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Uber et ses chauffeurs dans la mire du fisc

Jacques Daoust
Photo Agence QMI, Simon Clark Jacques Daoust

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Le gouvernement Couillard veut récupérer les impôts non payés par Uber et ses chauffeurs.

«Je suis prêt à le regarder», a lancé le ministre des Transports Jacques Daoust jeudi, quelques heures avant le début de la commission parlementaire sur l’avenir de l’industrie du taxi.

M. Daoust a bien noté qu’Uber se vante d’effectuer 300 000 transports de personnes par mois. L’entreprise se présentera à l’Assemblée nationale en fin d’après-midi. «Ce chiffre, je l’ai en tête, on va leur poser des questions, c’est très clair: près de 300 000 transactions, c’est beaucoup d’argent qui devrait être imposé et taxé», a-t-il ajouté.

À son avis, Uber et ses chauffeurs s’adonnent librement à de l’évasion fiscale. Et les deux parties sont responsables. «Uber envoie un paiement. Il détient une information précieuse. Et comme travailleurs, vous avez la responsabilité de le déclarer», a-t-il lancé au cours d’un second point de presse à l’entrée de la commission.

Ce travail au noir, complètement illégal, indispose M. Daoust. Il ne sait pas toutefois s’il a tous les outils fiscaux pour récupérer ce magot. «Je ne suis pas persuadé que je suis capable de le faire», a admis le ministre. «Quand je vois une automobile tourner en rond au centre-ville de Montréal, je me doute bien qu’il travaille», a-t-il déploré. Il ne sait pas toutefois s'il a le pouvoir d'exiger qu'Uber montre patte blanche et donne à Revenu Québec son registre de transactions.

Malgré l’illégalité de son service Uber X, l’entreprise sera toutefois accueillie dans l’enceinte du Parlement en fin d'après-midi. «Ce qu’ils font actuellement, ça ne respecte pas les règles que nous avons et c’est inéquitable pour les chauffeurs de taxi. Mais ce n’est pas en refusant d’entendre un parti qu’on va faire le tour du débat», a soutenu Jacques Daoust. Il se dit toutefois «déçu» du comportement de la multinationale, qui a refusé de suspendre ses services pour montrer «sa bonne foi.»

À l’extérieur de l’Assemblée nationale, des chauffeurs de taxi furieux ont encerclé le parlement et usé du klaxon pour dénoncer leur compétiteur. Ces derniers jugent qu’Uber devrait tout simplement être banni.

Au cœur du problème: 8500 permis qui ont une valeur globale de 1,7 milliard $. Si Québec abandonne la gestion de l’offre, les chauffeurs qui se sont endettés pour acheter un permis dans le marché de la revente vont perdre leur chemise. Or le gouvernement Couillard n’a pas l’intention de dédommager qui que ce soit. «L’État ne va pas dépenser 1,7 milliard pour racheter les permis», a averti M. Daoust.

La commission parlementaire a été annoncée récemment par le ministre des Transports, qui souhaite trouver une solution au nouveau modèle d’affaire d’Uber, qui contrevient aux lois et règlements du Québec.