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L’effet libéral: encore moins d’emplois!

ARG-AIR CANADA BOMBARDIER
Photo Agence QMI, Michel Desbiens

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Les réjouissances béates du premier ministre devant l’intention d’Air Canada d’acquérir des CSeries de Bombardier et la suppression de 2000 postes au Québec est une autre manifestation de l’impuissance de ce gouvernement à relancer l’emploi et, par conséquent, de son incapacité à revigorer l’économie québécoise.

Un milliard trois cents millions plus tard, milliard dont nous sommes loin d’être sûrs de revoir la couleur, le Québec aura déboursé un lourd tribut aux amis du pouvoir pour encore échapper quelques milliers d’emplois de qualité et renoncer à ses poursuites contre Air Canada. Ces poursuites découlaient du transfert des opérations de la compagnie d’entretien d’avions Avéos. Cette délocalisation des opérations avait entraîné la disparition de 2600 postes en 2012.

Air Canada peut bien faire miroiter que l’entretien des avions CSeries se fera à Montréal, mais on demeurera bien loin des emplois perdus, ne réussissant même pas à rattraper ceux de 2012. Notre premier ministre «jovialiste» y voit une occasion de croissance alors que Bombardier devient de moins en moins Québécois. C’est peut-être vrai pour des gens qui placent leur argent dans les paradis fiscaux, mais c’est un drame pour ceux qui veulent gagner leur croûte au Québec.

Parallèlement à cette descente progressive aux enfers, des travaux parlementaires sont réalisés sur nos seuils d’immigration et sur l’adéquation entre la formation et la main-d’œuvre. C’est le comble de l’incongruité que de vouloir pénaliser les assistés sociaux s’ils ne s’inscrivent pas dans un programme de formation pour occuper des emplois qui disparaissent. Encore plus grotesque, ce serait d’augmenter le nombre d’immigrants qui viendraient augmenter le nombre de chômeurs.

Il ne faudra cependant pas se surprendre si ces dernières éventualités survenaient. Ce gouvernement est toujours empressé de répondre aux doléances de ces petits amis. Le projet de loi 70, maintenant piloté par le ministre Blais, est un cadeau au patronat qui voudrait des formations rapides et peu qualifiantes pour combler des besoins immédiats. Il en découlerait des travailleurs avec une très faible capacité de mobilité en cas de perte d’emploi. Pénalités aux assistés sociaux, diminution de l’influence des groupes reliés à l’emploi et disparition progressive du fonds de formation de la main-d’œuvre caractérisent cette mixture imbuvable qui ne servira ultimement qu’à accroître l’asservissement des travailleurs les plus démunis.

L’appétit des employeurs est tout aussi grand pour hausser les seuils d’immigration tout en étant prêts à rogner sur certains articles de la loi 101 relativement à la langue de travail. Prétextant des craintes de pénurie ou de rareté de travailleurs dans certains domaines d’activité, le patronat veut surtout inonder le monde du travail d’un surplus de main-d’œuvre qui créera une pression à la baisse sur la rémunération. C’est une autre façon pas très galante d’asservissement.

Pendant que nos fleurons économiques s’étiolent, monsieur Couillard fait le vert pour mieux se préparer à laisser passer l’oléoduc Énergie Est qui transportera du pétrole sale avec les risques que cela comporte et aucune profitabilité pour les emplois au Québec.

Négociateur à genoux devant Ottawa, il essaie de nous bercer de l’illusion de jours prospères. Jusqu’à présent, ses promesses tardent toutefois à se réaliser dans un Québec aux institutions de plus en plus mal en point.