/news/consumer
Navigation

Des propriétaires de boîtes de dons poursuivent Laval

La Ville de Laval a adopté en novembre dernier un règlement qui limite sévèrement les endroits où les organismes peuvent placer des boîtes de dons. Celles qui y contreviennent sont saisies par les cols bleus.
Photo d’archives La Ville de Laval a adopté en novembre dernier un règlement qui limite sévèrement les endroits où les organismes peuvent placer des boîtes de dons. Celles qui y contreviennent sont saisies par les cols bleus.

Coup d'oeil sur cet article

Des propriétaires de boîtes de dons contre-attaquent face à la Ville de Laval, qui veut limiter leur prolifération.

Le 3 novembre dernier, le conseil municipal lavallois adoptait un nouveau règlement qui imposait des normes sévères sur les emplacements qui pourraient dorénavant accueillir des boîtes de dons, que la conseillère Virginie Dufour avait déjà qualifiées de «fléau».

Ainsi, les 50 organismes à qui la Ville permettrait d’installer des contenants sur son territoire devraient le faire près d’immeubles gouvernementaux ou sur le terrain d’un bâtiment commercial d’au moins 10 000 pieds carrés. De plus, les boîtes doivent être à au moins 30 pieds de la rue.

Or, ces nouvelles normes sont loin de faire l’affaire de six entreprises ainsi que de l’Association de recycleurs de vêtements usagés (ARVU) qui ont déposé une poursuite contre la Ville exigeant le retrait de ce nouveau règlement.

«Avec ces normes, le seul endroit où on pourrait installer des boîtes est au milieu d’un stationnement. Sauf que les règlements interdisent aussi qu’on en mette là. En bref, ils ont fait un règlement pour dire qu’ils ne veulent pas de boîtes chez eux», résume Me Luc Leclerc, avocat qui représente les poursuivants.

Organismes « démonisés »

Rappelons qu’au printemps dernier, Le Journal publiait un reportage faisant état de la guerre des conteneurs entre entrepreneurs privés et organismes de charité qui privait ces derniers d’une source vitale de financement.

Ainsi, en décembre dernier, la Ville a décidé d’agir en saisissant des dizaines de boîtes de dons qui étaient installées à des endroits interdits.

«La Ville de Laval encourage le don de vêtements. C'est un geste solidaire malheureusement détourné par certaines entreprises qui, plutôt que de remettre ces dons à la communauté, vendent le textile à profit», avait déclaré à ce moment la Ville par communiqué.

Ces propos ont fait bondir l’ARVU, qui se défend de cannibaliser les revenus des organismes caritatifs.

«Il y a de la place pour tout le monde à Laval et on a tous le droit d’y vivre, les organismes aussi. Nos membres sont des Québécois qui payent des impôts, des taxes et des employés ici. Ce qu’on aime moins est que la Ville nous illustre comme des démons», s’insurge Me Leduc.

Celui-ci a précisé que ses clients ne s’opposent pas à une réglementation qui encadre les conteneurs à Laval, mais qu’ils ne veulent pas être exclus en raison de nouvelles normes «ridicules».


♦ La Ville de Laval n’a pas répondu aux questions du Journal.

 

Sur le même sujet