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Uber se montre fort malgré des agressions contre ses chauffeurs

Jean-Nicolas Guillemette
Caroline Lévesque

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Soutenu par une présence policière à la suite d’une agression d’un chauffeur la veille, le directeur général d'Uber au Québec, Jean-Nicolas Guillemette, tente de passer le message que son entreprise ne baisse pas les bras. 
 
Accompagné par près d’une centaine de sympathisants, M. Guillemette s’est présenté jeudi aux médias dans une salle de l’Hôtel Alt, à Montréal, précédé d’une musique électro à grand rythme syncopé.
 
«En ce moment, il y a des formes d’intimidation de toutes sortes qui se passent pour ralentir le changement, a indiqué M. Guillemette, quelques heures avant le début des travaux parlementaires. Malheureusement, c’est ce qui nous a obligés à mettre des mesures de sécurité en place. Hier, des chauffeurs de taxi ont attaqué des partenaires-chauffeurs UberX et leurs clients en lançant des oeufs, de la farine, mais également un partenaire a reçu un coup de poing.» 
 
Avec un peu plus de 50 000 signatures sur une pétition pro-Uber lancée il y a deux jours, l'entreprise veut prouver à ses opposants qu'elle est forte. 
 
La démonstration matérielle de 24 boîtes représentant symboliquement les signatures recueillies par la pétition électronique était un des piliers de son argumentaire, comme quoi Uber gagne la faveur des Québécois. 
 
Le DG a expliqué la présence policière par de l’intimidation que vivent ses chauffeurs. Il n’a pas voulu répondre à une question à savoir s’il allait porter plainte formellement à propos de menaces qu’il aurait lui-même reçues.
 
Plainte et poursuite
Le matin même des travaux parlementaires, quatre chauffeurs de taxi accompagnés du député solidaire Amir Khadir se sont rendus au quartier général de la Sûreté du Québec pour porter plainte pour fraude contre deux dirigeants d’Uber. 
 
La plainte vise Jean-Nicolas Guillemette et le directeur général au Canada, Ian Black. Le DG d'Uber au Québec voit dans cette action une forme d’intimidation de la part de l’élu.
 
«M. Khadir a choisi son camp en prenant celui des taxis et c'est correct d'avoir des opinions divergentes, a exprimé Jean-Nicolas Guillemette. Mais l'objectif de cela, c'est de nous faire peur et de me faire peur personnellement. L'intimidation, que ce soit les partenaires-chauffeurs ou moi personnellement, qui a deux jeunes enfants, ça ne nous arrêtera pas.»
 
Concernant une poursuite de la haute direction d'Uber par le Directeur des poursuites criminelles et pénales, pour avoir enfreint à la Loi concernant les services de transport par taxi, le DG réplique. 
 
«Est-ce que le gouvernement aujourd’hui souhaite aller contre ce que la population désire? Le message est clair: ça fait plus de 14 mois qu’on a demandé au gouvernement de nous règlementer.» 
 
«Licorne inventée par Uber»
«Le covoiturage urbain rémunéré, c’est une licorne inventée par Uber pour contourner les lois. On ne fait pas de règlement sur les licornes», fait valoir le porte-parole du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos, Benoît Jugand, par voie de communiqué, le 18 février.
 
L’organisation représentant 4000 chauffeurs et propriétaires de taxis et de limousine rappelle son souhait de voir l’entreprise se doter d’un permis d’intermédiaire et de permis de taxi pour ses chauffeurs. Elle craint que Québec «accommode de façon déraisonnable Uber» avec une «législation à la carte».