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À une défaite de la fin

«Je ne me rappelle pas d’un entraîneur ayant survécu à pareille débandade», écrit notre chroniqueur au sujet de Michel Therrien.
photo d’archives «Je ne me rappelle pas d’un entraîneur ayant survécu à pareille débandade», écrit notre chroniqueur au sujet de Michel Therrien.

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Une défaite ce soir contre l’Avalanche du Colorado et ce sera la fin des espoirs du Canadien de participer aux séries éliminatoires.

C’est le docteur en physique et grand mathématicien Alain Bonnier qui l’affirme. Et le soutient.

Le docteur Bonnier est aussi connu sous le nom de Monsieur BIT. Il a fait part de ses prédictions aux lecteurs de La Presse pendant de nombreuses années. Il s’est permis d’énoncer 95 prédictions. Il a eu raison 94 fois.

Le docteur Bonnier se sert de logarithmes très complexes pour ses calculs. La règle d’or est simple. Quand un événement descend en dessous de 5 pour cent, le docteur Bonnier se permet de faire une prédiction. Le corollaire est vrai quand on atteint 95 pour cent.

On retrouve maintenant le docteur Bonnier au 91,9 Sports. Hier après-midi, ses calculs donnaient 5,7 pour cent de chances aux Glorieux de participer aux séries. Une défaite contre l’Avalanche ferait tomber la Flanelle en dessous de la barre fatidique. Et le docteur Bonnier prédira alors son élimination. Une victoire ferait remonter les chances de l’équipe à 8 ou 9 pour cent et on aurait droit d’espérer.

D’autres sites de statistiques évaluent les chances du Canadien à moins de 10 pour cent. Mais ceux qui font les calculs n’ont pas de doctorat en physique et n’ont pas la réputation d’Alain Bonnier.

On fait quoi avec Michel Therrien? 

Les statistiques, c’est bien. Mais les faits et la réalité demandent plus qu’une analyse statistique. Je pense qu’on peut se permettre d’affirmer que dans n’importe quelle autre ville et avec n’importe lequel autre directeur général, le coach Michel Therrien serait déjà en vacances en Floride.

Michel Therrien
Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier
Michel Therrien

Je ne me rappelle pas un entraîneur ayant survécu à pareille débandade. Cette équipe est passée de 110 points à une torpeur totale. Pareille glissade ne s’est pas vue depuis les années 40.

Bien pire, l’inconduite des joueurs et même quelques petits juteux scandales ont ajouté une bonne dose d’épices à une prestation souvent honteuse. Lundi soir contre l’Arizona, c’était pitoyable. Une équipe désorganisée, des joueurs indifférents, un jeu défensif erratique et une attaque sans vigueur ont été le spectacle qu’ont pu admirer les fans, les fefans et les talifans.

Je veux être très bien compris. Je n’ai rien contre Michel Therrien. On ne se parle pas très souvent. Mais c’est maintenant évident que les joueurs n’écoutent plus le coach. Quelles que soient les raisons, cette équipe n’est plus une équipe. C’est une bande d’individus qui tentent de survivre dans un climat pollué.

Je ne fais pas partie du clan qui veut la tête du capitaine Max Pacioretty. Encore lundi soir, Pacioretty a essayé de relancer l’équipe. Il a obtenu de bons lancers. Et s’il n’a pas été crédité de plus de tirs au filet, c’est qu’il a raté la cible à quelques reprises. Mais je ne l’ai pas trouvé mou. Au contraire, il semble beaucoup trop tendu.

Max Pacioretty
Photo d'archives
Max Pacioretty

P.K. Subban... pus capable!

Vous avez vu P.K. Subban vendredi soir à Buffalo? Vous l’avez vu s’escrimer contre un juge de lignes qui a touché à la rondelle lors d’un déblaiement des Sabres?

Et vous l’avez entendu dire que chacun devait se regarder dans un miroir après le match à Glendale? Toujours cette attitude de grande-gueule qui est le seul à avoir le pas dans ce groupe de perdants...

P.K. Subban
Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier
P.K. Subban

Je le sais pour avoir parlé à quelques proches des joueurs. Une dizaine de Glorieux ne sont plus capables de l’endurer. Ses extravagances, ses cris de ralliement intempestifs et cette façon qu’il a de toujours attirer l’attention sur lui lors de certains événements (ex: le match du 1er janvier à Boston), font que de nombreux joueurs rêvent du jour où quelqu’un va le mettre à sa place. Et d’aplomb.

Malheureusement, Hal Gill est parti et Andreï Markov a décidé de l’endurer sans dire un mot.

Mais Subban est protégé par un contrat imposé par Geoff Molson. Et sa belle contribution auprès de l’Hôpital de Montréal pour enfants le met à l’abri de certaines critiques trop sévères.

CAREY PRICE... DANS QUEL ÉTAT ?

Dans toute ma longue carrière, je n’ai jamais vu une équipe s’effondrer de cette façon en perdant son gardien de but. Les Sabres de Buffalo avaient connu des difficultés quand Dominik Hasek s’était absenté pendant deux semaines au chevet de son père malade. Mais c’était deux semaines, pas deux mois. Et les équipes de Patrick Roy et de Martin Brodeur n’ont jamais été privées de leur gardien étoile pendant de longs mois comme c’est le cas avec Price.

Il ne faudra plus jamais oublier ce que vaut vraiment le Canadien sans son gardien... le meilleur joueur du monde. Même s’il revenait en pleine forme la saison prochaine. Quand on sait, on sait.

Et le temps est venu de scruter à la loupe les choix au repêchage de Trevor Timmins depuis 2008. Vous allez avoir des surprises.

Allez les Glorieux. Un petit effort. Une autre défaite, qu’on passe à autre chose. Allez, les gars, vous êtes capables...

Didier «Dieu le père» Drogba

Didier Drogba est arrivé à St. Petersburg hier. Il ne semblait pas de très bonne humeur. Il faut dire que son vol vers Orlando a été dérouté vers Atlanta et qu’il a passé de longs moments à poireauter avant d’atteindre la Floride.

Didier Drogba
photo d’archives
Didier Drogba

Il a fait chier les journalistes en arrivant à l’hôtel de l’équipe. Drogba est une star internationale habituée aux façons d’agir en Europe. Les journalistes sportifs sont souvent des ultra partisans qui mettent des gants blancs avant de sortir leur stylo pour prendre en note les paroles d’Évangile des Drogba de ce monde.

Au Québec, on est très poli avec les athlètes. Souvent beaucoup trop d’ailleurs, comme on le voit avec les perdants du Centre Bell. Ça joue plus dur aux États-Unis où on a encore tendance à se rappeler qu’on travaille non pour faire plaisir à la star, mais pour informer le public.

Je me dis que si Richard Legendre et Hughes Léger, les patrons des relations «humaines» chez l’Impact, ne sont pas capables de faire comprendre à Drogba que ça rendrait de précieux services à bien du monde s’il voulait bien être coopératif, alors, personne n’y arrivera.