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La fin de Therrien?

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Photo AFP Ce n’est pas le vrai Michel Therrien qu’on voit et entend depuis trois mois. Que s’est-il passé pour casser ainsi son ressort?

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Ce n’est pas une défaite comme les autres. C’est une défaite qui va probablement marquer la fin du règne de Michel Therrien comme coach du Canadien. Même s’il survit jusqu’à la fin de la saison.

Parce que cette défaite contre l’Avalanche du Colorado a confirmé que la plus grande vedette du Canadien se fout de l’opinion du coach et a décidé de faire à sa tête quoi qu’il arrive.

Michel Therrien a critiqué ouvertement P.K. Subban en affirmant que le but vainqueur de Jarome Iginla avait été causé par un jeu individualiste de son défenseur étoile.

Le défenseur a rétorqué que dans des circonstances semblables, il tenterait le même jeu. Que son revirement avait été provoqué par une malchance et non pas un mauvais choix de jeu.

P.K. Subban a confiance en ses moyens et assume les risques qu’il prend. Michel Therrien dirige le Canadien comme on joue au poker. En respectant les pourcentages en prenant une décision. Les deux conceptions ne peuvent cohabiter dans une même équipe ad vitam aeternam.

C’est clair, c’est net. Et entre P.K. Subban qui remplit le Centre Bell, qui vend des souvenirs et des chandails 76 à la tonne et qui est le plus doué des joueurs du Canadien avec Carey Price d’un côté et de l’autre, un coach usé par quatre saisons, Geoff Molson n’hésitera pas. Il va garder sa super vedette.

Tout le monde le sait

Subban le sait, Don Meehan, l’agent de Subban le sait, Marc Bergevin le sait et, dans le fond, Michel Therrien le sait. Quelle est maintenant la crédibilité de Michel Therrien devant son groupe de perdants? Comment pourrait-il remettre Subban à sa place si le besoin s’en faisait sentir?

De plus, on a maintenant la confirmation qu’un groupe de joueurs n’est plus capable de blairer P.K. Subban.

Le commentaire de Lars Eller le prouve amplement. Et en collant Subban sur le banc pendant les deux dernières minutes de la rencontre et en envoyant Pacioretty sur la glace, Michel Therrien a montré quel clan il choisissait dans son vestiaire.

Quel est le drame de ce club?

Mais que se passe-t-il au sein de cette organisation? Michel Therrien n’est plus Michel Therrien. Comment et pourquoi cet homme fort s’est-il transformé en ce coach complaisant qui n’ose plus s’affirmer?

Ce n’est pas le vrai Michel Therrien qu’on voit et entend depuis trois mois. Que s’est-il passé pour casser ainsi son ressort?

Même chose avec Max Pacioretty. Ce jeune homme solide et brillant avait une fiche de +38 la saison dernière.

Il était coriace, souvent hargneux dans son jeu et fonçait au but sans peur et sans hésitation. Cette saison, le capitaine a une fiche de -13 et semble perdu sur la patinoire.

Depuis quelques matchs, les fefans lui tombent dessus. Je concède qu’il prend de mauvaises décisions, mais ce n’est pas par manque d’efforts. Contre Colorado, lors du but vainqueur, Pacioretty est revenu à fond de train dans son territoire.

Puis, il a hésité sur l’homme à couvrir. Tellement qu’il s’est retrouvé dans un no man’s land, inutile au moment où Iginla a marqué.

Pourquoi ces hésitations? Pourquoi ces mauvaises décisions? Pourquoi cette retenue sur la glace que certains fans prennent pour de l’indifférence? Pour faire chier Subban? Je ne le crois pas. C’est autre chose.

Pourquoi Marc Bergevin est-il disparu? Pourquoi n’a-t-il rien tenté pour aider son équipe? Ce n’est pas le Bergevin qu’on a connu.

Si c’était une série de Lance et Compte, j’aurais toutes les réponses. Mais cette fois, je n’écris pas le scénario.

C’est Geoff Molson qui tient le crayon.

Les Flying Frenchmen... snif !

Il n’y avait pas un francophone dans l’alignement du Canadien de Montréal mercredi soir au ­Colorado.

C’est peut-être déjà arrivé dans la glorieuse histoire de l’équipe, mais je ne m’en souviens pas. J’ai toujours vu un Maurice Richard, un Émile Bouchard, un Guy ­Lafleur, un Jean Béliveau, un ­Vincent Damphousse, un Patrice Brisebois dans un chandail du ­Canadien.

L’œuvre d’éradication des frogs entreprise par Bob Gainey et Pierre Gauthier avec Trevor Timmins comme homme de main a obtenu la solution finale. Des francophones, il n’y en avait plus dans l’équipe pour cette défaite.

Obligation oubliée

Beau résultat pour une équipe fondée en 1909, obligée par un règlement adopté en 1911 de n’embaucher que des joueurs canadiens-français.

De nombreux fefans m’ont déjà écrit qu’ils se fichaient complètement que le CH soit formé de 20 Chinois « pourvu qu’on gâââââgne».

Ben, on avait 20 Chinois mercredi soir et on a perdu.

C’est complètement imbécile de se priver d’une communion d’une majorité de joueurs avec leurs partisans dans une nation unique en Amérique du Nord.

Frank Selke, Sam Pollock et Serge Savard l’avaient compris. Ils ont gagné des coupes Stanley. Trevor Timmins n’en gagnera pas.

Autre problème

Mais la solution finale de mercredi soir cache un autre problème. Pendant des années, des décennies même, le Québec a fourni des joueurs brillants et talentueux à la Ligue nationale.

Dans les années 50, 60, 70 et 80, il arrivait souvent que la moitié des premiers compteurs de la LNH soit des francophones. Jean Béliveau, le Rocket, Guy Lafleur, Marcel Dionne, Gilbert Perreault, Mike Bossy, Jacques Lemaire, Denis ­Potvin, Richard Martin, Vincent Damphousse, Pierre Turgeon et d’autres se sont hissés parmi les meilleurs du monde.

Il semble que la source se soit tarie. Si c’est le cas, il faudra tôt ou tard aller poser des questions à Hockey Québec et à la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Mais ça sera dans une autre chronique...