se solderont par l’élection d’un gouvernement péquiste minoritaire. Daniel Gagnier, chef de cabinet du premier ministre à l’époque, et Richard Brosseau, attaché politique, ont pris part à la réunion, qui comptait également de hauts dirigeants de l’entreprise Pétrolia, selon des échanges de courriels obtenus par notre Bureau parlementaire.

Les extraits démontrent également que la haute direction des ministères des Finances et du Développement économique était au courant de cette rencontre. MM. Gagnier et Brosseau n’ont pas rappelé Le Journal. Le président-directeur général de Pétrolia s’est limité à dire qu’il avait effectivement participé à cette rencontre avec d’autres dirigeants de la firme.

Dans une lettre d’intention datée du 29 août 2012, Ressources Québec a offert d’acquérir des actions de Pétrolia, Maurel & Prom et Corridor Ressources pour explorer le sous-sol d’Anticosti, a révélé récemment Le Journal. Selon le premier ministre Philippe Couillard, un gouvernement libéral n’aurait jamais donné le feu vert à la fracturation hydraulique sur l’île d’Anticosti sans études environnementales préalables. (...)

Par ailleurs, Philippe Couillard a dit hier s’attendre à ce que les fonctionnaires chargés d’autoriser les forages pétroliers sur l’île d’Anticosti suivent les directives du gouvernement.
«Ils feront ce qu’on leur dira», a-t-il dit, pressé de questions par les journalistes.»

D’où un quatrième os dans la soupe : les commentaires étonnants de Philippe Couillard sur ces fonctionnaires (du ministère de l’Environnement) qui «feront ce qu’on leur dira» soulève maintenant des soupçons d’ingérence politique du bureau même du premier ministre dans un processus qui, normalement, se devrait d’être «indépendant.

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Le mystère se lève de lui-même

Or, toujours le 10 février, une première partie du mystère politique entourant le dossier de l’île d’Anticosti s’est levé de lui-même à l’Assemblée nationale.

Lors de la période de questions, le premier ministre semblait tellement fâché contre le projet d’Anticosti qu’il en lançait ceci en réponse au chef caquiste François Legault:

«Alors, je vais répéter ce que j'ai dit — et très solennellement — dans cette Chambre : Jamais le délabrement de L'Île-d'Anticosti ne portera ma signature. Jamais l'agression sauvage d'un milieu naturel comme l'Anticosti ne portera ma signature. (...)

Alors, où sont les défenseurs des milieux naturels du Québec, dans cette Chambre? Il n'y a que moi, il n'y a que le Parti libéral du Québec. On va continuer à le faire. L'histoire le retiendra. On a des gens qui sont prêts à détruire un milieu naturel. Pas nous, on va aller de l'avant dans la protection de l'environnement. (...)

Mais je vois que le chef de la deuxième opposition, comme son collègue, n'est pas intéressé à protéger les milieux naturels. S'il n'y en a qu'un, M. le Président, je serai celui-là. (...)

M. le Président, je pense que notre collègue, il faut lui rappeler certaines choses. Ce qui fait problème ici, c'est cette décision franchement impardonnable — impardonnable — d'avoir engagé des fonds publics dans un processus de fracturation hydraulique sur une île comme L'Île-d'Anticosti. Ça, ce n'est pas pardonnable, surtout d'un parti qui comptait, qui compte encore peut-être, des militants environnementaux dans ses rangs. Ça, ce n'est pas acceptable.
(...) Je pense que, ce parti qui a abandonné l'environnement, on est surpris (...) celui qui n'a jamais adhéré à ça, on n'est pas surpris, M. le Président.
»

Traduction : qu’il soit fondé ou non, l’abandon passionnel du projet controversé de l’île d’Anticosti par le premier ministre – incluant ses inévitables coûts associés-, prend de plus en plus l’allure d’un «relooking vert» du gouvernement Couillard.

L’objectif étant de positionner le gouvernement comme l’UNIQUE défenseur de l’environnement au Québec. Du moins, parmi les principaux partis politiques. Donc, à l’opposé, il va sans dire, du Parti québécois qui, toujours selon le premier ministre, aurait au contraire ABANDONNÉ l’environnement.

Et d’où la «ligne» gouvernementale officielle selon laquelle JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS le premier ministre actuel n’aurait ouvert la porte à un tel projet. Ni, du moins selon M. Couillard, le premier ministre Jean Charest avant lui.

Le reportage du Journal selon lequel cette «ouverture» ait pourtant été initiée par le bureau même du premier ministre Charest en 2012, pour être reprise par la suite sous Pauline Marois, ne semble pas l’ébranler.

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Une autre clé?


