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Le départ d’un pilier

ART-LANCEMENT DU LIVRE LES MÉCHANTS RAISINS
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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Si vous lisez habituellement cette chronique, vous savez que mon collègue Méchant Raisin et ami Claude Langlois a annoncé samedi dernier qu’il quittait la scène du vin.

Après 30 ans de chroniques viniques au Journal, cette retraite est, sans l’ombre d’un tire-bouchon, plus que méritée! Mais il y a retraite et retraite. Tel qu’il l’indiquait lui-même, Claude va demeurer dans le décor. De facto introduit comme Méchant Raisin honoraire, il jouera un rôle de sage, une sorte d’éminence grise bachique qui, au gré de ses humeurs, viendra nous livrer ses états d’âme dans ces pages, sur notre blogue et, qui sait, dans les prochaines éditions du Guide des Méchants Raisins.

Faut pas nous prendre pour des cons!

Décrire Claude en un mot? Sans hésitation, je dirais «rigueur». Que ce soit dans ses textes, ses références aussi nombreuses que diverses, mais aussi dans son approche du vin. Pas de place pour l’approximatif. Une allergie aiguë pour les coins ronds et une horreur du travail «fait sur la bottine», comme il aime dire. C’est l’un des rares journalistes qui dégustent à l’aveugle. En ce sens, et pour le peu de temps que j’ai eu le bonheur de le côtoyer, Claude ne s’en est jamais laissé imposer, peu importe le statut du vigneron, de l’agence ou du groupe d’intérêts qu’il avait comme interlocuteur. Je l’ai déjà vu bondir de sa chaise en pleine dégustation avec les représentants d’un winemaker populaire et sortir en furie en les avisant d’arrêter de nous prendre pour des cons! #Respect.

En cette ère numérique, des réseaux sociaux et autres blogues spécialisés qui voient les «experts» en vin se multiplier plus vite que des brettanomyces dans une cuve contaminée, devant l’indifférence triste, pour ne pas dire révoltante du mélange des genres donnant plus souvent dans le publireportage que dans le travail critique, le départ de Claude a de quoi inquiéter. Lui-même me disait un jour que la différence entre un journaliste et un sommelier, c’est que le sommelier écrit pour le vigneron alors que le journaliste, lui, écrit pour ses lecteurs.

Passion aussi. Générosité. Et surtout, humilité. Rares sont ceux qui, comme Claude, réussissent à se soustraire du contexte pour mieux laisser la place au sujet. On trouve dans ses textes cette magie, cette facilité, cet art à raconter une histoire afin de mieux vous communiquer son amour et sa compréhension du vin. Or, puisque vous risquez de me lire plus souvent en ces pages, on ne va pas se faire de cachettes: c’est un défi constant que d’écrire sur le vin, un monde longtemps réservé à l’élite, dans un journal qu’on dit du «peuple». En espérant que Monsieur P. ne se retourne pas dans sa tombe!

Vous l’aurez compris, Claude est une grande inspiration et un modèle à suivre. Le Québec et la francophonie perdent un pilier du vin. Tu vas nous manquer. On se console en sachant que tu viendras nous rendre parfois visite. Autrement, les Méchants Raisins, Mathieu Turbide et moi, allons garder le fort!

Santé, santé, du champagne, encore de la santé et un fichue de bonne retraite!

vin plaisir

Pour offrir ou se faire plaisir

Foradori Teroldego 2011, Vigneti delle Dolomiti

ART-LANCEMENT DU LIVRE LES MÉCHANTS RAISINS
Photo courtoisie

★★★★ | $$$

Un hymne à la beauté! Le Trentin-Haut-Adige, région septentrionale de l’Italie, est une mine d’or pour l’amateur en quête de vins originaux axés sur la tension et la fraîcheur. Le teroldego, cépage peu connu, ressemble un peu à la syrah et à la mondeuse. Il est remarquablement mis en valeur par la maison Foradori. Le 2011 est densément construit, profond, frais et en même temps digeste, aguichant, charmeur, puis prenant, langoureux et stimulant. Des notes de fruits à noyau, d’encre, de réglisse et d'herbe. Précis, corpulent, jamais rustique, impressionnant de vivacité, il fait penser à Muhammed Ali et son «float like a butterfly, sting like a bee» (vole comme un papillon, pique comme la guêpe). Finale expansive sur le noyau de cerise. Un vin complet et authentique. Prix dérisoire étant donné la qualité. Une bouteille, d’ailleurs, qui devrait faire le bonheur de Claude Langlois. Faites vite, car ça disparaît comme peau de chagrin. Sinon, consolez-vous, le 2013 débarque dans l’offre Cellier du mois prochain.

13 % Italie | Vin rouge | 31,50 $

CODE SAQ : 712695

La découverte

De Morgenzon, DMZ Syrah 2012

 | $$$

Stellenbosch: L’Afrique du Sud peine à se défaire de sa réputation de vin approximatif marqué par le caoutchouc brûlé. Et pourtant, on y fait des vins formidables. Comme cette syrah avec laquelle j’en ai surpris plus d’un. C’est bien expressif. Parfums de fruits noirs grillés, de feuille de nori, de vanille, de réglisse et de goudron. C’est joufflu, un peu rond (le sucre résiduel), mais sensuel et doté d’un équilibre certain.

14,5 % Afrique du Sud | Vin rouge | 17,15 $ | 6 g/L

CODE SAQ: 12786725

La bonne affaire

Lovico, Cabernet-Sauvignon Reserve 2012

★★ | $

Plaines du Danube: On sait trop peu que la Bulgarie produit du vin. Un historique viticole qui remonte loin dans le temps, mais qui s’est compliqué avec la fin du communisme en Europe de l’Est dans les années 1990. Si vous aimez les vins généreux, chaleureux, plutôt corsés, assez bien faits et pas chers du tout, c’est le bon plan.

13,5 % Bulgarie | Vin rouge | 11,45 $ | 2,8 g/L

CODE SAQ: 12773844
 

Correct

★★ Bon

★★★ Très bon

★★★★ Excellent

★★★★★ Exceptionnel

Plus d’étoiles que de dollars: vaut largement son prix.

Autant d’étoiles que de dollars: vaut son prix.

Moins d’étoiles que de dollars: le vin est cher.

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