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Port-Daniel plus polluant qu’Anticosti

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Photo Le Journal de Québec, Simon Clark Selon le premier ministre Couillard, «une fracturation hydraulique sur une île, de relative petite taille, ça pose un problème technique fondamental».

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L’exploitation des hydrocarbures sur l’île d’Anticosti serait moins polluante que la cimenterie de Port-Daniel, que le gouvernement Couillard a soustrait de la loupe du BAPE.

Le premier ministre a martelé cette semaine que le «délabrement de l’île d’Anticosti ne portera pas sa signature».

Au chef caquiste François Legault, qui l’accuse de ne pas respecter le contrat qui lie le gouvernement à trois pétrolières pour explorer le sous-sol de l’île, M. Couillard rétorque que le Québec a aussi des engagements envers la communauté internationale pour les changements climatiques.

«J’espère que notre collègue va honorer ces signatures également: celle de réduire nos émissions de 20 % en 2020, de 37,5 % en 2030 et d’au moins 80 % en 2050!» a-t-il tonné à l’Assemblée nationale cette semaine.

L’exploitation du potentiel pétrolier et gazier d’Anticosti pourrait produire jusqu’à 1,4 million de tonnes de GES par année, selon les évaluations du ministère de l’Environnement. L’île renfermerait 77,5 % de gaz et 22,5 % de pétrole, selon l’étude rendue publique l’automne dernier.

« Problème technique »

De son côté, Ciment McInnis estime sa production annuelle à 2,2 millions de tonnes de ciment par an, ce qui produirait 1,75 million de GES. L’entreprise «prévoit que la cimenterie aura un potentiel d’augmentation de production annuelle de ciment de 15 %», précise le rapport d’analyse du ministère de l’Environnement. Au maximum de sa capacité, l’usine rejetterait donc 2,01 millions de tonnes de GES dans l’atmosphère chaque année.

L’an dernier, le gouvernement Couillard a adopté une loi pour permettre au projet de cimenterie de Port-Daniel d’être exonéré du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Par ailleurs, le premier ministre a laissé entendre jeudi qu’il n’a pas besoin des études environnementales pour mettre une croix sur les forages par fracturation hydraulique sur l’île d’Anticosti.

«Il ne s’agit pas d’être diplômé en physique nucléaire pour savoir qu’une fracturation hydraulique sur une île, de relative petite taille, ça pose un problème technique fondamental», a lancé jeudi le premier ministre.

Hostile à l’exploration des hydrocarbures sur l’île du golfe Saint-Laurent, M. Couillard soutient que l’absence d’infrastructures sur Anticosti constitue un obstacle de taille au projet.

Le gouvernement du Québec est pourtant lié par contrat à Pétrolia, Maurel & Prom et Corridor Resources pour aller confirmer le potentiel pétrolier et gazier sur l’île.