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Les PME québécoises pourraient y goûter

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Déjà ébranlées par une hausse de taxe provinciale de 48 %, les petites et moyennes entreprises (PME) québécoises pourraient aussi être imposées davantage par le gouvernement fédéral.

Dans son dernier budget, Québec a annoncé que les entreprises comptant moins de trois employés verraient leur taux d’imposition augmenter, dès 2017, de 8 % à 11,8 %, soit une augmentation de 48 %.

Ottawa pourrait emboîter le pas, auquel cas le taux combiné fédéral-provincial atteindraient 26,9 % au Québec contre 18,5 % actuellement. Si seule la taxe provinciale augmente, ce taux atteindra 22,4 %. «Si le fédéral emboîte le pas, ça sera évidemment pire que la situation actuelle que nous dénonçons», a déclaré Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). Plus de 42 000 travailleurs autonomes et 33 000 petits employeurs sont touchés par la mesure au Québec.

La FCEI rejette l’argument de Québec qui prétend hausser cette taxe afin d’encourager la création d’emplois.

Au-delà de quatre employés, le taux d’imposition redescend à 8 % pour tous revenus en bas de 500 000 $.

«Le prétexte est de dire: on veut encourager la croissance et l’embauche, a indiqué Martine Hébert. C’est un non-sens d’augmenter l’impôt des petites entreprises en pensant que cela va les stimuler à créer davantage d’emplois. Je n’ai jamais vu une croissance être favorisée avec plus de taxes et d’impôts!» Selon elle, le petit graphiste en région, le boulanger ou le dépanneur ne vont pas se mettre à embaucher de nouveaux employés, s’ils n’en ont pas besoin. «La moitié de nos entreprises au Québec ont moins de cinq employés», a précisé Martine Hébert.

MESURE FISCALE INEFFICACE

Les PME québécoises sont déjà taxées plus du double de la moyenne canadienne (qui est autour de 3 %), sans compter les taxes sur la masse salariale qui sont 45 % plus élevées, a souligné la porte-parole de la FCEI.

Le fardeau fiscal est effectivement trop lourd au Québec, croit Stéphane Forget, vice-président des stratégies et des affaires économiques à la Fédération des chambres de commerce du Québec.Cela dit, M. Forget estime que la raison pour laquelle le crédit d’impôt avait été octroyé aux PME de moins de trois employés, soit de favoriser leur croissance, n’a pas eu les effets escomptés.