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Vivre chacun chez soi

L’histoire de Carrie MacPherson et Christopher Korchin

Carrie et Christopher vivent séparément depuis le début de leur relation et croient qu’il s’agit de la meilleure formule qui soit pour le bien-être de leur couple.
Photo courtoisie Carrie et Christopher vivent séparément depuis le début de leur relation et croient qu’il s’agit de la meilleure formule qui soit pour le bien-être de leur couple.

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Indépendants de nature, Carrie MacPherson, 43 ans, et Christopher Korchin, 53 ans, ont choisi une façon plutôt marginale de vivre leur amour. Depuis bientôt cinq ans, les deux tourtereaux vivent chacun chez soi et se retrouvent le week-end. Pour eux, c’est la formule idéale pour le bien-être de leur union.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

C’est une amie qui nous a présentés. Elle avait organisé un cinq-à-sept pour ses amis au bar Le Philémon dans le Vieux-Montréal. Elle n’avait pas l’intention de nous présenter, c’était juste une soirée entre amis, mais ç’a cliqué entre Chris et moi. En plus, il vient de la Saskatchewan comme moi.

Pourquoi n’avez-vous jamais emménagé ensemble ?

Carrie et Christopher vivent séparément depuis le début de leur relation et croient qu’il s’agit de la meilleure formule qui soit pour le bien-être de leur couple.
Photo courtoisie

Parce qu’on a chacun notre studio 2 ½ qu’on aime et qu’on ne paye pas cher. Ça va faire cinq ans le 10 mars qu’on est un couple et on a déjà considéré déménager ensemble, mais on n’a jamais trouvé quelque chose à notre goût, qui égale le prix de nos deux appartements. En fait, on n’a pas beaucoup cherché, parce qu’on adore le fait de vivre séparés.

Qu’aimez-vous le plus de vivre chacun chez soi ?

Il y a tout plein d’avantages à ne pas vivre ensemble. Je m’ennuie de lui quand il n’est pas là et lui peut se concentrer davantage sur son travail durant la semaine, quand il est chez lui. Nous sommes deux travailleurs autonomes, qui travaillons de la maison, alors c’est certain qu’on finirait par se taper sur les nerfs si on vivait ensemble. D’ailleurs, quand il est trop longtemps chez moi, j’ai hâte qu’il s’en aille. J’aime avoir des breaks de lui, prendre une tisane après le souper, lire un livre et me coucher tôt.

À quelle fréquence vous voyez-vous ?

Pendant la semaine, on est plus souvent séparés, parce qu’on travaille tous les deux de jour, et j’ai souvent des événements en soirée. On se ­rejoint donc le vendredi soir et on passe le week-end ensemble. Mais on se voit de temps en temps durant la semaine, surtout l’été, parce que je n’ai pas l’air conditionné chez moi. Donc quand il fait vraiment chaud, je vais chez Chris et je me sens en vacances. Je n’ai pas les tracas ­quotidiens de faire le lavage et la vaisselle.

Avec des enfants, est-ce que ça aurait changé les choses ?

Sûrement. En fait, on n’aurait pas eu d’autre choix que de vivre ensemble. On a essayé d’avoir des enfants, mais ça n’a pas fonctionné pour nous. On avait pensé adopter, mais mon chum ne veut pas, alors on a mis le projet un peu de côté. En plus, je suis rendue à 43 ans et Chris à 53 ans, donc si je tombe enceinte naturellement, je vais être très heureuse, mais je ne veux pas forcer les choses.

Considérez-vous être marginaux ?

Oui, parce que la plupart de mes amis déménagent ensemble très rapidement, se fiancent, se marient et ont des enfants. Il n’y a pas d’autres couples dans notre entourage qui vivent comme nous. Moi, je suis très indépendante et un peu difficile, donc ça fonctionne très bien comme ça. Je pense que Chris a un peu peur de ­déménager avec moi, parce que je prends toutes les décisions, mais on dit: femme heureuse, vie heureuse, non? Lui aussi est très indépendant, d’ailleurs, et n’aime pas se faire dire quoi faire, alors on vit très bien à ­distance.

Est-ce que les gens vous jugent parfois ?

Non, mais mes amies proches me ­demandent souvent à quel moment j’envisage de déménager avec Chris. Mais en même temps, ils comprennent notre choix, parce qu’on a tellement des caractères différents. Lui est un oiseau de nuit, il est réservé, n’aime pas Facebook et veut rester ­incognito, alors que moi, c’est tout le contraire: je me couche tôt, me lève tôt, je suis blogueuse et je travaille dans les médias sociaux, alors toute ma vie est sur Instagram et sur Facebook. C’est un peu pour ça qu’on ne vit pas ensemble, mais j’aime dire que les opposés s’attirent.