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Commission parlementaire : feu nourri contre Uber

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Les opposants au service de transport Uber ont défilé au salon rouge pour dénoncer cette entreprise qui aurait caché au fisc près de 20 M$ selon eux.

«C’est 20 M$ de taxe que le gouvernement n’a pas perçue. Et on pense que ce n’est pas au bénéfice de la population», a affirmé l’ancien dragon et propriétaire de Téo Taxi Alexandre Taillefer mercredi en marge de la commission parlementaire sur l’avenir de l’industrie du taxi. Il estime cet évitement fiscal sur la base du nombre de transports effectués par mois rapporté par Uber, soit 450 000.

M. Taillefer a des mots durs pour la multinationale. «Ils utilisent le travailleur autonome pour faire ce qui est carrément de l’esclavagisme. Quand on voit ce qu’ils font à travers le monde, ce sont des cowboys. Il faut mettre le pied à terre», a-t-il dénoncé.

Il propose une taxe spéciale de 1,10 $ par transport Uber pour dédommager les propriétaires de permis de taxis. «Moi je respecte la loi et je loue mes permis, ça me coûte 1,85$», a-t-il affirmé. Il croit aussi qu’Uber devrait avoir la responsabilité de payer au fisc québécois la TPS et la TVQ, comme son entreprise doit le faire.

Des mots durs pour Guillemette

D’autres porte-parole du taxi ne se sont pas gênés pour critiquer personnellement le directeur général d’Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, qui se dit victime d’intimidation. «Il a semé la bisbille partout. Il a frondé partout. Il a désobéi au ministre qui lui a demandé d’arrêter. Il a envoyé paitre à peu près tout le monde dans la société. Pour moi, celui qui se plaint d’intimidation, c’est parce que, franchement, il n’est pas à l’aise dans ses culottes par rapport à ce qu’il fait», a affirmé l’ancien ministre des Transports Guy Chevrette, qui est négociateur pour l'industrie du taxi.

Il s’oppose à toute forme de rachat des permis, trop nombreux sur les routes depuis l’arrivée d’Uber. À son avis, ce serait l’équivalent d’une expropriation. «On va mettre 22 000 personnes sur le BS. Vous pensez qu’ils vont regarder par la fenêtre et se dire : Uber est-il bon?», a lancé M. Chevrette, qui estime que cette situation créerait une crise sociale. «Ça serait désastreux, ça provoquerait de l’anarchie. Ça serait très très très mauvais pour le climat social», a-t-il tonné.

Du côté du syndicat des Métallos, on demande une augmentation des amendes qui sont données aux chauffeurs d’Uber qui sont en infraction avec les lois sur le transport.

D’autres intervenants croient toutefois qu’il faudra aménager une place pour Uber les autres entreprises technologiques qui veulent exploiter «l’économie du partage». Le représentant de Projet Montréal Guillaume Lavoie estime que les grosses entreprises aux poches profondes sont les seules à pouvoir réussir dans un flou juridique. Si on veut de la concurrence, les règles devront être clarifiées.

Il souligne aussi que les lois québécoises ne sont plus adaptées aux nouvelles technologies. Durant les années 1980, les législateurs ont interdit les écrans dans les automobiles pour empêcher les automobilistes d’utiliser une télé portative. Des années plus tard, cette loi rendait donc les GPS illégaux. Parfois, il faut changer la loi, a-t-il résumé en substance.