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La chasse-galerie, une légende importante pour le Québec

La chasse-galerie, une légende importante pour le Québec
Photo d'archives

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Bien au-delà d’un siècle après avoir été racontée pour la première fois, possiblement autour d’un feu de camp, la légende de La chasse-galerie prend vie au cinéma. Enfin! clame le spécialiste des contes et légendes du Québec, Bryan Perro. «Les grands conteurs, de nos jours, ce sont le cinéma, la télévision. En faire une version pour le grand écran, c’est fantastique.»

 

 Bryan Perro
Photo d'archives
Bryan Perro

Fantastique, soutient l’écrivain qui a créé le personnage d’Amos Daragon, parce que La chasse-galerie, récit d’un groupe de bûcherons qui pactise avec le diable pour faire voler un canot dans le but de rendre visite à leurs femmes, est l’une de nos légendes parmi les plus connues.

«Tous les éléments de la culture ancestrale des Québécois sont là-dedans: l’éloignement, la solitude, l’envie de faire la fête, la religion catholique, le diable, le péché, la punition. C’est ce qui représente une certaine forme d’imaginaire populaire qu’on avait dans le temps. C’est une belle synthèse», énumère Bryan Perro, en rappelant les origines scandinaves probables de La chasse-galerie.

«Les Vikings avaient leur propre légende, celle d’Odin qui volait dans le ciel avec un char tiré par des chiens qui hurlaient. Les Vikings s’étaient vu attribuer le territoire du nord de la France pour qu’ils cessent de faire des ravages. Ils ont reçu la Normandie, et 40 % de la population québécoise est composée de Normands. Voici donc comment le récit dérive d’Europe jusqu’à nous. On l’a ensuite remodelé pour ajouter des éléments de notre culture. Puis, Honoré Beaugrand a fixé le récit de sa plume.»

«On vient de ces récits»

Mais en quoi une histoire issue de la tradition orale d’un autre siècle peut-elle être pertinente dans le Québec 2016?

«On parle de nous, de nos racines, de qui nous sommes, d’où on vient. Ça, il ne faut jamais l’oublier. On vient de ces récits, de cet univers, de cette façon de concevoir le monde. Ça explique pourquoi nous sommes différents des autres. C’est très porteur, car ça permet de mieux nous identifier dans un contexte de mondialisation. Quand tu es fort culturellement, tu peux bien aborder les autres cultures. Tu ne te sens pas dominé, tu parles d’égal à égal et tu ne développes pas un complexe d’infériorité comme nous avons longtemps eu avec la France», indique Bryan Perro.

Ensuite, Alexis Le Trotteur?

Maintenant que La chasse-galerie a son film, Bryan Perro croit que l’histoire d’Alexis Le Trotteur pourrait aussi se transférer au grand écran. Un court métrage réalisé par Francis Leclerc a déjà vu le jour, en 2011, et avait gagné plusieurs prix.

«C’est de l’ordre du personnage réel, mais un peu comme Louis Cyr, c’est tombé dans le conte, la légende, le ouï-dire. On a embelli son histoire, on l’a rendu plus intéressant qu’il ne l’était. Je pense que ce serait une super production.»

Gardez l’œil ouvert!

La légende de La chasse-galerie a profondément marqué l’imaginaire québécois. De la chanson au parc d’attractions La Ronde, on ne compte plus les références à ce célèbre récit dans notre patrimoine. Gardez l’œil ouvert quand vous voyagez au Québec, car une référence à La chasse-galerie vous attend peut-être au détour.

 

 

La chasse-galerie, c’est aussi ...

♦ Paru en 2011, le roman policier L’armée furieuse, de Marc Vargas, s’inspire en partie de cette légende.

♦ Pendant les cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques de Vancouver, l’artiste Ashley MacIsaac jouait dans un canot suspendu dans les airs.

♦ De nombreuses versions de l’histoire de La chasse-galerie ont été publiées sous une forme ou une autre au fil des ans. La plus connue est celle d’Honoré Beaugrand, qui date de 1900.

♦ À Lavaltrie, là où se situe l’action de la légende, une salle de spectacle porte depuis 2006 le nom Café culturel de la Chasse-Galerie.

♦ À Québec et à l’île d’Orléans, des boutiques d’art traditionnel s’appellent La chasse-galerie.

♦ Le rappeur Biz, de Loco Locass, était la vedette de la pièce de théâtre, écrite par Victor-Lévy Beaulieu, mise en scène par Stéphane Bellavance et présentée à l’automne 2012 au théâtre Denise-Pelletier.