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Une mère en prison pour avoir tenté de tuer sa fille

Johra Kaleki
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin Johra Kaleki a été condamnée à trois ans de prison, sous les yeux de son mari (à gauche), visiblement dévasté.

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Toutes les excuses d’une mère afghane, déclarée coupable d’avoir tenté de tuer sa fille parce qu’elle avait découché sans permission, ne lui auront pas permis d’éviter la prison.

«J’aime mes enfants, toute ma vie j’ai toujours voulu être une bonne mère, du fond du cœur, je m’excuse, ce n’est pas ma personnalité, ce n’est pas moi qui ai fait ça», a lancé Johra Kaleki, juste avant d’être condamné à trois années de pénitencier.

Elle espérait plutôt une peine à purger­­ chez elle, tandis que la Couronne réclamait pas moins de 10 ans de réclusion­­.

«La cour a peu d’options autres que l’emprisonnement pour arriver à remplir les objectifs de dissuasion et de dénonciation d’une peine, ce sont des éléments essentiels pour maintenir une société juste, paisible et qui respecte les lois», a commenté le juge Yves Paradis pour expliquer la condamnation.

C’est que le crime de Kaleki, 44 ans, était complètement «hors caractère», a admis le juge.

Attaque sauvage

La femme, décrite comme une mère aimante, avait complètement craqué en juin 2010, quand sa fille avait découché pour sortir dans un bar du centre-ville de Montréal. À son retour, Kaleki avait saisi un couteau de boucher pour le planter dans la nuque de sa fille.

«Maintenant, elle fait le trottoir comme une prostituée et elle a apporté la honte sur la famille, avait déclaré Kaleki aux policiers. Je veux la tuer, je veux l’achever, c’est ma fille, je peux faire ce que je veux!»

Heureusement, la fille a survécu.

«Sans l’intervention du père, les blessures causées à la victime auraient probablement été plus sérieuses », a noté le magistrat, tout en rappelant que la fille avait passé 11 jours à l’hôpital après l’agression.

Pourtant, la fille qui avait 19 ans à l’époque a tout fait pour éviter que sa mère aille en prison. Au cours des représentations sur la peine, elle avait imploré la clémence du juge, sans succès.

«Ma mère n’est pas violente, avait-elle dit. Elle est notre roc. Elle est celle qui devrait être brisée par les événements, mais elle reste forte pour nous tous.»

Mais même si le risque de récidive est pratiquement nul, Kaleki a quand même été condamnée. Quand le juge a prononcé la sentence, la femme est restée de marbre, malgré un air de sérénité.

Le mari de Kaleki, présent à la cour, semblait pour sa part sous le choc. Quand une constable spéciale a passé les menottes à la condamnée, il est resté assis en se cachant le visage dans les mains. Il a quitté la salle d’audience sans dire un mot.

Me Anne Gauvin de la Couronne n’a pas annoncé si elle fera appel de cette peine beaucoup plus clémente que celle qu’elle demandait, tandis que sa consœur de la défense, Me Isabel Schurman, n’a pas souhaité commenter l’affaire­­.