Ce qui, pour cause de cette même opération de «relooking vert», pose nécessairement la question du pipeline Énergie Est de TransCanada – un projet encore plus controversé sur le plan environnemental.

Maintenant que le gouvernement Couillard se positionne comme l’UNIQUE défenseur de l’environnement, doit-on aussi comprendre que le projet de TransCanada ira rejoindre celui d’Anticosti dans la grande poubelle de l’Histoire ?

Ou, doit-on plutôt comprendre que ce «relooking vert» du gouvernement lui servira plutôt à mieux défendre le projet lorsque le temps en sera venu ? Dira-t-il alors aux Québécois quelque chose comme : vous me connaissez.. Mon parti politique est le SEUL à défendre vraiment l’environnement. Alors, si je vous dis que toutes les vérifications et toutes les garanties nous permettent de dire oui à Énergie Est, c’est que je le fais au nom de l’environnement et des générations futures.... Etc.

Serait-ce là, une autre clé possible du mystère politique d’Anticosti ? À suivre...

Car, dans les faits, à terme, le gouvernement Trudeau ne pourra probablement pas se payer le prix politique d’un rejet complet d’Énergie Est. Le pétrole albertain est en quête désespérée de nouveaux marchés pour son or noir issu des sables bitumieux. La plupart des autres projets de pipelines ayant été rejetés par l’administration Obama ou la Colombie-Britannique, Énergie Est prend des airs de dernier arrêt avant le terminus du désespoir albertain.

Si cette hypothèse est fondée – seul le temps dira si tel est le cas -, la pression politique ira nécessairement en s’accentuant sur le gouvernement du Québec et les municipalités québécoises pour qu’ils acceptent le projet de pipeline Énergie Est devant transporter l’or noir de l’Alberta aux raffineries du Nouveau-Brunswick.

Voyant eux-mêmes l’opposition montante chez leurs propres électeurs, les dirigeants politiques au Québec doivent certainement s’assurer de l’«acceptabilité sociale» du projet controversé. Leurs appels en chœur à TransCanada pour plus de «transparence», de meilleures «garanties» et des «retombées économiques» bonifiées en font partie.

Ces appels ne servent-ils pas aussi en quelque sorte à préparer l’opinion publique à un projet qui, en bout de piste, risque d’être incontournable pour des raisons politiques et économiques ?

Si tel est le cas – en plus de s’en faire une arme partisane face au PQ -, le «relooking vert» de Philippe Couillard s’expliquerait d’autant mieux...

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Des lobbyistes ou consultants plus influents que d’autres

Maintenant, revenons sur le rôle de certains lobbyistes ou consultants plus influents que d’autres dans cette même filière pétrolière et gazière.

Depuis quelques années, au Canada comme au Québec, tous partis confondus, ils sont d’ailleurs plusieurs – et non les moindres - à faire la navette entre politique active, cabinets politiques et lobbys pétroliers et gaziers.

La prise la plus «prestigieuse» de cette industrie étant certes l’ex-premier ministre Lucien Bouchard qui, en janvier 2011, prenait la tête de l’Association pétrolière et gazière du Québec. (Poste qu’il a quitté en février 2013.)

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De retour à Anticosti...

Sur le dossier épineux des forages exploratoires sur l’île d’Anticosti, le premier ministre Couillard qui se présente dorénavant comme l’unique défenseur de l’environnement face à ses adversaires du PQ et de la CAQ, jure sur toutes les tribunes que la véritable origine politique du projet remonte au gouvernement péquiste de Pauline Marois et non à celui du premier ministre libéral Jean Charest.

Or, encore une fois, le Journal en rapporte plutôt ceci : «Contrairement aux prétentions de Philippe Couillard, c'est le gouvernement libéral de Jean Charest qui, le premier, a proposé une entente de partenariat avec des pétrolières pour l'exploration des hydrocarbures sur l'île d'Anticosti.»

Et puis encore ceci: «Le cabinet de Jean Charest était directement impliqué dans les négociations avec des compagnies pétrolières pour l’exploration sur l’île d’Anticosti, a appris Le Journal.
Une rencontre au sommet s’est tenue le 20 juillet 2012, une dizaine de jours avant le déclenchement de la campagne électorale, qui se solderont par l’élection d’un gouvernement péquiste minoritaire.
Daniel Gagnier, chef de cabinet du premier ministre à l’époque, et Richard Brosseau, attaché politique, ont pris part à la réunion, qui comptait également de hauts dirigeants de l’entreprise Pétrolia, selon des échanges de courriels obtenus par notre Bureau parlementaire. »

 

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Qui est donc Daniel Gagnier?

La mention du nom de Daniel Gagnier – ou Dan Gagnier, comme il est connu dans les cercles politiques et d’affaires – est significative.

