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Jutra s’est glissé dans le lit de Dansereau

L’auteur d’Annie et ses hommes et de Toute la vérité dit avoir été agressé par son parrain vers l’âge de 12 ans

Dans une lettre ouverte, le scénariste Bernard Dansereau a brisé le silence sur l’agression sexuelle dont il a été victime de la part du cinéaste Claude Jutra pendant son adolescence.
Photo d’archives Dans une lettre ouverte, le scénariste Bernard Dansereau a brisé le silence sur l’agression sexuelle dont il a été victime de la part du cinéaste Claude Jutra pendant son adolescence.

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Le scénariste Bernard Dansereau aurait été une victime du cinéaste Claude Jutra, selon ce qu’a rapporté La Presse, samedi matin.

Le scénariste Bernard Dansereau a confié avoir été victime du cinéaste Claude Jutra alors qu’il était préadolescent, a rapporté samedi le journal La Presse.

Dans une lettre remise au quotidien, l’auteur d’Annie et ses hommes et de Toute la vérité affirme avoir été agressé sexuellement au début des années 1970 par Claude Jutra, qui était son parrain.

Les faits allégués se seraient produits un soir où le scénariste, prépubère à l’époque, dormait chez le cinéaste. Ce dernier était bien éméché.

« Un pédophile »

«Il s’est glissé dans mon lit et a tenté de m’entraîner dans un rapport sexuel. J’avais 12 ou 13 ans», a indiqué le scénariste dans sa lettre, soulignant que sa famille n’a appris cette histoire qu’il y a deux ans.

«Il était toutefois très clair, dans mon esprit, que Claude était pédophile», a ajouté le scénariste.

Jutra, qui a réalisé Mon oncle Antoine et Kamouraska, était un ami du père de Bernard, le cinéaste Fernand Dansereau. Ce dernier a confié à La Presse qu’il éprouvait de la tristesse et de la compassion pour les victimes et pour Jutra.

Dans une biographie de 360 pages, l’auteur Yves Lever a dévoilé l’attirance qu’avait Jutra pour les garçons, en mentionnant qu’il aurait eu des relations sexuelles avec des mineurs.

Cinq ou six personnes auraient livré des témoignages en ce sens au fil de la trentaine d’entrevues réalisées par le biographe.

La révélation a eu l’effet d’une bombe dans le milieu du septième art québécois et a provoqué une véritable secousse, particulièrement lorsqu’une première personne a fait savoir cette semaine qu’elle avait été victime d’agressions répétées du cinéaste pendant une dizaine d’années, et qu’elle n’était âgée que de 6 ans lors de la première agression.

À la suite de cette révélation, Québec cinéma a annoncé son intention de changer le nom du gala des Jutra. Plusieurs municipalités, dont la Ville de Montréal, ont aussi retiré le nom de Jutra de leur toponymie.

Saint-Amand s’excuse

D’autre part, le comédien Mario Saint-Amand s’est excusé sur sa page Facebook pour s’être porté à la défense de Claude Jutra mercredi à l’émission de Benoît Dutrizac.

«À vous, que j’ai pu choquer ou blesser par mes propos, je tiens à m’excuser publiquement», a-t-il écrit sur Facebook.

Il affirme que, «contrairement à ce que l’on prétend», il n’avait pas lu le témoignage, publié dans La Presse+ le jour même, de la première personne ayant confié avoir été agressée sexuellement par Claude Jutra dès l’âge de 6 ans.

Aucune défense

«Jamais je ne prendrai la défense d’adultes qui abusent sexuellement des enfants, a écrit Saint-Amand. Mon but étant de soulever à travers cette controverse qu'il fallait peut-être s’assurer que ces accusations étaient belles et bien (sic) fondées.»

«Je souhaite que mes mots d’excuse puissent rejoindre les maux de tous ceux et celles qui éprouvent de l’empathie face à tous ces enfants du silence qui tue», a-t-il conclu.