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Joueurs à vendre

Les joueurs du Canadien ont joué comme s’ils avaient fait une croix sur la saison face aux Coyotes

Hurricanes c. Canadiens
photo d’archives Le Canadien joue comme une équipe qui n’a plus d’énergie, plus de confiance, plus de fierté.

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De la même manière que ses joueurs ont semblé le démontrer, Marc Bergevin a peut-être fait une croix sur la saison en voyant leur performance honteuse, lundi soir en Arizona. Cette équipe n’a plus rien dans le système et les tripes. Plus d’énergie, plus de confiance, plus de fierté, plus rien. Zéro! Fini! Kaput! C’en est absurde.

Lorsque Max Pacioretty déclare que la saison n’est pas terminée, il essaie de vendre un produit de très mauvaise qualité.

Quant à P.K. Subban, il n’a pas besoin de nous dire que l’équipe joue sans émotions.

Ça crève les yeux!

Du beau classique qui se dessinait en octobre, la saison du Canadien s’est transformée en un navet de série B.

Dur moment pour Geoff Molson

Bergevin n’a plus à se demander s’il sera acheteur ou vendeur d’ici à la date limite des transactions. Mais il doit en discuter avec Geoff Molson pour qui un printemps sans séries est comme un été sans soleil.

La pilule sera difficile à avaler pour le chef de la direction du Canadien. Les séries apportent beaucoup d’argent au moulin. Pourvu aussi que votre équipe fasse un long bout de chemin.

Pour plusieurs, mieux vaut que le Tricolore laisse tomber la course aux séries pour aller chercher un bon choix au repêchage. Mais encore là, les Leafs, les Oilers, les Sabres, les Blue Jackets, les Jets et les Flames sont mieux positionnés pour aspirer aux meilleurs choix.

Weise et Gilbert susceptibles de partir

Bergevin a 13 jours pour liquider des actifs qu’il ne voit plus dans ses plans.

Dale Weise et Tom Gilbert, qui seront admissibles à l’autonomie complète à la fin de la saison, sont susceptibles de partir.

Les deux disent n’avoir reçu aucune indication de leur agent que Bergevin soit ouvert à discuter contrat.

Connaissant la saison la plus productive de sa carrière, Weise est en position pour demander un contrat plus lucratif. Cela signifie probablement un salaire entre 1,5 et 2 M$ annuellement sur une période de trois ou quatre ans.

Maintiendra-t-il une récolte d’une quinzaine de buts par année?

Quant à Gilbert, il gagne déjà beaucoup d’argent avec son salaire de 2,8 millions.

Tom Gilbert
Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier
Tom Gilbert

On parle de deux joueurs interchangeables, tout comme Devante Smith-Pelly.

Y a-t-il preneurs dans la salle?

Bergevin pourrait-il conclure une grosse transaction?

Les chances semblent minces.

Le directeur général du Tricolore ne veut pas se départir de jeunes joueurs.

Quant à Tomas Plekanec, il gagnera encore au cours des deux prochaines années un salaire supérieur à sa valeur.

Lars Eller et David Desharnais pourraient intéresser des formations. Les deux en sont à l’avant-dernière année de leur contrat, lesquels comptent pour chacun 3,5 M$ sur la masse salariale.

Le portrait ressemble à cela pour le moment.

Gardien d’expérience demandé

À la fin de la saison, le statut de chaque joueur sera analysé.

Celui de Michel Therrien aussi.

Mais on peut déjà tirer une conclusion.

Cette équipe a démontré qu’elle ne possède pas beaucoup de caractère et qu’elle est fortement handicapée sans Carey Price.

Bergevin a commis l’erreur de ne pas lui trouver un gardien auxiliaire doté d’une bonne expérience de la Ligue nationale.

Alors qu’il s’entraînait avec les réservistes durant les séries du printemps dernier, Mike Condon se voyait poursuivre son apprentissage dans la Ligue américaine cette saison.

Meilleur que Dustin Tokarski lors du camp d’entraînement en septembre, il a reçu un abonnement de saison pour occuper le tabouret réservé au gardien numéro deux au bout du banc du Canadien.

