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Louis Morissette, cible de l’antiracisme en délire

Louis Morissette
photo d’archives Louis Morissette

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Plus une société s’enfonce dans un cul-de-sac, plus elle se laisse dominer par des débats irréels. Et plus, des mouvements radicaux comme­­ l’antiracisme extrême parviennent à s’emparer des médias et à y imposer leurs obsessions­­.

C’est le cas avec la querelle qui entoure le Blackface, qui cherche à faire croire que le Québec serait profondément raciste.

Ces jours-ci, Louis Morissette est dans la ligne de mire.

J’en rappelle les grandes lignes. Le Blackface est une pratique liée à l’histoire du racisme américain. On prenait un acteur blanc, on le peignait en noir, en le transformant en Africain caricatural, et sur scène, on lui demandait de jouer le demeuré. C’était évidemment scandaleux.

Blackface ?

Gilbert Turp, dans un remarquable article au Devoir, vendredi dernier, a expliqué que le Blackface est à peu près absent de l’histoire du Québec, et plus encore, du Québec français.

Il rappelle qu’il ne faut pas confondre cela avec le fait, pour des raisons diverses, de maquiller en noir un acteur blanc le temps d’une scène, comme le proposait Morissette.

Mais l’ignorance crasse que l’antiracisme extrême affiche à propos de l’histoire québécoise l’immunise contre la réalité.

On peut voir dans la querelle du Blackface un symptôme de l’américanisation de notre société.

On peut voir dans la querelle du Blackface un symptôme de l’américanisation de notre société.

Des gens qui ne sont pas vraiment familiers avec notre histoire la soumettent à une grille d’analyse aussi idéologique que simpliste qui, partout, donne les mêmes résultats.

Partout, l’homme blanc serait dominateur et profiterait d’un système raciste­­. Partout, les minorités en général­­, et les Noirs en particulier, subiraient­­ ce système.

L’histoire de l’esclavage massif serait­­ la nôtre. Celle de la ségrégation aussi. On veut à tout prix nous inculquer un sentiment de culpabilité.

Nous n’avons pas à porter l’odieuse histoire du racisme américain. Ce n’est pas la nôtre.

Puis-je accuser les antiracistes de racisme anti-québécois tellement ils se fichent de l’histoire de notre peuple et de sa culture?

Évidemment, ce serait outrancier.

Mais si je suivais leur logique, je le ferais aisément.

Censure

Mais qu’importe les faits historiques, nous dit l’antiracisme extrême­­!

Il faut laisser aux dominés le soin de définir s’ils se sentent insultés. C’est eux seuls qui peuvent nous dire ce qu’ils ressentent.

Si Louis Morissette croit qu’on peut maquiller en noir un acteur blanc le temps d’une scène, cela les offusque. Et il devrait s’excuser.

C’est du délire.

Cela consiste, dans les faits, à accorder­­ un pouvoir de censure aux radicaux de chaque communauté, qui font carrière dans les lamentations victimaires et qui veulent soumettre la société à leurs fantasmes de persécution­­.

C’est la même logique qui pousse certains islamistes à vouloir interdire la caricature de Mahomet ou à interdire le blasphème ou la critique des religions, car ils y voient une insulte à leur endroit.

La réalité est triste: nos antiracistes extrêmes ont besoin de s’imaginer une société raciste pour continuer de militer et de s’indigner.

Ils sont dominés par un fantasme.

Et ils veulent nous l’imposer aussi­­.