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Une rue réclamée pour Mme Bou!

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SHERBROOKE | Des citoyens se mobilisent pour qu'une dame affectueusement surnommée « Madame Bou » puisse être honorée à la suite de son décès. L'un d'eux a mis en ligne une pétition afin qu'une rue soit nommée en son nom à Sherbrooke.

Madame Bou, de son vrai nom Francine Lafond âgée de 63 ans, a été retrouvée dans son appartement vendredi dernier, terrassée par un infarctus.

La dame avait l'habitude de surprendre les gens qui fréquentent le centre-ville de Sherbrooke simplement en leur faisant un petit «bou». Le geste, effectué sans aucune malice, déclenchait de nombreux fous rires sur les terrasses de la rue Wellington et dans les commerces.

«J'ai souvent dit à mes amis qu'ils n'étaient réellement Sherbrookois tant qu'ils ne s'étaient pas fait surprendre par Madame Bou», raconte l'initiateur de la pétition, Philippe Fortier.

Cet étudiant en Droit à l'Université de Sherbrooke souhaite que la mémoire de la dame soit soulignée de manière permanente. En deux jours, plus de 500 signataires provenant des régions de Québec, Montréal, de la Gaspésie et même d'aussi loin que la France se sont manifesté.

Une impossible rue «Madame Bou!»

La présidente du comité de toponymie de la Ville de Sherbrooke, Hélène Dauphinais, croit qu'il sera difficile qu'une rue soit nommée en l'honneur de Madame Bou. D'abord, jamais les rues ne sont nommées par le surnom de la personne honorée. Ensuite, la contribution de la personne doit être clairement illustrée.

«On voit la contribution d'une personne dans la société par ses implications bénévoles, politiques ou par la création d'une entreprise. Dans la cas de Mme Lafond, de prime abord, ce n'est pas évident », explique Mme Dauphinais.

Actuellement, le comité a une centaine de noms à sa disposition dans sa banque. À chaque année, une vingtaine d'autres s'ajoutent.

Un honneur familial

Pour l'instant, les proches de Francine Lafond s'assurent que celle-ci puisse reposer en paix. Dans cette famille native de Coaticook qui compte 10 enfants, le choc est grand devant ce décès soudain.

«Francine avait un cœur d'enfant. Tout l'illuminait et elle se contentait de peu», raconte la sœur de la défunte, Linda Lafond.

Selon Mme Lafond, sa sœur Francine aimait son personnage de Madame Bou et en tirait bien du plaisir. Maintes fois, celle-ci racontait comment elle avait surpris les gens et comment ils avaient réagi. Sans enfant, la dame s'était créé un réseau au centre-ville où elle pouvait aller prendre une bière, casser la croûte au restaurant et sortir dans les bars.

«Francine aimait beaucoup les gens. Donner un sourire, pour elle, c'était beaucoup. Elle va nous manquer énormément... son sourire et sa joie de vivre», ajoute-t-elle avec un trémolo dans la voix.