Il s’en est bien tiré durant la première période d’absence de Price. Tout le monde était surpris et émerveillé que la troupe de Therrien ait récolté au moins un point dans sept matchs sur neuf (fiche de 5-2-2). Cependant, l’effet n’a pas été le même lorsque Price est retombé.

En fin de compte, Condon n’est pas à blâmer. Il fait son possible.

C’est moins évident pour Ben Scrivens dont le style échevelé donne des sueurs froides à tout le monde.

Les torts de Bergevin et Therrien

Bergevin et Therrien ont leur part de responsabilité dans cette saison cauchemardesque. Bergevin pour son incapacité d’avoir pu trouver des chevaux qui auraient permis à l’équipe de poursuivre sur sa lancée des trois dernières années.

Et pour son erreur de ne pas avoir cru bon de mettre la main sur un deuxième gardien fiable.

Quant à Therrien, il a la tâche de stimuler ses joueurs, particulièrement dans les moments difficiles.

À écouter ces derniers, l’entraîneur a encore la main haute sur sa chambre. Les joueurs ont répété cent fois que Therrien n’était pas en cause dans la chute de l’équipe.

Comment expliquer dans ce cas leur indifférence face aux Coyotes de l’Arizona?

Qu’ils ne disent plus qu’ils n’ont pas jeté l’éponge. Le morceau est trop gros à avaler quand on les voit s’écraser comme ils le font.

C’est à souhaiter que le beau temps se pointe tôt.

 

Rien n’indique que Price va revenir

Carey Price
CAPTURE D'ÉCRAN, TVA-SPORTS
Carey Price

C’est devenu un rituel à Brossard. Hier matin, Carey Price a sauté sur la glace à 10 h 32 accompagné d’un thérapeute sportif et de Jeff Petry pour poursuivre sa rééducation.

Le centre d’entraînement du Canadien était désert. Pas un chat sur l’autre patinoire ni sur le grand terrain de soccer.

Trois caméras télé

Le grand blessé était épié dans sa cage de verre par des caméras de TVA Sports, RDS et Sportsnet, qui campaient du côté du bar.

Non, le bar n’était pas ouvert, coquins que vous êtes!

C’est le Price Watch.

Les caméras ne doivent  rien manquer des gestes de Price.

Tout d’un coup qu’il tomberait et qu’il se blesserait, m’a expliqué un d’entre eux en reprenant les mots d’un patron. C’est comme ça depuis cinq semaines.

Price m’a salué de la tête, mais pas moyen de lui parler. Il rencontrera les journalistes dans une mêlée de presse quand l’équipe le jugera à propos.

Pour le moment, on continue à dire qu’il n’y a rien de neuf à rapporter.

Sans équipement

Si vous voulez mon humble avis, il serait étonnant que Price revienne au jeu cette saison. Il ne porte toujours que ses patins de gardien.

Pas de jambières, pas de bouclier, pas de mitaine, pas de plastron, rien de ça.

Il est vêtu d’un survêtement, coiffé d’un casque protecteur de joueur arborant son numéro 31.

Il porte aussi des gants de joueur et lance des rondelles, beaucoup de rondelles.

Il a un bon tir, le gardien!

Pas de gestes brusques

On ne sait à quoi rime cette affaire.

Price peut patiner en ligne droite, mais il y va mollo sur les mouvements latéraux. Il ne fait rien de brusque.

Après des semaines de tergiversations, les médias se sont avancés à dire que c’est son genou droit qui l’incommode.

Peut-être que oui.

Peut-être que non.

Dernièrement, un ancien joueur de l’organisation me disait qu’il croyait plutôt à une blessure à l’aine ou à une hernie sportive.

Allez donc savoir!

Le Canadien en fait un secret d’État.

Jamais vu ça en 34 années de couverture de l’équipe. C’est le coup le plus réussi de l’organisation cette saison.

Pourquoi tant de mystère?

Sa carrière est-elle en péril?

Quant à Price, il semble s’être fait à la situation. Il avait le cœur léger hier.

Il souriait et s’amusait de ses bons tirs qui trouvaient refuge dans les petites ouvertures d’un gardien cible.

Pour ceux que ça intéresse, l’exercice a duré 81 minutes.