Vous vous souviendrez peut-être de son nom sorti en pleine campagne électorale fédérale en 2015.

M. Gagnier, alors coprésident du comité de la campagne électorale nationale de Justin Trudeau, se voyait obligé de quitter son poste suivant la nouvelle qu’il avait «écrit un courriel aux responsables du projet de l'oléoduc Énergie Est afin de les conseiller sur les ficelles qu'ils devraient tirer auprès du nouveau gouvernement à Ottawa, qui pourrait bien être libéral».

Or, comme on le voit aussi dans le dossier d’Anticosti, M. Gagnier n’en était pas là à ses premières armes dans la merveilleuse industrie pétrolière et gazière. Loin s’en faut.

Dans son riche parcours professionnel, en novembre 2010, cet ancien chef de cabinet de Jean Charest était recruté par la pétrolière albertaine Talisman pour «soutenir ses activités au Québec». La compagnie spécifiant que M. Gagnier ne ferait cependant pas de «lobbying» comme tel.

Rappelons aussi que Stéphane Gosselin, autre ex-chef de cabinet de Jean Charest, oeuvrait quant à lui à l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ). Stéphane Bertrand, un autre «ex» de l’entourage du premier ministre Charest, de même qu’André Ryan, son avocat à l’époque, furent aussi de la genèse de l’APGQ.

Et, comme je le rapportais ici en exclusivité, la pétrolière albertaine Talisman était également celle qui allait couvrir la rémunération de M. Lucien Bouchard lorsqu’il a pris la tête de l’APGQ en janvier 2011.

Bref, comme vous le savez déjà, le monde est petit...

Il faut également dire que la carrière politique de Dan Gagnier dépasse aussi largement le bureau du premier ministre Charest.

Il fut du Bureau du Conseil privé sous le premier ministre conservateur canadien Brian Mulroney. Chef de cabinet de Jean Charest – lui-même issu du gouvernement de M. Mulroney -, de 2007 à 2009. En 2012, il y opéra un retour pour aider  à «gérer» la grève étudiante et contribuer à la préparation de la prochaine campagne électorale.

En 1995, il entrait au service de la compagnie Alcan comme vice-président, Affaires générales, puis vice-président principal, Affaires générales et externes. Il fut aussi sous-ministre au ministère de l’Énergie et au ministère des Affaires intergouvernementales.

Il fut conseiller spécial et chef de cabinet du premier ministre de l’Ontario, David Peterson.

Il fut aussi président du conseil des Manufacturiers et Exportateurs du Canada, de l’Association canadienne de Normalisation, de Génome Canada, d’Inforoute Santé Canada, de l’Université McGill, de la Fondation Asie Pacifique du Canada et de l’Institut international du développement durable.

Sur le site web de la SDTC, il se présente depuis comme retraité depuis juin 2015, mais néanmoins «conseiller et négociateur indépendant – Affaires autochtones – province du Québec» et «directeur du conseil d'administration de Technologies du développement durable du Canada (SDTC)».

Au moment de sa «démission» comme co-président de la campagne électorale de Justin Trudeau, CBC le présentait comme «possiblement le seul homme dans l’histoire canadienne à avoir occupé le poste de chef de cabinet chez deux premiers ministres de deux provinces différentes». CBC soulignait également ses «nombreux liens avec l’industrie énergétique canadienne», incluant au Energy Policy Institute of Canada (EPIC), «un think tank financé par des compagnies dont le but est de développer une approche pan-canadienne de l’énergie». Depuis le printemps 2015, note la CBC, il était «sous contrat avec TransCanada pour des services de communications et de conseil sur les manières de fonctionner selon divers scénarios électoraux.»

Le prestigieux site d’affaires Bloomberg lui consacre aussi des notes biographiques, lesquelles incluent un poste au gouvernement de la Saskatchewan.

Dans les faits, la carrière politique prolifique menée par Dan Gagnier, entre autres, dans le premier cercle de deux premiers ministres provinciaux et d’un premier ministre fédéral, en a fait une recrue de premier choix pour l’industrie pétrolière et gazière.

Hormis pour ses talents professionnels sûrement nombreux, il reste qu’un carnet de contacts politiques aussi étendu et garni que le sien, est irrésistible pour une industrie aussi dépendante des bonnes volontés des gouvernements provinciaux et fédéral pour faire fructifier ses affaires.

C’est ce qui donne toute leur «valeur» aux «ex» politiciens et ex-membres des cabinets politiques qui font le passage à cette industrie comme lobbyistes, porte-parole ou consultants. Ce sont des «portes tournantes» qui rapportent gros. Pas toujours, mais souvent.

Et par la suite, c’est ce qui fait toute la force de leur influence discrète et lucrative auprès des décideurs politiques et de l'industrie elle-même.