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Accepter ou non de défendre une cause

C’est un drame judiciaire de David Mamet qui rappelle 
l’affaire DSK que le Théâtre Duceppe a choisi de monter
sur ses planches. Mettant en vedette Benoît Gouin et
Frédéric Pierre, la pièce Race met en scène deux avocats qui
devront décider s’ils accepteront de défendre un 
homme blanc fortuné, accusé d’avoir agressé une 
femme noire dans une chambre d’hôtel de New York.
Photo courtoisie C’est un drame judiciaire de David Mamet qui rappelle l’affaire DSK que le Théâtre Duceppe a choisi de monter sur ses planches. Mettant en vedette Benoît Gouin et Frédéric Pierre, la pièce Race met en scène deux avocats qui devront décider s’ils accepteront de défendre un homme blanc fortuné, accusé d’avoir agressé une femme noire dans une chambre d’hôtel de New York.

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C’est la saison de David Mamet au théâtre québécois. Tandis que sa pièce Glengarry Glen Ross est présentement à l’affiche au Théâtre du Rideau Vert, une autre de ses pièces percutantes est présentée au Théâtre Duceppe.

Si l’histoire de Race rappelle celle de l’affaire Dominique Strauss-Kahn, cet homme politique et financier français, accusé d’avoir agressé sexuellement une femme de chambre noire dans un hôtel de New York, en 2011, c’est une pure coïncidence. En fait, l’auteur a écrit sa pièce bien avant les célèbres événements et elle a connu un important succès à Broadway en 2009.

«C’est une pièce coup de poing», lance d’entrée de jeu le comédien Benoît Gouin, qui interprète Jack Lawson, un avocat blanc travaillant pour une prestigieuse firme d’avocats. Avec lui se trouve son collègue, Henry Brown, un avocat noir, personnifié par Frédéric Pierre. «On pourrait la qualifier de thriller­­», ajoute-t-il.

Des propos percutants

La pièce tourne autour de propos percutants. «Il est question de sexe, d’argent et de racisme, confie le comédien. Des sujets dont on ne dit jamais toute la vérité.»

Ainsi, on découvrira Charles Strickland, campé par Henri Chassé, qui cherche un avocat pour défendre sa cause. «C’est un homme blanc, célèbre et fortuné», explique Benoît Gouin. L’homme, qui a beaucoup d’argent, est néanmoins dans le pétrin, accusé d’avoir violé­­ une femme noire dans une chambre d’hôtel­­. Jouissant d’une notoriété publique, l’homme est pointé du doigt et les médias ont révélé l’histoire au grand jour.

«L’accusé magasine un avocat», révèle l’acteur­­. Sachant que la firme compte des avocats de race noire et blanche, l’accusé ne s’y trouve pas par hasard. Il cherche le meilleur avocat pour le représenter.

Trouver la vérité

«On le cuisine et le questionne tout au long de la pièce», annonce Benoît Gouin, qui se présente tel un guerrier qui a envie de défendre cette cause. «On cherche la vérité.»

Les deux avocats expérimentés, qui ont l’habitude­­ de travailler ensemble accompagnés de leur assistante de race noire, ne vont pas l’épargner, considérant qu’il s’agit d’un sujet explosif tant pour l’opinion publique que pour les médias. S’agit-il de sa maîtresse ou d’une prostituée? Le mystère plane.

Chose certaine, les mensonges et les contradictions seront au rendez-vous.

«Cette pièce est une radiographie du système judiciaire, estime-t-il. C’est fascinant.»

Tandis qu’on célèbre, en février, le mois de l’Histoire des Noirs, et que les scandales sexuels ne cessent de faire la manchette – il suffit de penser à Marcel Aubut –, la pièce Race­­ tombe vraiment à point.

 

RACE

 

Auteur: David Mamet

Mise en scène: Martine Beaulne

Traduction: Maryse Warda

Distribution: Benoît Gouin, Frédéric Pierre, Henri Chassé et Myriam De Verger

Du 17 février au 26 mars

Au Théâtre Duceppe