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Le bûcher des vanités

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En 1987, un best-seller, Le bûcher des vanités, dressait un portrait inquiétant du monde qui nous attendait au détour. C’était avant internet, avant les médias sociaux, les trolls et les selfies, mais il montrait un monde «médiatisé» – dans lequel les symboles, les apparences et les perceptions ont plus d’importance que la réalité elle-même. C’est le genre de monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. La preuve: le procès Ghomeshi.

Dans le roman, un New-Yorkais s’égare un soir dans le Bronx. Il panique, se croyant menacé par un gang de rue. En fuyant, il frappe un jeune avec sa voiture. Banal. Mais, voilà: la victime est un ado noir. Sherman McCoy est Blanc, riche, et courtier sur Wall Street. Sur 1000 pages, un journaliste, un procureur ambitieux, des avocats, des flics, un activiste politique sans scrupules s’emparent de son histoire qui devient un mégascandale. McCoy lui-même n’a plus d’importance: son histoire a été confisquée par différents groupes d’intérêts. L’affaire Ghomeshi? Même chose.

Mégascandale

  • Le verdict contre l’animateur vedette de la CBC accusé de violence sexuelle ne sera pas connu avant le 24 mars, mais déjà:
  • Des groupes ont accusé CBC d’avoir congédié Ghomeshi sur la foi de témoignages anonymes.
  • D’autres, de l’avoir protégé pendant des années à cause de sa célébrité.
  • Les plaignantes contre Ghomeshi étaient généralement dépeintes comme ses «victimes».
  • Des féministes, qui déploraient le manque d’écoute des autorités face aux femmes violentées, disent maintenant que c’est le système judiciaire qui leur est préjudiciable.
  • La gauche dit que Gomeshi pourrait s’en sortir uniquement parce qu’il a les moyens de payer les meilleurs avocats, etc.

démocratie, vraiment ?

La prolifération des médias sociaux devait favoriser la démocratie, en donnant la parole à tous. Ce qu’on voit plutôt est qu’elle facilite la prise en otage de l’actualité par des militants de plus en plus stridents.

Pas sûr que ce soit un progrès.