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«Je n’ai jamais rien su ou vu à ce sujet» -Mario Dubuc

Mario Dubuc - Jutra
Photo Courtoisie Mario Dubuc s’est mis à la peinture décorative par aérographe guidé par le défunt cinéaste Claude Jutra, qu’il avait rencontré lors du tournage du film Mon Oncle Antoine, en 1970 à Thetford Mines.

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Un des jeunes comédiens qui a joué dans le film Mon oncle Antoine, de Claude Jutra, a été estomaqué d’apprendre les récentes allégations de pédophilie visant le réputé réalisateur.

«Ç’a vraiment été une onde de choc d’apprendre ça. Je n’ai jamais rien vu ou su à ce sujet», a lancé hier Mario Dubuc.

Le film Mon oncle Antoine a été tourné à Thetford Mines en 1970. Une dizaine d’adolescents de la région ont été choisis afin d’y camper un rôle, dont M. Dubuc. Il jouait l’un des fils de la famille Poulin. Même après le tournage du film, il est resté en contact avec Claude Jutra.

«Il venait nous visiter à Thetford Mines, j’allais le voir à Montréal, souvent pour des jobs de postsynchronisation sur des productions», a-t-il dit.

Mais à la demande de ses parents, lorsqu’il se rendait dans la grande métropole, M. Dubuc n’était jamais seul. Il était en effet souvent accompagné de son ami de toujours, Jacques Gagnon, interprète de Benoit, l’un des personnages principaux dans Mon oncle Antoine.

«On avait environ 15 ou 16 ans, on dormait chez lui, on était bien traités. On n’a jamais rien vu de suspect ou de déplacé», a-t-il ajouté M. Dubuc.

Embarrassant et triste

À cette époque, il se doutait que Claude Jutra était homosexuel. Mais jamais il n’a pensé à la pédophilie.

«Je savais qu’il aimait les hommes... mais les petits gars? Non!» a-t-il dit.

Malgré tout, M. Dubuc avoue être très mal à l’aise avec toutes ces révélations concernant des allégations d’agressions sur de jeunes garçons.

«Je me demande pourquoi on déterre ça maintenant. Il est décédé depuis longtemps, il n’est plus là pour se défendre», a-t-il exposé, ajoutant ne jamais avoir été contacté par l’auteur de la controversée biographie sur Jutra, Yves Lever.

«En même temps, je trouve ça triste. Si tout ça est vrai et que des victimes sont aujourd’hui malheureuses à cause de lui, c’est très grave», a-t-il ajouté.

Mario Dubuc gardera malgré tout un bon souvenir des moments passés avec Claude Jutra. C’est d’ailleurs ce dernier qui l’avait encouragé à développer son côté artistique, plus jeune.

«Il m’avait fait entrer à l’Office national du film. Mes parents trouvaient que j’étais trop jeune. Mais Jutra m’encourageait à faire des films», se souvient-il.

Un guide

Spécialiste de la peinture décorative par aérographe (aussi appelée airbrush), M. Dubuc explique que c’est grâce au réalisateur s’il s’adonne aujourd’hui à cet art.

«C’est lui qui avait vu mon talent. Il a été un guide pour moi», a-t-il expliqué.

Malgré tout, il trouve raisonnable que son nom ne soit plus associé au domaine public.

«C’est malheureux pour lui, mais si ça représente l’image d’un pédophile, ça ne peut pas rester ainsi», a-t-il dit.

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