/news/politics
Navigation

Aveos: Péladeau et Legault font front commun

PKP Legault
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

Coup d'oeil sur cet article

Moment rarissime : le chef péquiste Pierre Karl Péladeau et son homologue caquiste, François Legault, ont fait front commun afin de pousser le gouvernement Couillard à maintenir sa poursuite contre Air Canada.

Les deux chefs d’opposition se sont retrouvés de chaque côté du lutrin lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale, en compagnie d’ex-travailleurs d’Aveos, dont leur ex-représentant syndical, Jean Poirier.

Même sans l’appui du gouvernement, les ex-syndiqués d’Aveos sont déterminés à poursuivre leur croisade judiciaire contre Air Canada en Cour suprême.

La Cour d’appel a déjà statué qu’Air Canada ne respecte pas la loi qui l'oblige à faire entretenir ses appareils à Montréal, comme elle le faisait chez Aveos jusqu'à la fermeture du centre d'entretien, en 2012.

En sacrifiant les 1800 ex-travailleurs d’Aveos pour une commande de 45 avions de la Série C, le premier ministre Couillard s’est prêté à un «marchandage odieux et scandaleux», a dénoncé Pierre Karl Péladeau.

«Philippe Couillard ne comprend pas qu'on peut et aider Bombardier à construire des avions et garder des emplois d'entretien lourd chez Air Canada», a déploré à son tour François Legault, qui accuse le premier ministre d’être à genoux devant le transporteur.

Selon le chef caquiste, la vague promesse faite par le transporteur, de travailler à la mise sur pied d’un centre d’excellence et d’entretien de la Série C, «c’est du vent», sans aucune garantie de création d'emplois au Québec.

Couillard ciblé de toutes parts

Le débat s’est rapidement transporté au Salon bleu, faisant place à des échanges musclés avec un Philippe Couillard ciblé de toutes parts.

«Son gouvernement a investi 1,3 G$ dans Bombardier sans rien demander en retour, a relaté M. Péladeau. Bombardier en a profité pour annoncer 2400 mises à pied ici, au Québec. Il a également abandonné les 1800 employés d’Aveos.»

«Actuellement on a un jugement clair qui oblige Air Canada à rapatrier ces 1800 emplois ici, à Montréal, c’est clair. Pourquoi le premier ministre laisse-t-il tomber ces 1800 employés», a soulevé M. Legault, en rappelant que dans l'attente, le transporteur fait entretenir ses appareils à Singapour, à Tel-Aviv, à Hong Kong et au Minnesota.

Des «marchands d’illusions»

«N’écoutez pas ces marchands d’illusions, s'est défendu le premier ministre, en s’adressant aux anciens travailleurs d’Aveos, dont plusieurs assistaient à la période des questions. Ce qu’ils vous proposent ne vous redonnera pas vos emplois.»

«Retenez vos émotions», est intervenu à un certain moment le président Jacques Chagnon, voyant le ton monter en chambre.

Devant la presse parlementaire, M. Couillard a accusé les deux chefs d’opposition de manipuler les ex-travailleurs d’Aveos en leur faisant croire qu’ils pouvaient retrouver leurs emplois.

Au premier ministre Couillard, qui accuse les chefs péquiste et caquiste de se positionner en «adversaires» du secteur aéronautique, M. Legault répond qu’il est «exagéré» de prétendre que l’avenir de tout ce secteur repose sur une commande de 45 appareils.

La ministre de l’Économie, Dominique Anglade, a plaidé en impromptu de presse qu’une éventuelle décision de la Cour suprême ne permettrait aux ex-travailleurs d’Aveos de retrouver leurs emplois, pas plus que la décision de la Cour d’appel rendue l’automne dernier.

«Il n’y a pas une job qui va être créée avec un jugement déclaratoire», a dit la ministre Anglade.