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La réalité virtuelle pour traiter la dépression

Des chercheurs obtiennent des résultats rapides

Lonely Woman
Sondem - Fotolia Neuf cobayes sur 15 ont vu l’intensité des symptômes dépressifs diminuer en un mois seulement.

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Chez certains patients, l'immersion dans le monde virtuel permettrait d'atténuer les symptômes de la dépression. Afin de tester cette idée, des équipes des University College à Londres et ICREA-University de Barcelone ont équipé 15 patients âgés de 23 à 61 ans de casques de réalité virtuelle.

Les participants ont observé les gestes d'un personnage virtuel à leur image. Voir bouger leur avatar leur a permis de faire corps avec lui.

L'expérience s'appuyait en réalité sur deux avatars différents. Le premier était adulte et faisait preuve de compassion. L'exercice consistait à réconforter un enfant en pleurs.

Pour faire ressentir cette compassion aux participants, les rôles ont ensuite été inversés: ils se sont glissés dans la peau de l'enfant virtuel et ont vu leur propre avatar adulte leur témoigner de la compassion.

Cette courte expérience de huit minutes a été répétée trois fois à une semaine d'intervalle.

Un mois plus tard, l'équipe a remarqué que neuf individus avaient vu l'intensité de leurs symptômes dépressifs diminuer. Quatre sur ces neuf individus ont rapporté une réduction significative de leurs symptômes.

Autres effets bénéfiques

Les chercheurs ont également remarqué que les individus faisaient preuve d'une plus grande compassion à l'égard d'eux-mêmes et se montraient moins sévères dans l'autocritique, deux attitudes négatives que l'on retrouve chez les dépressifs.

Si ces résultats semblent prometteurs, un test d'une envergure si peu importante et sans groupe témoin pose des limites, ce qui ne permet pas aux chercheurs d'affirmer que la réduction des symptômes était bien liée à l'utilisation de la réalité virtuelle.

Co-auteur de l'étude, le professeur Mel Slater déclare: «Nous espérons approfondir cette technique et conduire un test à une autre échelle afin d'en vérifier de façon plus certaine les avantages cliniques. Si un bénéfice important est observé, alors cette thérapie aura un grand potentiel».

Slater ajoute que l'offre récente de systèmes de réalité virtuelle abordables, à installer chez soi, permet d'imaginer la généralisation de cet usage thérapeutique.

Adieu phobies

Par ailleurs, les casques de réalité virtuelle sont de plus en plus utilisés dans le domaine de la santé.

«L'anxiété peut être réduite chez les patients qui en sont victimes en les exposant à des stimulis liés à leurs phobies dans des environnements virtuels thérapeutiques dérivés des jeux informatiques», affirme ainsi Stéphane Bouchard, titulaire de la chaire de recherche du Canada en cyberpsychologie.

Ses études menées depuis une dizaine d'années ont prouvé qu'associer une thérapie cognitive classique à l'usage d'un casque de réalité virtuelle donnait de meilleurs résultats et en moins de temps.

L'enjeu est important, car, comme il le rappelle, les phobies spécifiques, causant une peur excessive, d'une situation, d'un objet ou encore d'une circonstance particulière, toucheront 11,3% de la population au cours de son existence dans un pays tel que les États-Unis.