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Quand le pape excommunie

Pope Francis celebrates Holy Year of the Roman Curia
Photo WENN.com Le pape François.

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Jeudi dernier, le pape François, qui aime se faire applaudir comme une star internationale, s’est mêlé indirectement de la campagne présidentielle américaine.

Il a dénoncé Donald Trump et ses propos sur l’immigration illégale et sa volonté d’ériger un mur à la frontière mexicaine.

Citons-le: «Une personne qui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne. Ce n’est pas dans l’Évangile.»

Applaudissements assurés du système médiatique qui a rangé Trump du côté obscur de la démocratie. On comprend pourquoi. Le personnage est détestable et profondément antipathique.

Imprudence

Mais l’essentiel était ailleurs.

Le pape ne s’est pas contenté de donner son avis sur l’immigration illégale.

Dans les codes de la société médiatique, il vient d’excommunier Donald Trump.

Donald Trump
photo AFP
Donald Trump

Mais ceux qui l’applaudissent feraient mieux de prendre garde.

Si demain, le pape, en parlant d’un autre homme politique, explique que ceux qui défendent l’avortement ou le mariage gay ne sont pas chrétiens, comment devra-t-on réagir?

Ceux qui l’encensent aujourd’hui seront-ils en position de lui dire de ne pas se mêler de ce qui ne le regarde pas?

Que l’Église intervienne dans la cité, c’est une chose. Mais qu’elle se redonne le droit de distribuer les certificats de bon chrétien, c’est autre chose.

Frontières

Laissons de côté Donald Trump et allons au fond des choses. On est en droit de se demander si le propos du pape était avisé.

Hors de l’immigration massive point de salut? Est-ce vraiment ce qu’on doit retenir du christianisme selon François?

Est-ce que, par charité chrétienne, un peuple doit renoncer à ses frontières et à son identité culturelle, comme s’il devait obligatoirement se dissoudre dans un grand magma mondialisé?

Est-ce que le christianisme est une morale du déracinement des peuples? Faut-il condamner en toutes circonstances les frontières bien gardées?

À certains moments, ne sont-elles pas nécessaires pour défendre les siens, pour sauver son pays?