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Matt Dusk et Florence K: Une alliance naturelle

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Le crooner canadien Matt Dusk a eu l’idée d’enregistrer un album de duos sur de grands standards du jazz, en compagnie d’un artiste différent selon le pays où est lancé l’album. Après le Japon et la Pologne, l’opus Quiet Nights vient tout juste de sortir au Canada, et c’est pour Florence K qu’il a eu un coup de foudre professionnel.

Quand on les écoute sur album, c’est une évidence. Leurs voix se fondent et leur chimie est palpable, que ce soit dans Something Stupid (Sinatra), Your Kiss Is On My List (Hall & Oates) ou You Are The Sunshine of My Life (Stevie Wonder). Sans réinventer quoi que ce soit, les vieux classiques ont été remis au goût du jour.

Matt Dusk a eu l’idée de ce concept il y a deux ou trois ans. Il avait déjà enregistré toute la musique des chansons: ne ­manquait plus qu’à se trouver une partenaire canadienne.

«La première fois que j’ai ­rencontré Matt, c’était au ­Canadian Music Week, raconte Florence K à l’autre bout du fil, avec son comparse. J’avais fait sa première partie. On ne se connaissait pas vraiment, mais on avait lancé l’idée de faire un duo ensemble pendant son spectacle. On n’a pas eu le temps de répéter, mais quand est venu le temps de le faire, c’est tellement allé de soi. Il y avait déjà une chimie, ça ­coulait.»

Le chanteur, qui avait lancé un album hommage à Chet Baker en 2013, est tombé sous son charme. «Je pense que je ­voudrais même faire un autre album avec elle, a-t-il renchéri. C’est très facile et elle est ­ouverte. (...) La plupart du temps, quand tu fais des collaborations, les artistes arrivent avec des stratégies dans ­l’intérêt de leur carrière. Et ça n’a ­jamais été comme ça avec ­Florence. Je pense que c’est pour ça qu’on a connecté ­autant musicalement.»

Il y a toujours une part de risque quand on s’attaque à des chansons quasi intouchables. Le duo confie avoir voulu y mettre leur personnalité, sans enlever les émotions premières de la chanson. «Cet équilibre est essentiel», souligne ­Florence K.

Florence, l’interprète

Pour une rare fois, Florence K ne joue pas d’instruments sur l’album. Ce n’est que son talent d’interprète qui est mis à profit. «J’ai adoré ça. J’ai pu mettre mon cœur dans l’interprétation vocale, et aller chercher avec ça une couleur qu’avant, je serais peut-être allée chercher avec le piano. J’avais juste ma voix pour être moi.»

Au moment même de l’enregistrement de l’album, dans le studio que Matt Dusk a aménagé chez lui, Florence K terminait l’écriture de son livre Buena Vida, qui ­raconte un épisode très sombre de sa vie.

«J’ai même fini le livre sur le bord de la piscine à Matt, ­raconte-t-elle. De faire le disque avec lui, ç’a été un vent de légèreté après le livre. Oui, le livre est plein d’espoir, mais c’est quand même un sujet assez ­intense. L’album parle d’amour, n’est pas compliqué. On ne ­réinvente pas la roue, mais on veut faire du bien aux gens.»

photo courtoisie