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Télé-Québec modifie sa grille à cause de l’affaire Jutra

Cet épisode de Justice raconte la troublante histoire de Sarah Bureau, victime d’agression sexuelle à 4 ans.
Photo courtoisie Cet épisode de Justice raconte la troublante histoire de Sarah Bureau, victime d’agression sexuelle à 4 ans.

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En raison du scandale concernant Claude Jutra, Télé-Québec a décidé d'avancer la diffusion d’un épisode de Justice, une minisérie documentaire de Catherine Proulx. L’émission consacrée aux victimes d’actes criminels, qui devait initialement être présentée le lundi 7 mars, sera finalement diffusée une semaine plus tôt, soit le 29 février.

Riche en émotions, cet épisode d’une heure brosse notamment le portrait de Sarah Bureau, une femme d’une quarantaine d’années qui raconte avoir été victime d’agression sexuelle à 4 ans. Elle avait réussi à refouler ses douloureux souvenirs, mais ceux-ci ont refait surface des décennies plus tard, chamboulant sa vie de fond en comble.

Selon la documentariste Catherine Proulx, qui travaille sur Justice depuis bientôt trois ans, cet épisode renferme «beaucoup de clés» pour aider les téléspectateurs à mieux comprendre les enjeux soulevés par l’affaire Claude Jutra. Le milieu du cinéma québécois est effectivement ébranlé depuis la publication, mercredi, du témoignage d’une présumée victime du réalisateur, témoignage qui vient corroborer les allégations de pédophilie qui pesaient sur lui depuis quelques jours.

«L’histoire de Sarah contient beaucoup d’information pour nourrir la discussion et apporter d’autres pistes de réflexion, souligne Catherine Proulx en entrevue au Journal. Les gens sont toujours étonnés quand des affaires comme celle de Claude Jutra surgissent après tant d’années. Justice s’intéresse aux victimes. On veut toujours qu’elles dénoncent. On veut qu’elles prennent la parole. Mais ce n’est pas si simple que ça. L’histoire de Sarah le montre bien. On aimerait que ça soit tout blanc ou tout noir, mais ce n’est vraiment pas ça.»

Des conséquences

Cet épisode de Justice montre combien des agressions sexuelles changent à jamais la vie des victimes. Près de 40 ans après les faits, Sarah Bureau fait des cauchemars toutes les nuits. Sa santé vacille. Elle accumule les arrêts de travail pour cause de dépression. Diagnostic des médecins: un stress post-traumatique sévère chronique à retardement.

Justice nous apprend également que seulement 5 % des agressions sexuelles sont signalées aux autorités.

«Ça prend beaucoup de courage à une victime pour aller parler de ce qu’elle a vécu, explique Line Bernier, psychologue et bénévole pour le Centre de services de justice réparatrice, dans Justice. Les victimes ont très honte et se sentent responsables d’avoir été prises dans l’engrenage. C’est arrivé assez régulièrement que les victimes se sentaient coupables d’avoir porté plainte.»

  • Télé-Québec diffusera la série Justice dès le lundi 29 février à 21 h.
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