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Un policier atteint mortellement dans le dos

Un Algonquin de 22 ans tue un agent sous les yeux d’enfants­

Thierry Leroux, un policier abattu à Lac-Simon le 13 février 2013.
Photo Facebook Thierry Leroux, un policier abattu à Lac-Simon le 13 février 2013.

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ROUYN-NORANDA  |  Un Algonquin de la communauté de Lac-Simon, près de Val-d’Or, a tué un policier à bout portant samedi soir avant d’écrire ce qu’il venait de faire sur Facebook et de retourner l’arme contre lui.
 
Le policier Thierry Leroux, 26 ans, et un de ses collègues de la police autochtone de Lac-Simon ont été appelés dans une résidence de la rue Papatie vers 22 h 30 pour répondre à un appel concernant une chicane. Il y avait plusieurs personnes dans la résidence au moment du drame, dont des enfants. 
 
Selon nos informations, les policiers n’ont même pas eu le temps d’intervenir auprès des belligérants qu’un coup de feu a atteint mortellement le jeune policier dans le dos. Les policiers auraient été pris par surprise et n’ont pas répliqué. 
 
Le présumé tireur, Anthony Raymond Papa­tie, 22 ans, a ensuite pris le temps de publier deux messages sur sa page Facebook. «Dsl tout le monde menvo asteur jai tuer un police», a-t-il écrit avant de retourner l’arme contre lui.
 
Le drame est survenu devant la maison du tireur.
photo agence qmi
Le drame est survenu devant la maison du tireur.
 
Impliqué
 
Thierry Leroux travaillait à Lac-Simon depuis six mois seulement. 
 
Malgré tout, il était déjà bien impliqué dans la communauté. «Les Blancs hésitent souvent à s’intégrer ici. Ça prend souvent du temps, mais pas pour lui. Il saluait tout le monde et il était très gentil. Il s’était inscrit dans une équipe de volleyball afin de mieux connaître les membres de la communauté. On voyait qu’il aimait les gens de la communauté», a indiqué le responsable de la Sécurité publique au conseil de Lac-Simon, Jean-Marie Papatie.
 
Armes 
 
Le tireur, Anthony Raymond Papatie, était également impliqué dans sa communauté. Il donnait des cours de crossfit et de musculation aux jeunes. Il a suivi une formation dans les Forces armées canadiennes il y a quelques années. Il possédait plusieurs armes à feu et n’hésitait pas à s’en vanter sur Facebook.
 

Dsl tout le monde menvo asteur jai tuer un police

Posted by Anthony Raymond Michel on Saturday, February 13, 2016
 
Une soixantaine des 1500 habitants de Lac-Simon ont marché hier après-midi afin de soutenir la famille des victimes. 
 
«Je ne sais pas ce qui a poussé le jeune homme à agir ainsi. Mais en tant que conseil de bande, on veut soutenir la famille du policier et du jeune homme de notre communauté. On veut aussi dire que ça n’a aucun lien avec ce qu’il s’est passé à l’automne avec les policiers de Val-d’Or», a raconté M. Papatie, en faisant référence aux femmes autochtones qui ont allégué avoir été violentées par des policiers de la SQ.
 
Des fleurs ont été déposées devant le poste de police.
 
Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a également offert ses condoléances sur Twitter et il a précisé que le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, était en communication avec les dirigeants de la communauté.
 
 
L’enquête a été confiée à la Sûreté du Québec. À la demande de la communauté, la SQ assurera jusqu’à nouvel ordre la sécurité dans la réserve puisque la douzaine de policiers du poste de Lac-Simon sont affectés par le drame.
 
TIREUR
Thierry Leroux, un policier abattu à Lac-Simon le 13 février 2013.
Photo courtoisie
 
Anthony Raymond Papatie, 
22 ans
  • Diplômé du programme d’enrôlement des Autochtones des Forces canadiennes
  • A écrit sur Facebook avoir cinq fusils, dont une carabine SKS
  • Il aurait eu des problèmes d’alcool, selon un ami
  • Semblait déprimé dernièrement
VICTIME
Thierry Leroux, un policier abattu à Lac-Simon le 13 février 2013.
Photo courtoisie
 
Thierry Leroux, 
26 ans
  • Originaire d'Amos
  • Policier à Lac-Simon depuis 6 mois
  • Impliqué dans sa communauté

 

Nation Anishnabe de Lac-Simon

 
  • Conseil tribal de la nation algonquine
  • 1650 résidents
  • Réserve indienne
  • Communauté située sur la rive ouest du lac Simon à 32 km au sud-est de Val-d’Or
  • À moins de 50 km du centre de services le plus près
 

Contexte difficile pour les policiers

Jean-François Brochu.
DANIEL MALLARD/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI
Jean-François Brochu.
 
Les policiers en début de carrière comme celui abattu samedi dernier sont souvent embauchés dans les réserves autochtones et doivent composer avec un «contexte difficile» et où «tout le monde a des armes», affirme un ancien policier de la SQ qui a longtemps travaillé avec les Premières Nations.
 
«Quand tu reçois un appel, tu ne sais pas vers quoi tu te diriges. Ce sont des interventions à très haut risque et samedi ça nous le démontre», explique l’ex-agent de la Sûreté du Québec, Jean-François Brochu.
 
D’ailleurs, le jeune Thierry Leroux, tué par balle par un résident de Lac-Simon, aurait été surpris par le tireur. 
 
«Le policier n’a aucune chance, car c’est la personne [tireur] qui a l’avantage tactique. Il choisit l’endroit où il s’installe avec son arme.»
 
Jeunes policiers
 
Si le policier a trouvé la mort, ce n’est pas à cause d’un manque d’expérience, selon M. Brochu.
 
«Des situations de pièges, c’est toujours ce à quoi les policiers seront confrontés, peu importe leurs années de service, dit l’ex-agent. Dans les communautés autochtones, tout le monde a des armes. En se rendant à un appel, les policiers [des réserves] le savent, mais tu n’as pas le choix d’y aller.»
 
Selon l’ancien agent, il est aussi difficile d’engager des Autochtones dans les corps policiers des Premières Nations.
 
«Ça ne se bouscule pas aux portes pour être embauché à la police de Lac-Simon, mais c’est plus facile pour un jeune qui commence [...] C’est un petit milieu et tout le monde se connaît alors les Autochtones ne se portent pas volontaires.  Alors les policiers qui sont engagés, sont des policiers blancs qui n’ont pas de lien direct avec la communauté.»