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Khadir et des chauffeurs de taxi portent plainte à la SQ contre Uber

Le député solidaire Amir Khadir repart en taxi après avoir déposé sa plainte à la SQ.
Pierre-Olivier Fortin Le député solidaire Amir Khadir repart en taxi après avoir déposé sa plainte à la SQ.

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Quatre chauffeurs de taxi et le député solidaire Amir Khadir se sont rendus au quartier général de la Sûreté du Québec (SQ), jeudi matin, jour du début des travaux de la commission parlementaire, pour porter plainte pour fraude contre deux dirigeants d’Uber.

Quelques chauffeurs ont joué du klaxon pour soutenir le groupe au moment d’entrer dans l’édifice de la SQ, boulevard Pierre-Bertrand.

À leur sortie, après avoir soumis «une série de documents» et discuté pendant plus d’une heure trente avec des représentants de la SQ, l’élu a expliqué que sa plainte avait été faite en vertu de l’article 380.1 (fraude) du Code criminel voulant que «quiconque, par supercherie, mensonge ou autre moyen (...) frustre le public ou toute personne (...) de quelque bien, service, argent ou valeur». La peine maximale est de 14 ans d’emprisonnement.

La plainte vise le directeur général d’Uber au Canada, Ian Black, et son homologue québécois Jean-Nicolas Guillemette.

Les quatre chauffeurs qui ont aussi déposé une plainte : Richard Allison, Nancy Drolet, Hicham Berouel (porte-parole du mouvement La révolte des taxis contre l'injustice) et Hamid Nadji (président du Regroupement des propriétaires de taxis de la Capitale).
Photo : Pierre-Olivier Fortin
Les quatre chauffeurs qui ont aussi déposé une plainte : Richard Allison, Nancy Drolet, Hicham Berouel (porte-parole du mouvement La révolte des taxis contre l'injustice) et Hamid Nadji (président du Regroupement des propriétaires de taxis de la Capitale).

Le geste de M. Khadir se veut aussi un avertissement à l’endroit des «jeunes chauffeurs» d’UberX qui «se font leurrer» leurs dirigeants qui leur laissent croire que leurs activités sont légitimes. «Ce que les conducteurs doivent savoir, c’est que quand une personne utilise des moyens trompeurs ou porte préjudice à d’autres personnes comme en ne payant pas de taxes, il prive d’autres personnes d’un juste revenu et c’est une infraction en matière de crime économique, et ça peut entrainer des peines de prison.»

Les chauffeurs de taxi remarquent déjà une chute de revenus de l’ordre de 30 % depuis l’entrée en fonction d’UberX. Nancy Drolet fait partie des quatre chauffeurs qui ont porté plainte. «Je travaille 12 heures par jour, dit-elle, je ne peux pas en faire 15.»

Le dépôt de ces plaintes, jeudi, coïncide avec le début des travaux de la commission parlementaire sur le transport rémunéré de personnes par automobile à l’Assemblée nationale. Les représentants d’Uber, de l’industrie du taxi et des villes, entre autres, seront entendus par les élus. Des chauffeurs de taxi manifestent, jeudi, devant l’Assemblée nationale.

Les députés québécois sont divisés sur la question, mais le Parti libéral du Québec a tranché la question en début d’année en affirmant qu’Uber était là pour rester qu’il fallait trouver un moyen d’encadrer cette façon de faire.

Les élus de Québec solidaire et du Parti québécois sont farouchement opposés à UberX et soutiennent que, selon les lois actuelles, ses activités sont illégales.

Plusieurs chauffeurs de taxi sont prêts à aller très loin pour défendre leur gagne-pain qu’ils sentent menacé par Uber. Ils l’ont rappelé, la semaine dernière, en accueillant les élus au parlement avec un concert assourdissant de klaxons.

Les chauffeurs de taxi ont également organisé plusieurs moyens de pression à Montréal, notamment en bloquant des voitures au centre-ville et en manifestant à l’aéroport.

En plus de la plainte pour fraude, des membres de la direction d’Uber sont poursuivis pour «participation à la commission d’une infraction», rapporte Le Soleil.

Trois constats on été remis à Uber Canada au tournant de l’année relativement à des transports illégaux effectués dans la couronne nord de Montréal.

Le responsable d’Uber au Québec, Jean-Nicolas Guillemette, a lui aussi reçu des constats d’infraction pour ces trois transports, en plus d’un autre effectué à Québec en octobre dernier, ajoute Le Soleil.

«Ça ne nous arrêtera pas», répond Jean-Nicolas Guillemette

Jean-Nicolas Guillemette, directeur général d'Uber au Québec, n’a pas l’intention de reculer. «L’objectif de cela, c'est de nous faire peur et de me faire peur personnellement. L'intimidation, que ce soient les partenaires-chauffeurs ou moi personnellement, qui a deux jeunes enfants, ça ne nous arrêtera pas», a-t-il déclaré en point de presse à Montréal.

M. Guillemette a également invité le député Khadir à consulter davantage la population qu’il représente, au centre-ville de la métropole.

«Le Plateau Mont-Royal est l'endroit au Québec où on a le plus de demandes, soit plus de 4000 personnes qui téléchargent l'application par mois. Je pense que le message envoyés par les concitoyens est extrêmement clair et son devoir est de représenter la population, pas les intérêts de l'industrie du taxi.»

- Avec la collaboration de Caroline Lévesque à Montréal