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Angoissé au point de perdre le contrôle en classe

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Samuel a toujours été anxieux. Mais l’an dernier, l’angoisse qu’il porte en lui l’a fait exploser.

Alors qu’il était en troisième année, Samuel a fait de violentes crises à un point tel que l’école a dû faire évacuer la classe, pour la sécurité des autres enfants.

Jamais été violent

«Le vase d’anxiété a débordé», explique sa mère Annie, qui habite Québec. Les noms sont fictifs, puisqu’ils ont préféré ne pas être identifiés.

«Il tirait son matériel par la tête, il ne se contrôlait plus, poursuit-elle. Ce n’était pas le petit garçon que l’on connaissait. Il n’a jamais été violent, il n’a jamais été agressif. On était un peu dépassés. On ne savait plus où aller chercher de l’aide. On était rendu à se dire: la prochaine crise, appeler l’ambulance.»

Comme plusieurs autres parents, Annie et son conjoint se sont alors tournés vers le privé, puisque l’école n’avait pas d’aide à leur offrir. Samuel­­ a vu une psychologue toutes les deux semaines, pendant quelques mois.

«C’est correct, mais ça ne change pas le monde, dit sa mère. Il a juste neuf ans. Il ne peut pas mettre des mots sur ce qui crée son stress.»

Aux prises avec un déficit d’attention, Samuel vit beaucoup d’angoisse de performance, ajoute-t-elle. «Il a peur de ne pas répondre aux attentes­­. Il s’en met beaucoup sur les épaules. C’est difficile pour lui d’être satisfait. Pourtant, il réussit très bien. Mais il vise 100 %.»

Insomnie

Les difficultés du garçon font aussi monter d’un cran le niveau de stress de ses parents.

«On se demande toujours où il va s’en aller, celui-là. On veut toujours le meilleur pour nos enfants. On veut qu’il soit heureux, qu’il devienne un adulte accompli. Moi, particulièrement, ça me cause de l’insomnie», confie Annie.

«Ça nous dépasse tellement! Mais je ne peux pas aller à l’école avec lui. Il y a un bout de chemin qu’il faut qu’il fasse lui-même. On peut l’aider, mais on ne peut pas le faire à sa place. Il faut qu’il apprenne à vivre avec ça.»