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L’entraîneur à chaud

Michel Therrien se s’est pas gêné pour critiquer publiquement le jeu de P.K. Subban qui a mené à la défaite du Canadien contre l’Avalanche, ­mercredi.
photo martin chevalier Michel Therrien se s’est pas gêné pour critiquer publiquement le jeu de P.K. Subban qui a mené à la défaite du Canadien contre l’Avalanche, ­mercredi.

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Le dossier P.K. Subban/Michel ­Therrien a fait jaser au cours des derniers jours. Les deux hommes se sont expliqués et c’est maintenant, comme on le dit souvent, «business as usual».

Il m’est arrivé à quelques occasions, au cours de ma carrière, de vivre des situations tendues. Il est évident que ce n’est pas toujours l’harmonie entre l’entraîneur et certains joueurs. Et aujourd’hui, plus que jamais, la communication est à la base de tout.

Mais j’aimerais revenir sur les événements qui ont marqué l’après-match de mercredi à Denver.

Michel Therrien, sans qu’on l’invite à le faire, a souligné que le jeu à risque effectué avec moins de trois minutes à faire était «individualiste». Il n’a pas nommé P.K. ­Subban, mais on savait que c’était le joueur auquel Therrien faisait référence.

Quelques minutes plus tard, dans le ­vestiaire, Subban disait qu’il ferait la même chose s’il devait reprendre la séquence.

Déléguer un adjoint

Qui a raison? Qui à tort?

Il ne s’agit pas ici de condamner l’un plus que l’autre? Voyons les circonstances. Le Canadien lutte pour sa survie et il dispute un bon match face à l’Avalanche, une autre équipe impliquée dans le sprint final pour accéder aux séries éliminatoires. Puis, survient le jeu qui devait permettre à Jarome Iginla de marquer le but de la victoire.

Je sais ce qu’a ressenti l’entraîneur. La moutarde lui est montée au nez. Il avait un point à la portée de la main. Il croyait sans doute qu’en bris d’égalité, ses joueurs avaient autant de chances que ceux de l’Avalanche de l’emporter.

Puis, en l’espace de quelques secondes, tout a basculé.

D’un autre côté, Subban est un leader de la formation. Il voulait bien faire, il pensait être en mesure de réaliser un jeu pouvant mener son équipe vers le filet de Semyon Varlamov.

Ça n’a pas fonctionné.

À chaud, amèrement déçu de la tournure des événements, l’entraîneur s’est présenté devant les membres de la presse et y est allé d’un commentaire qui ne laissait aucun doute sur son état d’esprit.

Je me suis toujours demandé si, parfois, on ne devrait pas permettre à l’entraîneur d’être remplacé par un adjoint délégué. Je sais, les membres de la presse veulent parler aux décideurs. Un règlement stipule d’ailleurs que l’entraîneur doit être à la disposition de tout le monde le plus rapidement possible.

L’exemple de Quenneville

Peut-être que Joel Quenneville, des Blackhawks de Chicago, a la bonne formule.

L’autre jour, Richard Panik a été utilisé avec Jonathan Toews et Marian Hossa. Ça n’avait pas été concluant comme expérience et Quenneville était furieux de ­l’effort mitigé déployé par Panik.

En point de presse, on lui a demandé s’il était satisfait du travail de Panik.

«Correct», a-t-il répondu sans préciser sa pensée. À ce moment-là, on savait qu’il n’avait pas ­apprécié le travail de son joueur.

Sera-t-il de retour avec Toews et Hossa? a-t-on insisté.

«On verra», a-t-il répondu. Si on interprète bien ses propos, ça voulait dire non.

Je sais, Panik n’est pas un joueur ­d’influence comme l’est Subban avec le ­Canadien. Mais dans le sport professionnel, il n’y a pas un athlète qui accepte une ­critique sur la place publique.

Par contre, il y a des moments où l’entraîneur ne parvient pas toujours à cacher ses états d’âme et c’est tout à faire normal, surtout quand l’équipe éprouve passablement de difficultés.

35 millions $

Entre-temps, j’ai regardé, il y a une dizaine de jours, le match entre les Canucks de Vancouver et les Maple Leafs de ­Toronto. Ce soir-là, la masse salariale des joueurs des Leafs en uniforme était de 35 millions $.

Tyler Bozak, James van Riemsdyk et ­Joffrey Lupul se retrouvaient sur la touche, tandis que Dion Phaneuf avait été échangé quelques jours auparavant.

On a promis des changements à Toronto, on est dans une période de grand ménage avant d’entreprendre la construction d’une nouvelle structure.

La priorité est de liquider des salaires: on semble bien parti pour atteindre les ­objectifs des décideurs.

Semaine fébrile en vue

Partout dans les amphithéâtres, les recruteurs prennent beaucoup de place sur la galerie de la presse.

Ils sont nombreux. Parfois, ils sont deux ou trois à représenter la même organisation. Les Blues de St. Louis, par exemple, ont un délégué ou deux à chacun des matchs du ­Lightning de Tampa Bay. Le dossier de ­Jonathan Drouin suscite l’intérêt de quelques ­organisations.

Surveillons Les Ducks

Cependant, il y a une équipe qu’il faudra garder à l’œil au cours des prochains jours: les Ducks ­d’Anaheim. Vous avez sans doute noté que les Ducks menacent les Kings de Los ­Angeles au sommet de la division ­Pacifique. Ils sont en feu et ils regorgent de bons jeunes ­défenseurs.

Ils sont rapides, excellents avec la rondelle, ils s’impliquent en atta­que quand la situation le permet. Bref, les Ducks sont dans une ­situation idéale pour effectuer une bonne ­transaction.

Je pense à ­Andrew Ladd.

Ils sont à la recherche d’un attaquant avec un bon gabarit, un attaquant pouvant évoluer au sein d’un des deux ­premiers trios.

Une semaine ­fébrile en ­perspective.