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Le Parti libéral du Québec solidaire

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

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Rarement a-t-on vu le premier ministre Couillard autant sur la défensive.

Le dossier d'Anticosti devient l'épine au pied du PM. La gomme qui est collée en dessous de la chaussure et qui ne veut pas partir.

Personne n'a compris le changement de cap de Philippe Couillard en décembre dernier. Plus le temps passe, plus la situation s'envenime.

Le problème de monsieur Couillard réside dans l'absence totale d'appui à sa position. Ni le milieu des affaires ni les observateurs et pas même ses propres ministres ne comprennent l'entêtement de celui-ci.

Il n'y a que deux ministres qui trouvent que le flip-flop du PM était un coup de génie. David Heurtel et Jacques Daoust.

Le ministre de l'Environnement a sauvé son poste en se collant sur son patron.

«Oui, oui boss, vous avez tellement raison. C'est tellement bon»...

En ce qui concerne le nouveau ministre des Transports, celui-ci, dit-on, traîne une vieille rancune envers Pétrolia, l'un des partenaires du gouvernement dans cette aventure.

À l'époque où il était le grand patron d'Investissement Québec, un dossier impliquant Pétrolia lui aurait été politiquement imposé. Depuis ce temps, il a une dent contre cette compagnie québécoise qui cherche à se démarquer dans la cour des grands.

Voilà donc les seuls appuis de Philippe Couillard.

Le pauvre ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a bien tenté de nous faire croire que l'exploration d'Anticosti n'était pas sur le radar du gouvernement, mais il ne faut pas être un devin pour comprendre qu'il n'avait pas le choix de se porter à la défense de son chef.

Je gravite depuis plus de 10 ans dans les sphères politiques. Rarement ai-je vu un tel mécontentement émaner de la sphère des affaires.

Le mot «panique» n'est pas trop fort. Personne ne saisit à quoi joue notre premier dirigeant.

Le signal envoyé aux investisseurs étrangers est catastrophique. Le gouvernement du Québec peut renier sa propre parole. N'investissez pas ici.

Personne ne comprend. Pire, le PM persiste et signe. Il va même jusqu'à mettre en doute l'intelligence de ceux qui ne pensent pas comme lui sur ce sujet. Voilà un signe qui ne ment pas. Philippe Couillard est sur la défensive.

Alors si on résume: pas de pétrole d'Anticosti, pas d'oléoduc de TransCanada, oui aux voitures électriques grassement subventionnées par l'État et oui au revenu minimum garanti.

Il n'y a pas de doute. Philippe Couillard, Amir Khadir et Françoise David logent à la même enseigne. Gauche toute. On assiste à la création du Parti libéral du Québec solidaire. De quoi en décevoir plus d'un.

Cela n'augure rien de bon.

Je le réitère: la session qui vient de s'amorcer pourrait être très pénible pour les libéraux.

Les péquistes et caquistes me semblent prêts à saisir la balle au bond. Reste à voir qui de Pierre Karl Péladeau ou François Legault saura tirer le plus profit des drôles de lubies du premier ministre.