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Le retour du grand Charles

ART-CHARLES DUTOIT ET L'OSM
ERIC CARRIÈRE/AGENCE QMI

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C’était soir de grande première, de très grande première même pour l’ouverture du Festival Montréal en lumières. Quatorze ans après, le chef d’orchestre Charles Dutoit, celui qui fit gravir à l’Orchestre symphonique de Montréal était de retour. Dans une maison symphonique comble, avec son lot de personnalités publiques, oui, oui, Monsieur le Maire s’est fait prendre en photo avec une admiratrice, le concert pouvait commencer.


À 80 ans, le «grand Charles» avait de l’énergie à revendre, et du style. Après un salut cordial et des applaudissements nourris (c’est tout à fait normal), la machine pouvait commencer à tourner. Parlant de l’OSM que je trouve parfois sans vie sous la direction de Kent Nagano, il en était tout autrement hier soir. Transfiguré ou presque dans son essence, à l’écoute véritable du chef qui soutenait ses troupes, Le Carnaval romain de Berlioz (ouverture) fut à cette image. Si nous pouvions sentir une petite nervosité, Dutoit a mis en valeur toute la richesse de l’orchestration et les enchaînements.


Place à Martha Argerich
L’autre invité de cette soirée inaugurale fut la pianiste Martha Argerich (79 ans). Plus qu’une grande dame, elle est encore un phare, par sa flamboyance dans le monde des 88 touches. Du Concerto pour piano no 1 de Beethoven, elle en aura tiré de la noblesse mesurée avec un chef qui enveloppait le tout. De cette respiration qui fut aussi un modèle, elle est passée en rappel à un délicieux petit Scarlatti.

À la mesure du chef
Après l’entracte, nous avons pris la direction de Petrouchka (Stravinsky), la version originale de 1911. Là et vraiment là, nous étions dans le roc. Alternant la sensualité, la puissance orchestrale, le dialogue et parfois le chaos sonore, Charles Dutoit a poussé l’OSM dans ses derniers retranchements. Une soirée exceptionnelle à l’image du chef!