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Constats d’infraction: des bonis pour les cadres du SPVM

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MONTRÉAL |  Les cadres du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) recevront un boni à la performance, notamment sur les cibles atteintes en terme de constats d'infraction, ce qui créerait de la grogne chez les policiers sur le terrain, a appris TVA Nouvelles.

D'ailleurs, selon nos informations, le boni à la performance (non intégré au salaire) peut atteindre jusqu'à 8 % du salaire annuel du cadre. Par exemple, le cadre (commandant, inspecteur, inspecteur-chef, assistant-directeur) qui a un niveau de rendement «performant» va recevoir entre 1 % et 3,9 %, niveau de rendement «très performant», entre 4 % et 5,9 %, niveau de rendement «exceptionnel», entre 6 % et 8 %.

«Obtenir un boni à la performance entre 9000 $ et 12 000 $ par année grâce au nombre de contraventions émises par nos policiers, ça ne fait aucun sens», dénonce le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur.

Nos sources indiquent que le malaise est palpable aussi chez les cadres compte tenu du fait que leur boni est basé notamment sur le nombre de constats d'infraction émis par les policiers sous leurs ordres. D'ailleurs, la frustration gagnerait de nombreux agents qui, selon les dires, en auraient assez d'agir comme «des percepteurs de taxes» pour la Ville.

Les réactions sont également nombreuses chez la classe politique. L’opposition à la Ville de Montréal demande au maire Coderre de «mettre fin à cette initiative tout de suite».

«Les policiers doivent servir à trouver nos jeunes filles et nos jeunes garçons qui fuguent des centres jeunesse, ils ne doivent pas se transformer en machines à “tickets”», commente pour sa part le député caquiste François Bonnardel.

TVA Nouvelles a aussi communiqué avec le bureau du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux. S’il se dit «préoccupé» par la situation, le ministre mentionne ne pas vouloir s’ingérer dans la rémunération au SPVM.

Les cadres sont également évalués sur la gestion des appels, la sécurité routière, l'incivilité, la criminalité, l'expérience client (savoir-être).

Rappelons que l’ancien chef de police de la Ville de Montréal, Marc Parent, avait renoncé pendant les cinq ans de son contrat à ces bonis de performance parce qu’il était conscient de la controverse reliée aux quotas de contraventions.

La Ville de Montréal n'a pas voulu réagir et a indiqué que nos questions doivent être adressées au SPVM.