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Handicapé, on lui coupe son aide à domicile: restreint à une douche par semaine

Atteint de sclérose en plaques, François Cherrier a besoin d’aide pour ses soins d’hygiène.
photo 24 Heures, camille gaïor Atteint de sclérose en plaques, François Cherrier a besoin d’aide pour ses soins d’hygiène.

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Atteint de sclérose en plaques, un résident de Pointe-aux-Trembles dénonce la diminution de moitié de son aide à domicile qui le contraint à ne recevoir qu’une douche par semaine, depuis le 1er janvier.

«Avec la maladie, je vis déjà assez de contraintes sans qu’on m’enlève l’aide d’une auxiliaire», croit François Cherrier, 60 ans, atteint de sclérose en plaques.

À cause de sa maladie, il bénéficiait de trois visites par semaine pour son hygiène personnelle. Diagnostiqué diabétique de type 2, il recevait aussi de l’aide pour préparer ses repas.

Mais à la suite de la réévaluation de sa situation par une travailleuse sociale mi-décembre, on lui a coupé l’aide alimentaire et les deux tiers du temps de soins.

Depuis le 1er janvier, c’est donc uniquement les mardis qu’il peut prendre une douche.

Des repas congelés

«Pour les repas, elle m’a conseillé d’acheter du congelé, mais qui veut manger des plats préparés durant le reste de sa vie», demande-t-il.

Au-delà de la frustration, c’est l’inquiétude qui l’habite, comme le rapporte Linda Gauthier, du Regroupement des activistes pour l'inclusion au Québec (RAPLIQ).

«Quand il nous a appelés, il était paniqué, car François a une maladie évolutive et on ne sait jamais combien de temps les poussées vont durer.»

Évaluation des besoins

Choquée par cette diminution de services, Mme Gauthier a alors pris contact avec le CLSC, qui aurait promis une réévaluation. «Mais personne n’a encore rappelé François», note la présidente, qui croit qu’une travailleuse sociale n’est pas compétente pour effectuer cette tâche.

Au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, on affirme que «l’évaluation est faite à partir d’instruments standardisés qui permettent de définir rapidement les besoins de la personne».

Pas de compressions

Pour Julie Desrochers, directrice adjointe des services à domicile au CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, cette diminution de services reflète l’évaluation du client.

«La situation du client a probablement dû changer. Peut-être qu’il n’était pas en poussées [périodes durant lesquelles les symptômes réapparaissent] lorsqu’on l’a évalué. Maintenant, s’il est en poussées, il doit rappeler et évidemment, on remettra des services.»

Selon elle, ces «ajustements» n’ont aucun lien avec le budget du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, qui prévoit d’ailleurs terminer l’année avec une dépense de 31,4 millions de dollars comparativement à 30,8 millions, l’an dernier.

Une autre cliente inquiète

France Rochon comprend tout à fait la frustration de M. Cherrier, car il y a une semaine, on l’a aussi avertie que son aide aux repas pourrait être coupée. Atteinte de nanisme diastrophique et d’hypertension pulmonaire, elle a besoin d’une aide du matin au soir en plus de devoir surveiller sa consommation de sel. «Quand j’ai eu mes problèmes respiratoires et d’alimentation, je n’ai pas demandé plus d’heures», mentionne la femme de 45 ans qui était déjà reconnaissante d’avoir 32 heures d’aide à domicile par semaine. «Mais si on me coupe trois heures trente par semaine, je ne sais pas qui va m’aider.»

France Rochon est atteinte de nanisme diastrophique et d’hypertension pulmonaire et craint également qu'on lui coute son aide aux repas.
Photo Courtoisie
France Rochon est atteinte de nanisme diastrophique et d’hypertension pulmonaire et craint également qu'on lui coute son aide aux repas.