/finance/opinion/columnists
Navigation

La CSeries sur le sundae

Coup d'oeil sur cet article

Plus le dossier du CSeries avance, plus j’ai l’impression que les Québécois se font exploiter.

Revenons sur la «bonne nouvelle» d’hier, soit l’achat de 45 CS300 par Air Canada.

Pour permettre à Bombardier de décrocher ce contrat, le gouvernement Couillard a accepté de renoncer au jugement que la Cour d’appel avait rendu en sa faveur dans l’affaire Aveos, jugement qui forçait Air Canada à ramener au Québec les services d’entretien de ses avions. Un jugement qui pouvait permettre aux 1700 anciens employés d’Aveos de retrouver les emplois qu’ils avaient perdus lorsque Air Canada avait décidé en 2012 de transférer l’entretien de ses avions à l’extérieur du pays.

En échange de l’abandon de cette cause gagnante, Air Canada a promis au gouvernement Couillard de confier l’entretien de ses futurs CS300 à un centre d’entretien montréalais. Que gagne-t-on au change? La création éventuelle de 1000 emplois sur 15 ans au lieu de 1700 emplois quasi garantis!

Autre fait risquant d’enlever du panache au contrat d’achat des CS300 d’Air Canada: selon The Globe & Mail, Bombardier aurait accepté de consentir un gros rabais, du genre 60 % par rapport au prix officiellement affiché.

Les mises à pied

Concurrence oblige, il est évident que Bombardier doit accorder des rabais pour garnir son carnet de commandes du CSeries. Mais il y a des limites aux rabais. Il ne faudrait tout de même pas que Bombardier se serve de «notre» investissement de 1,3 milliard dans la CSeries pour vendre des avions à perte.

Revenons maintenant sur les 2400 mises à pied annoncées hier dans le secteur aéronautique montréalais.

En échange des 3,3 milliards qu’ils versent à Bombardier, comment se fait-il que le gouvernement Couillard et la Caisse de dépôt et placement du Québec n’aient pas négocié une clause obligeant Bombardier à protéger nos emplois?

Cela démontre à quel point Québec et la Caisse ont mal défendu les intérêts du Québec à ce chapitre. Il est inconcevable que le gouvernement investisse massivement dans une entreprise sans obtenir des garanties d’emplois...

L’appât

En guise d’appât pour convaincre le gouvernement Couillard et la Caisse de dépôt et placement du Québec d’investir des milliards dans la survie de Bombardier, les bonzes de la multinationale ont octroyé des droits de souscription leur permettant d’acheter des actions de la compagnie à 2,21 $ pièce.

Mais avant même de signer les ententes définitives avec Québec et la Caisse, les administrateurs de Bombardier s’octroyaient, eux, des droits de souscription à des prix d’exercice nettement inférieurs.

Ils se sont accordé des droits de souscription à deux reprises, soit le 5 octobre dernier à un prix d’exercice de 1,56 $ et le 11 janvier dernier à un prix de 1,33 $. Au total, ils se sont donné quelque 770 000 droits de souscription.

La Caisse et le gouvernement Couillard n’ont pas jugé bon de renégocier à la baisse ce prix d’exercice de 2,21$, lequel est deux fois plus élevé que le cours actuel (1,12$) de l’action de Bombardier.

Inacceptable!