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Son rêve de jeune entrepreneure compromis par la CCQ

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Le rêve d’une jeune entrepreneure d’ouvrir sa boutique est sur la glace depuis que des inspecteurs de la CCQ lui ont interdit de repeindre son nouveau local.

Moins d’un an après le début de la vente en ligne de ses produits Bigarade, de la literie faite avec des tissus d'époque, Geneviève Lorange a loué un local sur la rue Sainte-Catherine Est, pour y accueillir ses clients dès le 1er avril.

Mais la visite, le 10 février dernier, d’inspecteurs de la Commission de la construction du Québec (CCQ), a mis son projet sur la glace.

«Ils m’ont dit que je ne pouvais pas faire de travaux moi-même et que je devais embaucher un entrepreneur avec une licence», explique la femme de 32 ans.

Il faut dire que son nouveau local, pas repeint depuis près de 20 ans, manquait un peu d’amour.

«J’ai fait de la peinture, du plâtre et sabler les planchers, comme ce n’était pas des travaux majeurs, je me suis dit que j’allais mettre ça propre moi-même.»

Ces «améliorations» faisaient d’ailleurs partie du bail signé entre la locataire et son propriétaire.

Interdit par la loi

Faisant valoir la loi R-20, des inspecteurs de la CCQ la préviennent de l’illégalité de sa démarche.

La loi R-20 stipule que tous les travaux de fondation, d'entretien, de rénovation ou de réparation effectués dans un local commercial doivent être réalisés par des entrepreneurs qualifiés.

L’article 19.2 indique également que cette loi ne s’applique pas «aux employeurs, salariés ou entrepreneur autonome», ce qui est le cas de Mme Lorange.

Pas notre cible, dit la CCQ

Sans expliquer cet article, la CCQ a indiqué que «la cible prioritaire des équipes d’inspection, [ce] sont les contrevenants lourds et chroniques, et non pas ce type de situation».

Interrogé par Mme Lorange sur la raison de cette loi, un inspecteur a rappelé : «il y a des gens qui ont des entreprises légitimes qui payent leurs cotisations patronales annuellement et payent leur licence à la Régie du bâtiment du Québec, ces contrats-là leur reviennent de droit», a-t-il dit sans savoir que la personne qui l’accompagnait était du journal «24 Heures».

La présidente de la CCQ, Diane Lemieux, a refusé notre demande d’entrevue.

Entrepreure coincée

Depuis la visite des inspecteurs, Geneviève Lorange dit avoir cessé les travaux et chercher une alternative.

«Le problème c’est que je n’ai pas les moyens de faire appel à un entrepreneur, explique celle qui ne comprend pas le but de la loi. Pour des travaux d’électricité ou de plomberie, je comprends qu’il y a des enjeux de sécurité, mais dans mon cas, c’est de la finition.»

Si la situation la désole, c’est aussi parce qu’elle y voit un frein à l’entrepreneuriat. «Quand on débute en affaires, on a des budgets serrés et on fait attention à nos dépenses», plaide Geneviève Lorange.

Un point de vue partagé par la SDC Promenades Hochelaga-Maisonneuve.

«Cette loi met des bâtons dans les roues des jeunes entrepreneurs qui se lancent avec toute la bonne volonté du monde et mettent souvent leur énergie dans leur produit, constate le directeur général Jimmy Vigneux. Si on veut que Montréal grandisse, on veut que le Québec ait de nouveaux entrepreneurs, mettons les conditions favorables.»

À la suite des démarches du «24 Heures» et des appels à la CCQ de Mme Lorange, l'adjointe de Mme Lemieux aurait confirmé à l'entrepreneure qu'un agent allait rentrer en contact avec elle pour résoudre la situation. https://bigarade.io/