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Le troublant témoignage d'une victime présumée de Jutra

Claude Jutra
Photo d'archives Claude Jutra

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Deux jours après la sortie de l’autobiographie pour le moins controversée sur Claude Jutra, une victime présumée vide son sac et soutient avoir été agressée pendant 10 ans par le réalisateur.

Dans un témoignage de quatre heures accordé à La Presse+, Jean (nom fictif) raconte sa relation particulière avec Claude Jutra, avec qui il aurait des liens familiaux.

Jean passait beaucoup de temps avec l’homme puisque ses parents entretenaient une bonne relation avec lui.

Selon la victime présumée, le populaire cinéaste a commencé à exiger de longs câlins le soir quand il s’étendait près de lui dans son lit. Jean a raconté que lorsqu’il était âgé de 6 ans, il se couchait sur lui et lui caressait le sexe avec son corps. Quand le garçon a atteint la puberté, au milieu des années 70, Jutra serait passé à la deuxième vitesse. «Au début, on devait s’embrasser, a-t-il raconté à La Presse+. Progressivement, [Claude] a commencé à me masturber, puis à me faire des fellations.»

Quelques années plus tard, le réalisateur aurait voulu que l’adolescent lui fasse une fellation. Le jeune homme aurait refusé, avant de le frapper au visage.

Peu de temps après, Jean a quitté la résidence familiale pour entreprendre des études loin de Montréal.

La victime présumée a confié avoir été lourdement traumatisée par les agressions répétées. Il a été suivi par un psychologue pendant plusieurs années et a suivi une thérapie avec des hommes victimes d’agressions sexuelles dans leur enfance.

Puis, sont apparus les problèmes d’alcool et de drogue, en plus de commettre plusieurs délits.

Selon ses proches, Jean n’a jamais eu la chance de devenir un homme parce qu’il n’a pas eu l’encadrement nécessaire. Sa sœur a affirmé qu’il était toujours un enfant, d'une certaine façon.

Quelques semaines après que Claude Jutra se fut suicidé en 1989, sa victime présumée a eu le courage de dénoncer pour la première fois ce qu’elle aurait subi.

Mercredi matin, la ministre de la Culture Hélène David a demandé le retrait du nom Jutra pour la soirée et les prix qui récompensent les artisans du cinéma. Peu de temps après, le maire de Montréal, Denis Coderre, a indiqué que la Ville retirera le nom du cinéaste d’un parc et d’une rue.