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Il a souffert 40 ans avant de demander du soutien

Serge Larochelle, de Québec, donne maintenant des conférences en milieu de travail pour inciter les hommes à aller chercher de l’aide, s’ils en ont besoin.
Photo Le Journal de Québec, Didier Debusschère Serge Larochelle, de Québec, donne maintenant des conférences en milieu de travail pour inciter les hommes à aller chercher de l’aide, s’ils en ont besoin.

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QUÉBEC | Serge Larochelle a attendu 40 ans avant de chercher de l’aide pour un mal de vivre qui l’a mené à la dépression. Aujourd’hui, il aide des hommes à ne pas suivre le même chemin que lui.

M. Larochelle a longtemps traîné son vague à l’âme comme un boulet. Adolescent, il se disait déjà «quand je vais être tanné, je vais tirer la plogue», se souvient-il. «Je ne vivais pas, j’existais. Je ne prenais pas goût à ce que je faisais.»

Fonctionnaire, il menait sa «petite vie», avec ses trois enfants et sa conjointe. Mais au fil des ans, son mal de vivre s’est aggravé. Le stress et l’anxiété ont monté d’un cran à l’approche de la cinquantaine. Il s’explique encore mal pourquoi, relate-t-il autour d’un café, dans son logis de Québec.

«Je me suis retrouvé à l’hôpital. Le médecin m’a prescrit des antidépresseurs. Il m’a dit “on se revoit dans trois mois”», raconte M. Larochelle.

Tentative de suicide

À chaque rencontre, le médecin augmentait sa dose. Même s’il avait repris le travail, ses idées suicidaires ne l’avaient pas quitté. Au contraire.

Après une tentative de suicide, il y a quatre ans, il a de nouveau été hospitalisé. Mais cette fois, il a entrepris une thérapie. M. Larochelle considère aujourd’hui qu’il a réussi à régler la plupart de ses problèmes.

Âgé de 57 ans, il est maintenant à la retraite. Il a écrit un livre sur sa dépression pour l’aider à chasser ses démons et il donne des conférences en milieu de travail pour inciter les hommes à aller chercher de l’aide, au besoin. «Les tabous sont encore présents», dit-il.

Comme dans cette «shop de fenêtres», en Beauce, où une trentaine de gars l’ont écouté, les bras croisés. «Ils ne voulaient pas m’entendre. Un gars dans le fond de la salle a lancé: “Moi, je n’en ferai jamais, de dépression. Je suis un vrai homme”.»

Ce même ouvrier est venu voir M. Larochelle après sa conférence. Il a acheté son livre en lui disant que sa femme n’allait pas très bien.

«Je ne saurai jamais si c’était vraiment sa femme qui n’allait pas bien ou si c’était lui. Peu importe. L’important, c’est que ça l’ait aidé à s’ouvrir à ça.»

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